L'Usine Aéro

Personne ne connait les conséquences d'une collision entre un drone et un avion

Pierre Monnier , ,

Publié le , mis à jour le

Après la manœuvre d’évitement réalisée par un Airbus A320 face à un drone au dessus de la plateforme de Roissy au mois de février, le Syndicat national des pilotes professionnels de drones civils a publié un communiqué pour expliquer les faits. Mais aucun test de collision entre un avion et un drone n’a encore été effectué. Au Royaume-Uni, les syndicats de pilotes s'en inquiètent.


Le drone évité par l'A320 mesurait entre 80 et 100 cm selon l'équipage. (Powhusku / Flickr / CC)

Le 19 février, un Airbus A320 a réalisé une manœuvre d’évitement pour éviter une collision avec un drone alors qu’il entamait un atterrissage à Roissy a révélé, le 3 mars, le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) pour la sécurité de l’aviation civile.

Le Syndicat national des pilotes professionnels de drones civils (SNPPDC) a diffusé un communiqué pour expliquer les faits après un entretien entre le commandant de bord à Air France Alain Bascoulergue, également membre du BEA, et les pilotes de l’A320 en question.

Lors de la manœuvre d’évitement, l’avion volait à une vitesse de 400 km/h, à 1 200 m d’altitude. Le drone mis en cause avait une envergure de 80 à 100 cm et quatre moteurs, selon le témoignage de l’équipage. Le syndicat précise qu’au vu des caractéristiques reportées, ce drone "n’est pas un jouet". Il rappelle également que la législation actuelle interdit aux pilotes de drone de dépasser la hauteur maximale de 150 mètres, une altitude réduite à néant dans les axes de circulation aérienne.

"Pas de test connu à ce jour"

"Dans le cas présent, l’ingestion du drone par le réacteur gauche aurait pu entraîner un arrêt et un feu moteur, assure Alain Bascoulergue. Une collision au niveau de l’aile de l’Airbus aurait pu entraîner également des dégâts structuraux pouvant bloquer la sortie des hypersustentateurs (bec et volets). Une collision avec le fuselage aurait pu endommager les sondes d’incidence, les sondes Pitot, les antennes radio et autres équipements indispensables au vol."

Ces suppositions sont basées sur des tests réalisés pour simuler les chocs provoqués par des oiseaux. Pourtant, chez Thiot Ingenierie, une entreprise spécialisé dans l’étude des chocs, aucun test de collision entre un avion et un drone n’a été recensé. "Nous effectuons une veille très active sur les essais effectués, explique Cédric Giromini, directeur du développement business. A ce jour, nous n’avons pas connaissance de tests actuels ou à venir pour étudier de tels impacts entre drones et avions."

Le spécialiste assure que le choc engendré par une collision avec un drone "ne mettrait pas à terre un A320". Néanmoins, l’absence d’études sur le sujet inquiète jusqu’aux pilotes d’avion. L’association des pilotes de ligne britannique a appelé le ministère des Transports anglais et l’Autorité de l’aviation civile à mener des expertises sur les conséquences d’une collision avec des drones. Cette demande fait suite à une série de 23 incidents relevés en seulement six mois par les autorités aériennes en Grande-Bretagne où un avion et un drone ont évité de justesse une collision.

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