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Pétrole au Maroc : Longreach devient PetroMaroc et prévoit d’investir plus de 40 millions de dollars en 2015

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La petite société d’exploration pétrolière canadienne Longreach spécialisée sur le Maroc se rebaptise PetroMaroc. Elle poursuit ses recherches onshore à l’est d’Essaouira.

Pétrole au Maroc : Longreach devient PetroMaroc et prévoit d’investir plus de 40 millions de dollars en 2015 © DR

Tout un symbole… La société d’exploration pétrolière Longreach a décidé de se renommer PetroMaroc, selon un communiqué publié le 18 juin. Même si pour l’instant, elle n’a pas découvert une goutte de pétrole dans le royaume, cette « junior company » d’origine canadienne marque ainsi son ancrage dans le paysage marocain des hydrocarbures.

Enregistrée à Jersey, menée par un management canadien et coté à la bourse de Toronto PetroMaroc est une société indépendante d’exploration menée par quelques experts du secteur. Elle a obtenu, ces dernières années, plusieurs permis auprès des autorités marocaines. Pour les mettre en œuvre, elle a levé des fonds en bourse ou auprès d’investisseurs privés. Le 10 avril, elle a ainsi réussi un placement privé de 9,7 millions de dollars.

DES TRACES DE GAZ

Bien que sans aucune activité commerciale, la capitalisation de PetroMaroc à la bourse de Toronto atteint 25 millions de dollars canadiens.

Aujourd’hui, son actif le plus important est une part de 50 % dans la licence onshore dite Sidi Mokhtar. Située à 80km à l’est d’Essaouira, celle-ci comprend trois blocs totalisant 2 683 km2 au total. L’autre moitié de cette licence est détenue à parité par la société MPE (ex-Lone Star, contrôlées par des capitaux marocains dont la CDG…) et par l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM) qui, selon la loi marocaine, est obligatoirement associé à toutes les opérations d’exploration du pays.

PetroMaroc a débuté en 2013 ses opérations sur Sidi Mokhtar, notamment sur les bloc dit Kamar et Koba, où elle a annoncé avoir découvert des traces de gaz, sans que le caractère exploitable ou non de cette ressource ne soit encore validé. Pour ses explorations, PetroMaroc a contracté l'an dernier avec l'ingénériste italien Saipem qui lui a loué notamment sa plate forme dite Saipem Drillmec Mas 7000 de 2000 chevaux construite in 2007. Des opérations réalisées jusqu'à plus de 2500 mètres de profondeur.

Les forages sur les blocs Kamar et Koba sont désormais arrêtés, l'entreprise se disant en phase d'analyse des résultats.

A l’occasion de son changement de nom PetroMaroc a publié cette semaine une présentation complète de ses opérations d’exploration en cours (voir document ci-dessous). Selon ce document, l’entreprise prévoit notamment d’investir 10 millions de dollars au premier trimestre 2015 en acquisition de données sismiques 3D toujours sur Sidi Mokthar et 30 millions de dollars dans deux nouveaux puits sur les trimestres 3 et 4. A cela s'ajoute environ 5 millions de dollars prévus d'ici à la fin d'année dans l'analyse des données receuillis par les précédentes campagnes de forage

PetroMaroc détient aussi de toutes petites parts (1 à 2 %) dans d’autres blocs au Maroc, dont certains n’ayant rien donné ont été abandonnés.

Le Maroc est quasiment dépourvu de ressources en hydrocarbures à la différence de l’Algérie voisine et les autorités ont poussé ces dernières années à l’amplification des opérations d’exploration par les opérateurs privés, ceci grâce à l’attribution de licences et une politique fiscale attractive. La part revenant de droit à l’ONHYM, 25 % au minimum, étant de plus relativement faible au vu des habitudes des pays producteurs, un autre facteur d'attractivité pour les compagnies.

Du coup de nombreuses compagnies indépendantes, certaines créées ex-nihilo pour l’occasion se sont intéressées à ce marché «frontière» comme Kosmos, Cairn, Tangier Petroleum, Circle Oil ou donc Longreach. On note aussi la présence de quelques compagnies internationales comme l’américain Chevron, le français Total ou le portugais Galp Energy qui mène en ce moment une campagne d’exploration au large de Tarfaya dans le Sahara occidental.

une vingtaine de puits 

Selon les autorités marocaines, une vingtaine de puits d’exploration seraient opérés cette année pour des investissements totaux dépassant 100 millions de dollars.
Néanmoins, au vu de l’effervescence médiatique concernant ces programmes, Amina Benkadhra, directrice générale de l’ONHYM a mis en garde à plusieurs reprises ces derniers mois sur le caractère aléatoire de ces recherches. Celles-ci pour l’instant n’ont débouché sur aucune réserve exploitable.
Ainsi en mars dernier, la compagnie Cairn a abandonné l’exploration sur le bloc offshore Juby Maritime 1 au large de Tarfaya dans le sud du Maroc. Il y avait bien des traces d’huile mais non exploitable. Le forage a été bouché.

Pierre-Olivier Rouaud

Document de présentation des activités de PetroMaroc (en anglais). Source : PetroMaroc (Longreach)

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