Peut-on manger des insectes sans risque ?

Avant d’espérer pouvoir recourir à grande échelle aux insectes pour nourrir les animaux et les hommes, la recherche sur les risques microbiologiques et chimiques doit être intensifiée, alerte l’Autorité européenne de sécurité des aliments.

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Avant d’envisager l’introduction massive des insectes au régime des animaux, il convient de s’interroger sur l’origine et la qualité des matières consommées, ainsi que sur les impacts environnementaux de leur élevage, recommande l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Sollicitée par la Commission européenne, qui participe au financement d’un projet de recherche étudiant la faisabilité d’utiliser des protéines d’insectes pour l’alimentation animale, l’Efsa rappelle que "les données sur le transfert des contaminants chimiques provenant de différents substrats aux insectes sont très limitées" à l’heure actuelle, au même titre que l’impact de ceux-ci sur la santé des animaux et des humains.

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Des mesures de protection déjà existantes

"Les substrats utilisés et l'environnement influencent fortement le microbiote des insectes", souligne l’Efsa. Par conséquent, les mesures de protection habituellement employées dans l’univers de l’élevage doivent être appliquées à l’univers des insectes. Une attention particulière doit, sans surprise, être accordée au développement de bactéries pathogènes telles que les salmonelles ou certaines souches pathogènes d'Escherichia coli, par exemple responsables de 22 morts en 2011 lors de la contamination de graines germées. Les risques de transmission dans le cas des insectes aux animaux ou à l’homme par la voie alimentaire demeureraient néanmoins limités, selon l'Autorité.

Des sous-produits animaux comme les autres

L’état des connaissances relatives au pouvoir allergénique des insectes doit par ailleurs être développé. A l’heure actuelle, l’autorité se contente de souligner que les animaux nourris avec des insectes doivent faire l’objet d’une attention particulière. Dans le cadre de la production de protéines ou de matières grasses, les insectes devraient faire l’objet d’un traitement thermique, au même titre que les sous-produits animaux, conseille l’Efsa. L’autorité se réfère au règlement communautaire 1069/2009 en date du 21 octobre 2009, qui énonce que "les sous-produits animaux non destinés à la consommation humaine constituent une source potentielle de risques pour la santé publique et pour la santé animale". Face à ces lacunes, l’Efsa joue donc la carte de la prudence, et appelle à intensifier la recherche liée aux risques microbiologiques et chimiques de l’utilisation des insectes dans l’alimentation.

Franck Stassi

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