Perquisition à Areva sur un rachat d'uranium à perte au Niger

Le siège d'Areva à La Défense, près de Paris, a fait l'objet mardi 28 novembre d'une perquisition liée à une affaire de rachat d'uranium à perte au Niger différent de l'affaire UraMin qui est beaucoup plus lourde de conséquence pour Areva.

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Perquisition à Areva sur un rachat d'uranium à perte au Niger
Le siège d'Areva à La Défense, près de Paris, a fait l'objet d'une perquisition liée à une affaire de rachat d'uranium à perte au Niger.

Une perquisition a été menée au siège d'Areva à la Défense, près de Paris, mardi 28 novembre, dans le cadre d'une affaire liée au rachat d'uranium, a-t-on appris de sources concordantes. Une porte-parole du groupe nucléaire public a confirmé la perquisition, révélée par M6, mais refusé d'apporter la moindre précision.

Selon une source familière du dossier, cette perquisition s'inscrit dans le cadre d'une enquête préliminaire sur les conditions dans lesquelles Areva a enregistré en 2011 18 millions d'euros de pertes en exerçant une option d'achat sur plusieurs milliers de tonnes d'uranium nigérien.

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"Il s’agissait d’une opération de trading dans le cadre d’une offre intégrée", expliquait il y a quelques mois au Monde un porte-parole d'Areva, Christophe Neugnot. Cette opération s'inscrivait dans le cadre d'un projet de centrale nucléaire négocié en 2010 par un opérateur avec le groupe français, projet finalement avorté. "Dans ce genre de projet, l’opérateur veut de la visibilité et nous demande de sécuriser son approvisionnement futur en uranium", précisait Christophe Neugnot au Monde. "Finalement, la vente du réacteur ne s’est pas faite. Nous avons racheté l’uranium."

Une bonne opération pour des intermédiaires russe et libanais et pour le Niger mais pas pour Areva, victime des fluctuations des cours de cette matière première sur un marché douché par la catastrophe de Fukushima, au Japon, en mars 2011.

Perquisition sans rapport avec l'affaire UraMin

Une source judiciaire a confirmé à Reuters que la perquisition ne concernait pas l'affaire UraMin, beaucoup plus lourde de conséquences pour l'ex-fleuron de l'industrie nucléaire française, aujourd'hui en grande difficulté.

En 2014, le siège d'Areva et le domicile d'anciens dirigeants du groupe avaient déjà fait l'objet de perquisitions dans le cadre de l'enquête sur l'acquisition pour 2,5 milliards de dollars de la société minière canadienne UraMin en 2007. En mai 2016, une enquête a été formellement ouverte sur le rôle d'Anne Lauvergeon dans l'acquisition d'UraMin. Celle-ci, qui a dirigé Areva de 2001 à 2011, a toujours nié avoir mal agi dans cette opération.

Areva a été contraint de passer pour deux milliards d'euros de dépréciations sur UraMin, ce qui a contribué à plusieurs années de pertes qui se sont soldées l'an dernier par un plan de sauvetage organisé par le gouvernement. Ce plan prévoit notamment la vente de l'activité réacteurs nucléaires d'Areva à EDF, cession prévue pour la fin de cette année.

Pour Reuters, Geert de Clercq, Gilles Guillaume et Emmanujel Jarry pour le service français, édité par Yves Clarisse

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