Petroplus à Petit-Couronne : vers la réquisition ?

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Petroplus à Petit-Couronne : vers la réquisition ?

Social. Depuis maintenant une bonne dizaine de jours, les 550 salariés la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne en Seine-Maritime réclament unanimement la réquisition par l’Etat de leur établissement industriel. Motif : ils ne croient plus en la remise en marche de leur outil de travail, dont l’arrêt complet est programmé dans les prochains jours : « Même si le groupe suisse Petroplus, auquel il manque quelque 750 millions d’euros pour acheter du pétrole pour ses cinq raffineries européennes, retrouve de la trésorerie, l’argent servira à alimenter les deux raffineries qu’il estime rentables, en Allemagne et en Angleterre, et celles de Belgique, Suisse et France seront fermées ». Ce qui fait dire à un salarié désabusé : si les treize banques qui financent Petroplus remettent de l’argent, il y en a trois françaises parmi elles qui vont prêter de l’argent pour relancer des raffineries étrangères.

Exit donc l’idée d’un renflouement de la raffinerie et que vive sa réquisition pour la proposer à un producteur raffineur de pétrole. Pour cela, les salariés renvoient la balle dans le camp de l’Etat en s’appuyant sur l’article 4101 du code pénal, utilisé par le même gouvernement pour briser la grève contre la loi des retraites en octobre 2010. Au motif de l’intérêt national, il avait alors réquisitionné la raffinerie de Grand-Puits dans la Haute-Marne. Mais rappelle un délégué, « l’enjeu n’est pas seulement notre raffinerie, il s’agit de celui du raffinage en France et en Europe. Son avenir nécessite des décisions politiques pour arrêter l’hémorragie des productions européennes en laissant entrer, sans les taxer, des produits issus de pays où l’on fait fi des normes environnementales, de la sécurité des salariés et leurs salaires ».

Pour l’instant, ont-ils trouvé au moins une oreille attentive à leurs propositions en la personne de François Hollande, le candidat PS à la présidentielle. Invité comme tous les candidats à l’élection à se rendre sur site couronnais, l’élu y est venu le 5 janvier en fin de matinée. Jugeant que l’enjeu n’est pas que local, « mais un enjeu industriel national », il estime que l’Etat doit rechercher un repreneur pour pallier la défaillance, pressentie par les salariés, de Petroplus et que l’Europe doit prendre les mesures demandées par les salariés normands pour que disparaisse la concurrence déloyale. Le candidat à également fustigé, outre le désengagement de Petroplus, celui des banques, promptes à être soutenues, mais peu enthousiastes à jouer leur rôle économique.

Des propos très applaudis qui, à défaut de montrer immédiatement leur efficacité, ont-ils apporté un peu de baume au cœur des salariés, dont la dernière activité a commencé à la mi-journée : l’engagement des dernières procédures de mise en sécurité de la raffinerie avant son extinction « provisoire lundi prochain dans la matinée », selon la direction. Cela d’autant plus que le rendez-vous entre le PDG de Petroplus et le premier ministre à Paris n’a de l’aveu même de la direction de Petroplus pas beaucoup fait avancer les choses, le PDG ne pouvant donner d’informations sur ses négociations avec les banques, ni sur celles en cours avec un éventuel partenaire, à la fois producteur de pétrole et susceptible d’avancer des financements à Petroplus.

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