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L'Usine Santé

Petite santé pour l’industrie française du médicament

Esther Attias , ,

Publié le

Le président du syndicat des entreprises du médicament (Leem) a déploré le manque d'investissements français dans la production de biomédicaments lors de ses vœux le 15 janvier. Alors que Sanofi comme Lilly ont récemment annoncé des suppressions de postes.

Petite santé pour l’industrie française du médicament
Le syndicat des entreprises du médicament déplore le manque d'investissements français dans la production de biomédicaments

L’industrie du médicament française serait de moins en moins compétitive face à ses concurrents européens. Tel est le constat de Philippe Tcheng, président du syndicat des entreprises du médicament (Leem) lors de ses vœux mardi 15 janvier. "La filière de la bio-production est trop fragmentée", soupire-t-il, alors qu’elle représente selon lui l’avenir du médicament.

La France consacre en effet 80% de sa production de médicaments aux produits chimiques, laissant de côté les bio-médicaments dont

le principe actif est issu d’une source biologique. Avec quinze sites de production de bio-médicaments ouverts à des tiers, elle fait encore pâle figure face à l’Allemagne et le Royaume Uni, qui en comptent respectivement vingt-quatre et dix-sept.

Autre faiblesse de la production médicamenteuse française : la part trop importante de produits matures - dont les brevets sont tombés dans le domaine public - permettant ainsi de développer des génériques moins lucratifs pour l’industrie du médicament.

A cela s’ajoute une régulation publique entravant la compétitivité de la production nationale, notamment au niveau des délais de mise sur le marché de nouveaux médicaments. "Nos délais d’accès sont de plus de 500 jours, contre 180 jours prévus par la directive européenne en vigueur. Ils sont particulièrement pénalisants pour le choix d’investissements industriels, quand nos voisins allemands et britanniques affichent des délais avoisinant les cent jours", déplore le président du Leem. En 2017, la France représentait 3,7% du marché mondial du médicament. 

Un changement de profil

La baisse des prix des médicaments est également dénoncée par l'industrie comme "incompatible" avec les ambitions françaises en termes d'innovation, alors même que le secteur connait une révolution thérapeutique inédite.

Pour Philippe Tcheng, l’emploi dans l’industrie pharmaceutique reste globalement stable, avec 98 700 emplois dont 44 000 dans la production. C’est sans compter sur les annonces ces dernières semaines de suppression de 670 postes chez le leader pharmaceutique français Sanofi et de 250 postes par le groupe américain Lilly en France… Car à trop reposer sur la production de médicaments matures, le secteur s’expose à des fragilités à moyen terme.

En effet, si la France reste un leader dans la production de vaccins, les usines productrices de médicaments matures sont reprises et converties en usines de façonnage, produisant les mêmes molécules à moindre coût et générant moins de bénéfices, pouvant à terme être fermées pour insuffisance de gains.

Mais on constate toutefois un changement des profils pharmaceutiques dans le paysage industriel. Le développement de la e-santé, du big data et des nanotechnologies appellent la création de nouveaux types d’emploi, comme l’a récemment montré l’investissement de 100 millions d’euros sur le site alsacien du même groupe américain Lilly.

Espoirs déçus

Le dernier Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) au mois de juillet 2018, rassemblant autour d’une table les pouvoirs publics et les acteurs de la filière du médicament, avait pourtant été porteur d’espoirs. Il avait notamment défini des mesures concrètes, dont le passage à 180 jours pour la mise sur le marché de nouveaux médicaments, et la sécurisation d’un plancher de croissance du chiffre d’affaires des entreprises du médicament à 0,5%. Il semblerait que le secteur peine à en voir la couleur.

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