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L'Usine Santé

Pharma : l'engouement des industriels (et des patients) pour l'automédication ne faiblit pas

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Epidémies de grippe et de gastro-entérite pour les médicaments, innovation dans les dispositifs médicaux et compléments alimentaires… Les produits sans ordonnance vendus en pharmacie affichent une mine éclatante. De quoi justifier l’appétit des géants de l’industrie.


Crédits Elliott Brown CC Flickr

Après deux ans de déprime, le marché de l’automédication respire enfin la santé. Ce secteur, qui recouvre les produits sans ordonnance vendus en pharmacie, a vu ses ventes progresser de 6,4% en valeur (et 4,5% en volume) pour atteindre 3,7 milliards d’euros en 2015, selon les chiffres récoltés par l'Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable (Afipa) et la société OpenHealth.

Cette bonne santé touche tous les segments : médicaments (+5,2%), dispositifs médicaux (+7%) et compléments alimentaires (+9,6%).

conjoncture favorable pour les médicaments sans prescription

Les médicaments sans prescription, qui représentent 60% des ventes, doivent cependant leur salut à "des éléments conjoncturels" selon Pascal Brossard, le président de l’Afipa. Comme les fortes épidémies de grippe et de gastro-entérite - même si ces traitements permettent de soigner les premiers symptômes, et non les cas sévères - et le déremboursement de certains traitements de l’arthrose intervenus l’an dernier.

Des consultations chez le médecin et des prescriptions de médicaments remboursables ont ainsi pu être évitées, insiste Pascal Brossard. Il appelle à une "réforme vraiment structurelle du système de soin" pour disposer d’un plus grand nombre de produits sans ordonnance. Le sujet n’a pas avancé sous la gouvernance de la ministre de la Santé Marisol Touraine. L’Afipa veut donc publier en mars un manifeste à l’intention des candidats à l’élection présidentielle, dont elle a déjà rencontré plusieurs conseillers en charge des problématiques Santé.

Plus de souplesse dans les prix et certaines allégations

Elaboré dans le cadre du Conseil Stratégique de la Filière Santé, un observatoire des prix devrait bientôt voir le jour, pour garantir de la transparence souvent réclamée par les associations de consommateurs… Les prix des médicaments sans ordonnance seraient les plus bas dans l'Hexagone, à 4,69 euros en moyenne, contre 6,16 euros en moyenne en Europe, jurent les industriels.

Ce qui n'empêche pas les géants de la pharmacie de voir l'automédication comme une poule aux œufs d’or. Les prix ne sont pas régulés contrairement aux médicaments remboursables, et la législation est allégée du côté des dispositifs médicaux.

Les nouveaux produits fleurissent donc dans ce segment: gels pour les voies respiratoires, pansements gastriques ou encore sirops commercialisés à grand renfort de publicité.

En attendant une réforme à l’échelle européenne de la réglementation des dispositifs médicaux, promise pour 2017 avec une mise en œuvre en 2020. Elle devrait mettre fin à des allégations "santé" parfois exagérées… Un scénario qui a déjà touché le marché des compléments alimentaires en 2011.

Grandes manœuvres en cours dans le secteur

La santé resplendissante de l’automédication est encore plus étincelante dans le reste de l’Europe et aux Etats-Unis. De quoi justifier les grandes manœuvres dans le secteur. Comme le prochain rachat de cette activité du laboratoire allemand Boehringer par Sanofi qui devrait lui permettre d'occuper le premier rang mondial avec un chiffre d'affaires de 5,1 milliards d'euros.

Le Français est encore un petit acteur à l’échelle mondiale, mais il est déjà numéro deux des médicaments sans ordonnance dans l’Hexagone, grâce à son Doliprane, derrière les tubes homéopathiques du leader Boiron.

Il se frotterait ainsi aux deux plus grands groupes de l'automédication nés de récentes fusions. A commencer par celle qui lie depuis le 1er février, les activités hygiènes et santé des big pharmas Novartis et GSK pour former le premier groupe des médicaments sans ordonnance.

Quant au rachat par l’allemand Bayer fin 2014, de cette même activité auprès de l’américain Merck, il lui permet d'occuper le rang de dauphin. Et la concentration dans l'automédication n'est sans doute pas terminée...

Gaëlle Fleitour

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