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L'Usine Santé

Pfizer-Allergan : les enjeux de la plus grande fusion de l’histoire de la pharma

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le , mis à jour le 23/11/2015 À 13H57

Une opération de 160 milliards de dollars : la fusion entre deux géants de la pharmacie, l’américain Pfizer et l’irlandais Allergan, officialisée lundi 23 novembre. A la clé, des enjeux fiscaux et stratégiques majeurs.


Site d'Allergan à Pringy (France) DR

Ce lundi 23 novembre, la fusion la plus importante de l’année, et la plus grande jamais enregistrée dans le secteur pharmaceutique vient d'être annoncée: le mariage pour un montant de 160 milliards de dollars de l’américain Pfizer (48 milliards de dollars de ventes l’an dernier) et de l’irlandais Allergan (10 milliards de dollars depuis sa fusion avec Actavis). Il donnerait naissance au numéro un du secteur, loin devant le suisse Novartis et le français Sanofi.

S’emparer du Botox et d’activités brevetées

Pfizer a perdu il y a quelques années cette place de leader mondial avec l’expiration des brevets de ses deux médicaments "vache à lait" : la célèbre pilule bleue Viagra pour traiter la dysfonction érectile et l’anti-cholestérol Lipitor. Avec Allergan, il s’emparerait d’un autre bestseller du monde de la santé : le Botox. Un traitement incontournable pour la chirurgie esthétique, qu’Allergan a aussi largement développé dans de nombreuses aires thérapeutiques, comme l’incontinence urinaire.

Résultat, le Botox lui rapporte encore 2,4 milliards de dollars de ventes annuelles, sans compter ses activités bien établies dans l’ophtalmologie et les prothèses mammaires. Des produits brevetés qui permettraient à Pfizer de pérenniser sa croissance. En parallèle, l’irlandais, qui a fusionné en novembre 2014 pour 66 milliards de dollars avec le fabricant de génériques américain Actavis, est en train de céder pour plus de 40 milliards de dollars ses copies de médicaments au numéro un mondial des génériques, Teva.

Contourner le dispositif fiscal américain

La fusion entre Pfizer et Allergan donnera naissance à la dixième plus grande entreprise américaine. Elle pourrait bien échapper aux Etats-Unis. Car l’ambition de Pfizer, qui avait déjà tenté de racheter l’an dernier – en vain – pour 117 milliards de dollars le britannique AstraZeneca, est de s'implanter fiscalement hors des Etats-Unis. Plus question de payer un taux de taxe effectif de 25%, alors qu’il pourrait le limiter à 15% en Irlande, estime-t-il.

Pfizer, dont le quartier général est à New York, avait initialement proposé à Allergan de le racheter pour un prix compris entre 370 et 380 dollars par action avant de déplacer le siège de la nouvelle entité en Irlande. Problème, les autorités américaines ont annoncé un plan pour freiner ces opérations d'"inversion fiscale". Pfizer envisagerait donc une pirouette : se faire racheter par sa cible.

Selon le Wall Street Journal, les actionnaires d’Allergan disposeraient in fine de 40 % à 45 % du capital, ce qui rendrait l’opération légale au regard de la nouvelle réglementation.

Gaëlle Fleitour

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