Quotidien des Usines

Petroplus Petit-Couronne : avec aucune offre "recevable en l'état", un plan social est imminent

Elodie Vallerey , , , ,

Publié le , mis à jour le 06/02/2013 À 18H02

[ACTUALISÉ] - Depuis 14h30 ce 6 février, direction, représentants du personnel et administrateurs judiciaires de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, en Seine-Maritime, sont réunis en comité d'entreprise afin d'étudier la viabilité des cinq offres de reprise déposées le 5 février auprès du tribunal de commerce de Rouen. Le plan social se dessine pour la raffinerie, même si un nouveau délai a été fixé au 16 avril pour le dépôt d'offres de reprise améliorées.

Petroplus Petit-Couronne : avec aucune offre recevable en l'état, un plan social est imminent © @F3htenormandie - Twitter

Le vent tourne pour les salariés de Petit-Couronne. L'enthousiasme suscité par les cinq offres de reprise de leur raffinerie déposées le 5 février pourrait bien retomber comme un soufflet aujourd'hui.

Selon Nicolas Vincent, porte-parole de l'intersyndicale du site de Petit-Couronne, les administrateurs judiciaires chargés du dossier auprès du tribunal de commerce de Rouen "estiment que les offres ne sont pas recevables en l'état", a-t-il confié sur son compte Twitter. "Pour l'heure, ils ne veulent pas d'audience", ajoute-t-il.

Selon des sources syndicales citées par Reuters, les admininistrateurs judiciaires auraient reporté au 16 avril le dépôt des offres de reprise, et invité les cinq candidats à revoir leur copie. Une procédure de consultation a été ouverte en vue d'un plan social.

La direction de Petroplus a confirmé cette information dans un communiqué relayé par l'AFP : "En l'absence d'offre juridiquement recevable au 5 février, les administrateurs judiciaires et le directeur du site ont donc annoncé leur intention d'engager" les procédures préalables à un plan de sauvegarde de l'emploi du site.

"Aucun des dossiers déposés ne constitue une offre susceptible d'être présentée au Tribunal dans l'objectif d'un plan de cession", ont expliqué la direction et les administrateurs judiciaires dans un communiqué commun. Il leur manque "un engagement ferme, formalisé dans une offre structurée, des preuves de financement et un plan d'investissement et de développement, qui permettent la poursuite de l'activité et la préservation" des 470 emplois de l'usine de Seine-Maritime, relaie l'AFP.

Du côté des syndicats, l'optimisme reste de mise malgré ces nouvelles annonces :

Arabiyya Lel Istithmaraat n'aurait pas déposé d'offre

Le 5 février au soir, le ministère du Redressement productif avait pourtant considéré que "deux (offres)" paraissaient "sérieuses et financées, celles de l'investisseur suisse Terrae et de l'énergéticien égyptien Arabiyya Lel Istithmaraat", indiquait un communiqué.

D'après des informations de Reuters, un porte-parole de la société Arabiyya Lel Istithmaraat (AI) aurait pourtant affirmé ne pas avoir "déposé d'offre jusqu'à présent". "Nous étudions le projet et, selon les résultats de notre étude, nous ferons ou non une offre", a-t-il ajouté.

Pourtant, Michel Billard de la Motte, qui se présente comme le représentant de l'égyptien AI en France, a confirmé à Reuters le dépôt d'une offre le 5 février : "Oui, c'est une offre ferme, l'offre a été déposée (hier) à 16h45. Le (président) d'Arabiyya Lel Istithmaraat sera d'ailleurs en France très prochainement", a-t-il confié.

Le gouvernement pourrait autoriser un apport du FSI

A la sortie du conseil des ministres le 6 février, la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a clarifié la position du ministre du Redressement productif quant à un éventuel abondement de l'Etat dans la reprise de la raffinerie : "Comme l'a dit Arnaud Montebourg, le gouvernement est susceptible d'apporter un apport du FSI (le Fonds stratégique d'investissement français), mais en même temps, tout semble indiquer que certaines offres pourraient être possibles, même sans apport du FSI", a-t-elle indiqué comme le rapporte l'AFP.

Elodie Vallerey

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