Peter Mock et John German, les deux lanceurs d'alerte à l'origine du scandale Volkswagen

Peter Mock et John German, tous deux membres de l'ICCT (The International Council on Clean Transportation), une organisation indépendante basée aux Etats-Unis et en Allemagne, sont à l'origine des révélations qui ont permis aux autorités américaines de découvrir que Volkswagen avait triché lors des tests d'homogation de certains de ses moteurs diesel. 

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Peter Mock et John German, les deux lanceurs d'alerte à l'origine du scandale Volkswagen

Peter Mock et John German vont-ils s'imposer comme des Snowden de l'automobile ? A l'image des retombées des révélations de l'ex-agent de la NSA sur l'espionnage de masse pratiqué par les Etats-Unis, la découverte de la tromperie de Volkswagen pour que ses moteurs passent avec succès les tests antipollution outre-Altantique a déjà eu l'effet d'une bombe.

Rappel ou retrait de la vente des quelque 500 000 véhicules suspectés et produits entre 2009 et 2015, amende potentielle de 18 milliards de dollars et, surtout, une image écornée dans le monde entier... tels sont pour le moment les premières conséquences d'une chasse aux tricheurs susceptible de clouer au pilori d'autres constructeurs que le groupe allemand et ses deux marques incriminées, Volkswagen et Audi.

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A l'origine du scandale, on retrouve donc ce duo travaillant pour l'ICCT (The International Council on Clean Transportation), une organisation non-lucrative et indépendante disposant de trois antennes, à Washington DC, à San Francisco et à Berlin. Ses études ont pour but d'informer les différents régulateurs environnementaux à travers le monde, aux Etats-Unis et en Europe mais aussi en Amérique Latine, en Inde et en Chine. Ce sont des chiffres émanant de l'ICCT qui sont notamment cités dans le document "5 vérités sur le diesel que l'industrie automobile préfère vous cacher", publié début septembre par l'ONG européenne Transport & Environment et relayé par L'Usine Nouvelle.

Une démonstation de "diesel propre" qui tourne mal

Comme l'explique un article de Bloomberg, tout commence en 2013 lorsque Peter Mock, chef de file de l'ICCT en Europe, remarque des différences entre les quantités de polluants mesurés sur route et lors des tests réalisés sur le vieux continent pour des modèles diesel du groupe Volkswagen mais aussi de BMW.

A partir de ce constat et partant du principe que la réglementation antipollution est plus sévère aux Etats-Unis, il contacte son homologue américain, Johnn German, pour une expérience visant à démonter aux Européens que le diesel "propre" c'est possible. L'idée est alors de mettre en avant les faibles rejets des versions américaines des véhicules diesel testés en Europe...

John German fait alors appel à l'Université de West Virginia, qui dispose du matériel nécessaire pour mesurer les émissions sur route. Pendant ce temps, au "California Air Ressources Board", les véhicules passent avec succès les tests en laboratoire. Mais au moment de recevoir les résultats des essais sur route, l'équipe de John German tombe des nues : les modèles de Volkswagen émettent des niveaux d'oxyde d'azote bien supérieurs aux normes (entre 15 et 35 fois le seuil pour la Jetta, et entre 5 et 20 fois pour la Passat) alors que celui de BMW rentre dans les clous.

D'un premier rappel au scandale mondial

Prévenues, les autorités américaines lancent une enquête en mai 2014. En décembre, Volkswagen dit avoir identifié le problème et rappelle près de 500 000 véhicules aux Etats-Unis pour y installer un correctif logiciel. Mais problème pour l'agence californienne, ce patch ne semble pas avoir d'effets et, surtout, les niveaux d'émission d'oxyde d'azote restent supérieurs à ce qu'autorise la réglementation américaine. L'agence de protection de l'environnement (EPA, pour "Environmental Protection Agency") et le groupe Volkswagen sont avertis le 8 juillet dernier.

Problème pour Volkswagen, le régulateur américain s'apprête à donner au groupe allemand son autorisation de commercialisation sur le sol américain pour l'année 2016. Une formalité en temps normal mais face à l'incapacité de VW d'apporter une réponse satisfaisante, le processus est bloqué. Dans une impasse, Volkswagen se résout alors à confesser sa supercherie, explique l'EPA, avec les conséquences que l'on connaît maintenant. Point positif de ce scandale : aux Etats-Unis, mais surtout en Europe où sont achetés 7 véhicules diesel sur 10 vendus dans le monde, et dans le reste du monde, la lumière pourrait (enfin) être faite sur les émissions réelles de ces moteurs.

Julien Bonnet

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