Pernod Ricard prépare un plan social en France
Selon nos informations, le groupe de vins et spiritueux prépare un vaste plan de réorganisation dans l’Hexagone, prévoyant la fusion de plusieurs activités de ses filiales Pernod et Ricard. Un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) chez Pernod est actuellement en cours de négociations avec les partenaires sociaux.
Le numéro deux mondial des vins et spiritueux, Pernod Ricard, serait en passe de mettre fin à la sacrosainte indépendance historique de ses deux sociétés fondatrices, Pernod et Ricard. Dans le cadre de son plan d’économies de 150 millions d’euros sur trois ans, baptisé "Allegro", le groupe prévoit de fusionner plusieurs services de ses deux filiales, Pernod SA, basée à Créteil (Val-de-Marne) et Ricard SA, située à Marseille (Bouches-du Rhône), à commencer par les fonctions support (administration, ressources humaines, logistique, informatique...).
Selon nos informations, ce projet de réorganisation, qui porte le nom interne de "Leaders", a été dévoilé aux représentants du personnel en mai. Il prévoit le transfert des fonctions support de Pernod au siège de Ricard à Marseille. Actuellement en cours de négociations avec les instances représentatives du personnel (IRP), un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) serait à l’ordre du jour. Il devrait concerner 156 postes de la société Pernod avec des reclassements proposés pour 66 personnes à Marseille. Selon certaines sources, la fermeture du siège de la société Pernod, à Créteil, pourrait être envisagée.
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Conséquences des hausses des taxes et de la guerre des prix
Dans une lettre interne datée du 15 mai, que L’Usine Nouvelle s’est procurée, la direction de Pernod Ricard précise que "l’alignement sur la société la plus importante en termes de volumes, chiffre d’affaires et effectifs, minimiserait les risques de déstabilisation des activités, faciliterait la transition et limiterait l’impact social". Dans un précédent courrier interne daté du 13 février, Pernod Ricard justifiait cette réorganisation en mettant en cause les "hausses de taxes subies par le secteur et la pression constante de la grande distribution, qui impactent durablement la rentabilité en France".
Ce plan ne prévoirait pas en revanche la fusion des sociétés Pernod et Ricard en France ni celle de leurs activités commerciales, qui devraient rester distinctes. "Ce scénario (...) permettrait de construire une organisation plus efficace, au bénéfice de Pernod et de Ricard, qui restent des sociétés distinctes et en concurrence sur le marché français", assure le groupe, dans sa lettre du 15 mai.
Une réorganisation aussi à l’étranger
Selon nos informations, le groupe devrait, toutefois, fusionner certaines activités de Pernod et de Ricard à l’étranger. Un processus qui entraînerait là aussi des suppressions de postes. "Dans certains pays, il ne sert à rien que des équipes se fassent de la concurrence interne. Ca ne permet pas de vendre davantage", nous avait expliqué un observateur du secteur début juin.
Contactée par L'Usine Nouvelle, la direction du groupe reconnaît étudier un rapprochement entre Pernod et Ricard, qui devrait entraîner le transfert des services support à Marseille. "Aucun site industriel ne sera en tous cas touché par ce plan", insiste le groupe. Pernod Ricard s’est engagé à communiquer, fin août, les détails du plan, lors de la présentation de ses résultats annuels.
Pernod Ricard emploie près de 19 000 personnes dans le monde dont 2 800 en France. Il possède 96 sites de production dont 15 dans l’Hexagone. Sur la période 2012-2013, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 8,6 milliards d’euros, en hausse de 6 %, avec un résultat net en progression de 5 %, à 1,255 milliard d’euros.
Adrien Cahuzac
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