Petroplus Petit-Couronne, symptôme de la crise du raffinage en Europe

La situation de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne doit s'éclaircir ce vendredi 24 août 2012. Si elle venait à fermer, elle ne serait que le révélateur d'une conjoncture difficile pour l'activité raffinage européenne, en proie à des surcapacités et à une demande de carburant en baisse.

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Petroplus Petit-Couronne, symptôme de la crise du raffinage en Europe

Le tribunal de commerce de Rouen doit recevoir ce 24 août les offres de reprise définitives pour la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, en Seine-Maritime. Deux repreneurs, le hong-kongais Alfandi Petroleum Group et le dubaïote Netoil, ont d’ores et déjà déposé des offres.

La raffinerie LyondellBasell de Berre-l’Etang, qui n’intéresserait, elle, qu’un seul repreneur potentiel à ce jour, est mise "sous cocon" jusqu’au 31 décembre 2013. C'est à cette date que le site provençal fermerait définitivement si aucune offre de reprise n’était validée par la justice.

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Après la fermeture de raffineries en Angleterre, en Italie, la France arrivera-t-elle à attirer les investisseurs pour reprendre les unités en difficulté ? "Le problème de la raffinerie de Petit-Couronne ne vient pas que de son manque de rentabilité ou de son obsolescence, mais des difficultés financières de sa maison-mère Petroplus", tempère Pierre Marion, ingénieur en études économiques à l’Institut français du pétrole - Energies Nouvelles (IFPEN) et spécialiste des questions de raffinage.

En effet, contrairement à des groupes pétroliers intégrés tels que Total, Shell ou Esso, qui engrangent des bénéfices dans la production d'hydrocarbures à défaut d'en faire sur leur activité raffinage, le groupe suisse Petroplus n'est qu'un simple raffineur.

La consommation de carburant n'augmentera plus en Europe

"La situation n’est pas franco-française. En Europe, les raffineries souffrent partout. Le marché européen s’est ‘diesélisé’ au fil du temps, mais il n’existe pas de schéma de raffineries capables de produire beaucoup de gasoil et peu d’essence comme l’exigerait la demande", explique-t-il. "L’Europe achète du diesel et vend pour beaucoup son essence aux Etats-Unis, mais là aussi la demande en essence a beaucoup décru, et on se retrouve dans toute l’Europe occidentale en situation de surcapacité".

En France, le gouvernement vient d’annoncer des mesures pour bloquer le prix de l’essence à la pompe. De quoi risquer de couper l’herbe sous le pied des investisseurs enclins à relancer l’activité des raffineries en difficulté ?

"Si le gouvernement baisse le prix du litre d’essence en rognant sur les taxes qu’il perçoit lui-même (presque 50 % du prix, ndlr), les marges du secteur pétrolier ne devraient pas être impactées", relativise Nathalie Alazard, directrice du pôle Economie et Veille de l’IFPEN.

"La baisse du prix de l’essence va redonner de la marge à certains ménages, mais dans une faible mesure. Par contre, il n’y aura aucun impact sur la demande. La consommation de carburant ne va pas augmenter", assure-t-elle.

"Car en Europe, on constate un plafonnement de la demande de carburant. A cause des surcapacités, ce sont les raffineries les plus obsolètes et les moins rentables qui sont les plus en difficulté. La tendance est clairement au développement d’alternatives au pétrole, la baisse de la demande est donc inéluctable. Des raffineries continueront de fermer, en France et ailleurs".

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