Pfizer jette l'éponge, AstraZeneca reste indépendant

La dernière offre de reprise de Pfizer sur AstraZeneca n'a pas abouti. Elle a expiré le 26 mai, sans obtenir l'aval du conseil d'administration du laboratoire britannique. Pfizer a annoncé qu'il n'émettrait plus d'offre.

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Pfizer jette l'éponge, AstraZeneca reste indépendant

AstraZeneca a pour le moment obtenu gain de cause. Pfizer a renoncé à son projet de rachat du laboratoire britannique. Sa dernière offre, émise le 18 mai et qui expirait le 26 mai, s'élevait à 55 livres par action, ce qui représentait près de 117 milliards de dollars. Soit la plus grosse transaction qui aurait jamais été réalisée dans le secteur pharmaceutique. Mais le conseil d'administration d'AstraZeneca s'était empressé de la rejeter. Le géant américain avait prévenu qu'il s'agissait de sa dernière tentative et qu'il n'engagerait pas d'offre hostile. Sans surprise, Pfizer a donc annoncé le 26 mai qu'il n'avait plus l'intention de lancer une autre offre sur AstraZeneca. Le groupe américain était parti à l'assaut de son concurrent britannique en janvier, en proposant 46,61 £/action. Il était ensuite revenu à la charge le 2 mai, en proposant 50 £/action, puis le 16 mai, avec 53,50 £/action. Ces offres ont toutes été expréssement balayées de la main par le conseil d'administration du groupe britannique, qui a toujours estimé qu'elles sous-évaluaient la société. Il avait indiqué qu'il serait prêt à émettre une recommandation si l'offre de Pfizer s'élevait à plus de 58,85 £/action. Un montant que le groupe américain n'est visiblement pas prêt à débourser.

Pour autant, la partie n'est pas encore totalement terminée. Selon la réglementation britannique sur les fusions-acquisitions, Pfizer doit désormais patienter six mois avant de pouvoir présenter, s'il le souhaite, une nouvelle offre de reprise. De son côté, AstraZeneca pourra décider de reprendre les discussions avec Pfizer dans un délai minimum de trois mois. Un scénario qui n'est pas exclure. « Le plus probable à mon avis est que la pression des actionnaires va pousser AstraZeneca a réengager des pourparlers avec Pfizer », a estimé Mark Clark, analyste chez Deutsche Bank cité par l'AFP. Certains actionnaires du groupe britannique, notamment Schroders et Axa Investment Managers, ont d'ailleurs déjà manifesté leur mécontentement. AstraZeneca a par ailleurs été pénalisé à la Bourse suite à une série de dégradations de recommandations d'analystes. Selon l'AFP, son action a reculé de 2,10 % à 4,237 pence le 27 mai, le lendemain de l'expiration de l'offre de Pfizer. « AstraZeneca va devoir atteindre ses objectifs ambitieux pour 2023 qui, à notre avis, semblent inatteignables en l'absence de fusions-acquisitions pour renforcer ses sources de chiffre d'affaires et de bénéfices », ont commenté les analystes de la Société Générale, cités par l'AFP. AstraZeneca vise en effet un chiffre d'affaires de 45 Mrds $ à l'horizon 2023, soit quasi le double de ses ventes actuelles (25,7 Mrds $ en 2013). Pour réaliser cet objectif pour le moins ambitieux, il compte sur le lancement de plusieurs nouveaux produits à fort potentiel de croissance. Ce qui en fait une cible très alléchante pour Pfizer. L'acquisition d'AstraZeneca aurait aussi permis au groupe américain de reprendre sa place de numéro 1 dans le secteur de la pharmacie. L'an dernier, il a été relégué à la troisième place, juste derrière Roche et Novartis. Depuis quelques années, ses ventes, qui se sont élevées à 51,6 Mrds $ en 2013, pâtissent de la perte d'exclusivité de plusieurs de ses blockbusters, comme le Lipitor ou encore le Viagra.

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