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La baisse de l'offre de pétrole ne suffira pas à compenser la chute de la demande, selon l'Agence internationale de l'Energie

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Publié le , mis à jour le 15/04/2020 À 13H24

La demande mondiale de pétrole a plongé en avril de 25 millions de barils par jour (bpj), à des niveaux qui n'avaient plus été observés depuis 25 ans. Un déséquilibre de court terme sur le marché qui ne peut être compensé, selon l'Agence internationale de l'Energie.

Pourquoi l'AIE pense que l'accord de l'Opep+ sur le pétrole ne suffira pas
La demande mondiale de pétrole a plongé en avril 2020 de 25 millions de barils par jour (bpj).
© Angus Mordant

Du jamais-vu depuis... 25 ans. La demande mondiale de pétrole a plongé en avril de 25 millions de barils par jour (bpj). Problème, aucune réduction de l'offre de la part des pays producteurs ne permettra de compenser pleinement ce puissant déséquilibre de court terme sur le marché, a déclaré mercredi 15 avril l'Agence internationale de l'Energie.

"Solide départ" de la part des producteurs de pétrole

Face à la multiplication des mesures de confinement et des transports quasiment à l'arrêt sur l'ensemble du globe en raison de la pandémie de Covid-19, l'AIE prédit une baisse de la demande de 9,3 millions de bpj sur l'ensemble de 2020. Une telle chute "historique" ramènera la consommation mondiale à son niveau de 2012, autour de 90,6 mbj, selon l'agence. Elle reconnaît néanmoins les efforts annoncés par les producteurs de pétrole, après leur récent accord sur une réduction sans précédent de leurs extractions.

"En abaissant le pic de l'excédent d'offre et en aplatissant la courbe de la constitution des stocks, ils aident un système complexe à amortir le pire de cette crise", déclare l'AIE dans son rapport mensuel. "Il n'existe pas d'accord réaliste qui permettrait de réduire suffisamment l'offre pour compenser de telles pertes à court terme du côté de la demande. Cependant, ce qui a été accompli la semaine dernière constitue un solide départ", ajoute-t-elle.

Les efforts de l'Opep, mais pas que...

Outre ces efforts de l'Opep, emmenée par l'Arabie saoudite, et d'autres pays comme la Russie, certains Etats devraient augmenter leurs achats pour leurs réserves stratégiques. L'AIE relève ainsi que les Etats-Unis, l'Inde, la Chine et la Corée du Sud proposent ou envisagent d'effectuer de tels achats. "Si les transferts vers les réserves stratégiques, qui pourraient atteindre jusqu'à 200 millions de barils, devaient avoir lieu au cours des quelques trois prochains mois, ils pourraient représenter environ 2 millions de bpj d'offre retirés du marché", estime l'agence.

 

avec Reuters (Noah Browning; version française Bertrand Boucey)

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