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L'Usine Energie

Pétrole : le Venezuela fait alliance avec les Chinois et… avec les Cubains

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Après avoir fondé une coentreprise avec une compagnie pétrolière publique chinoise, le gouvernement d’Hugo Chavez a fait une fleur supplémentaire aux Cubains lors de la visite officielle de Raoul Castro dans leur pays. Cupet (appelé aussi Cubapetroleo) aura accès à quatre champs pétrolifères au Venezuela. Par ailleurs, il se peut qu’un jour les Cubains tirent des revenus appréciables des gisements offshores d’or noir dans le Golfe du Mexique.

Pétrole : le Venezuela fait alliance avec les Chinois et… avec les Cubains © DR

Neuvième producteur mondial d’or noir, le Venezuela a fait de cette manne une arme diplomatique. Les énormes réserves qui sommeillent sur son territoire et dans ses eaux territoriales, en haute mer, suscitent la convoitise des Chinois, très intéressés par les matières premières dont regorge l’Amérique du Sud. La compagnie China National Petroleum, aux mains du gouvernement chinois, va payer un bon d’entrée de 900 millions de dollars (675 millions d’euros) au Venezuela pour exploiter un bloc de la pléthorique réserve de l’Orénoque, région à l’est de ce pays.

Pour ce faire, les Chinois ont noué un partenariat avec PDVSA, la compagnie pétrolière vénézuelienne. En vertu de la constitution du Venezuela, PDVSA possède 60 % du capital de la coentreprise, les Chinois s’octroyant les 40 % restants. La production devrait s’élever à 400.000 barils par jour.

A l’occasion de l’annonce de cet accord, les Chinois ont accordé 20 milliards de dollars de crédit au gouvernement d’Hugo Chavez pour financer des projets de longue haleine dans plusieurs domaines, en particulier les infrastructures plutôt déliquescentes.


Un bon d'entrée bien inférieur pour les Cubains

C’est avec un gouvernement communiste de toute autre nature que les autorités vénézueliennes, quelques heures plus tard, ont signé un accord. Le général d’armée Raul Castro Ruz, frère de Fidel Castro, qui préside aux destinées de Cuba, vient d’effectuer une visite officielle au Venezuela où il a reçu tout naturellement un accueil enthousiaste. Hugo Chavez est un farouche défenseur de Cuba, île en proie à des difficultés économiques récurrentes, qu’il aide pour des raisons en grande partie idéologiques. La compagnie pétrolière Cupet, appelée aussi Cubapetroleo, va payer un bon d’entrée bien inférieur à celui demandé par Caracas aux Chinois, pour prospecter et exploiter quatre champs de pétrole et de gaz dans l’est du pays. Une entreprise mixte, Vencupet, détenue elle aussi majoritairement par les Vénézueliens, sera créée pour la circonstance.

Cette nouvelle tombe à point pour rappeler la situation ambiguë dans laquelle se trouve Cuba. L’île castriste dépend du grand frère vénézuelien pour sa consommation de pétrole mais elle cherche en même temps à accroître sa production d’or noir dans les eaux territoriales lui appartenant, en plein Golfe du Mexique.

Le Venezuela contribuait, en 2008 (une proportion qui ne doit pas avoir beaucoup changé depuis) à la moitié des besoins en pétrole des onze millions de Cubains. Cette année-là, Cupet produisait 60.000 barils par jour. Les Cubains, passés maîtres dans l’art de la débrouille, rétribuent leurs protecteurs vénézuéliens en mettant à la disposition du gouvernement Chavez des médecins et des instructeurs sportifs.


20 milliards de barrils de réserves

En 2008 également ont surgi, dans plusieurs journaux nord-américains, des scénarios sans doutes exagérés selon lesquels Cuba pourrait devenir une puissance pétrolière. Il y aurait au large des côtes du petit état marxiste des réserves offshore de pétrole de vingt milliards de barils, peut-être davantage. Dans une interview à un magazine publié aux USA, l’économiste Jonathan Benjamin-Alvarado, enseignant à l’Université du Nebraska, nuançait les choses: «Il y a peu de chance pour que Cuba ne devienne une version communiste du Koweït. Son pétrole, à 2000 mètres de profondeur, est fort difficile à extraire. L’embargo de quarante ans
imposé par les Etats-Unis ont empêché les dirigeants cubains de solliciter les compétences de partenaires, notamment les Brésiliens.»


Petrobras a ouvert un bureau à La Havane

Or, ces deux dernières années, le gouvernement Lula a déployé d’intenses efforts pour rompre l’isolement de Cuba, par exemple lors du 5 ème Sommet des Amériques qui s’est tenu en avril 2009. Si les Brésiliens s’intéressent tant à la nation castriste, c’est aussi pour des raisons économiques, Cuba ne pouvant que rebondir, à moyen ou long terme.

Petrobras, contrôlé par le gouvernement brésilien, a ouvert un bureau à La Havane à la fin de l’année dernière, et il a conclu divers accords de partenariat avec Cupet.
Présent dans 27 pays, sur tous les continents, le mastodonte pétrolier brésilien ne veut pas perdre une goutte de l’or noir qui se cache dans les profondeurs du Golfe du Mexique.

 

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