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Pernod Ricard ne boit plus la tasse

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Après une fin 2009 sous la coupe de la récession, le numéro deux mondial des vins et spiritueux savoure une progression de ses ventes de 14 % au premier trimestre de l’année en cours. La stratégie du groupe, consistant à déployer ses marques premium dans les pays émergents, s’avère payante.

Pernod Ricard ne boit plus la tasse © REUTERS

 

C’est une belle pirouette qu’a effectuée Pernod Ricard sur la scène des marchés. Les analystes, surpris, lèvent leur verre à la santé du numéro deux mondial des vins et spiritueux qui au troisième trimestre de son exercice comptable (lequel est décalé, clôturé en juin) a vu ses ventes progresser de 14 %, en croissance faciale, par rapport à la même période en 2009. De janvier à mars, le chiffre d’affaires s’est élevé à 1,54 milliard d’euros. Au cours du trimestre précédent, les ventes avaient accusé un déclin de 12 %.

Ces performances trimestrielles ont amené le groupe à revoir sa trajectoire pour l’exercice comptable en cours : le résultat opérationnel courant devrait se situer à 3 % en 2009-2010, alors que les prévisions initiales faisaient état de 1 % à 1,3 %.

Stratégie rondement menée

Comment expliquer un tel revirement des ventes de Pernod-Ricard en ce début d’année? Les dirigeants du groupe attribuent ce rayon de soleil à une amélioration de la situation économique sur certains marchés-clefs, en particulier les Etats-Unis et la Russie, à des effets de déstockage et à la forte croissance de la consommation dans les économies émergentes. Pernod Ricard recueille ainsi les fruits d’une stratégie rondement menée ces dernières années, qui a consisté à pousser ses pions dans les pays en voie de développement.

Les lointains marchés alimentent désormais 33 % du chiffre d’affaires alors que la France, berceau du groupe, n’en représente plus qu’un pour cent. C’est l’Asie qui a le plus tiré vers le haut les ventes de Pernod-Ricard de janvier à mars 2010: + 10 %. Dans les Amériques, l’avancée a été un peu moins accélérée: + 3 %. Par contre, les ventes de Pernod-Ricard continuent de souffrir en Europe, goulot d'étranglement du groupe: - 6 %.

LES QUINZE MARQUES PHARES

Commentant les résultats trimestriels divulgués le 29 avril, Pierre Pringuet, directeur général de Pernod-Ricard, a tracé la route en ce termes : «Nous allons renforcer nos investissements sur les marques et les marchés stratégiques ».
L’un de ses collaborateurs, interrogé par l’Usine Nouvelle, ajoute: «Grâce à l’amélioration de la situation économique, nous constatons que dans les pays en voie de développement les consommateurs reviennent sur les marques premium, qui représentent désormais 70 % de nos ventes contre 68 % il y a quelques mois.» En fait, il s’agit du portefeuille des quinze marques phares du groupe, entre autres Absolut, Havana Club, Ballantine’s, Chivas Regal, Martell, Mumm et Perrier-Jouët, etc.
Ce printemps financier va permettre à Pernod Ricard, comme l’indique cette source, de tonifier les actions publi promotionnelles en faveur des ses produits haut de gamme. Le groupe consacre normalement 18 % de son budget à de telles opérations.

Présent dans 70 pays, Pernod Ricard compte 113 sites de production et il emploie 19.000 salariés. La famille Ricard reste l’actionnaire de référence, avec 12 % du capital.

Y. Le Houelleur

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