Pernod Ricard investit dans son portefeuille de vins en Chine

par Pascale Denis et Dominique Vidalon
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Pernod Ricard investit dans son portefeuille de vins en Chine
Pernod Ricard, qui s'est montré confiant mardi dans son potentiel de croissance à moyen terme en Asie, a insisté sur le caractère stratégique de son portefeuille de vins pour son activité dans la région. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau

PARIS (Reuters) - Pernod Ricard, qui s'est montré confiant mardi dans son potentiel de croissance à moyen terme en Asie, a insisté sur le caractère stratégique de son portefeuille de vins pour son activité dans la région.

Si les deux piliers du groupe en Asie demeurent Martell, numéro un du cognac en Chine, et les whiskies indiens, le numéro deux mondial des spiritueux mise aussi sur d'autres de ses marques pour croître dans les cinq ans qui viennent.

"Notre stratégie consiste à investir très clairement pour faire que ces autres marques - Ballantine's Finest, Absolut, Chivas, Jameson et le portefeuille de vins - deviennent réellement importantes dans notre chiffre d'affaires", a déclaré Philippe Guettat, PDG de Pernod Ricard Asie, lors d'une conférence téléphonique avec les analystes.

Ces marques dites "premium", vendues à des prix inférieurs à ceux de Martell, sont stratégiques car elles comptent parmi les "voies d'accès" aux consommateurs et permettent de conquérir de nouveaux clients, notamment auprès des jeunes générations.

"Cela peut signifier que Jacob's Creek est stratégique pour Pernod Ricard en Chine", notent les analystes de Jefferies.

Les ventes du vin australien ont été supérieures à 10% en Chine au cours des neuf premiers mois de l'exercice 2018-2019, a précisé le dirigeant.

Le portefeuille de vins de Pernod Ricard, qui compte aussi le néo-zélandais Brancott Estate, l'américain Kenwood et l'espagnol Campo Viejo, compte pour 5% des ventes du groupe.

Une rentabilité inférieure à celle des spiritueux, doublée d'un recul des ventes au premier semestre de l'exercice 2018-2019 ont nourri des spéculations sur une possible cession de ce portefeuille.

LES WHISKIES INDIENS AU VIETNAM OU AUX PHILIPPINES

Le fonds activiste américain Elliott, qui a fait irruption au capital de Pernod Ricard en 2018, réclame une amélioration des marges et de la gouvernance du groupe.

En février dernier, Pernod a relevé ses objectifs de marges dans le cadre d'un plan stratégique de trois ans jugé trop peu ambitieux par Elliott.

En Bourse, le titre Pernod cédait 1,13% à 157,2 euros à 16h02, alors que l'indice sectoriel européen reculait de 0,48%.

Le groupe s'est par ailleurs montré confiant dans sa croissance à moyen terme en Chine et en Inde, qui pèsent chacune pour 10% de ses ventes, derrière les Etats-Unis.

Une démographie très favorable qui voit l'explosion des classes moyennes, la réorganisation des opérations du groupe dans la région et l'accélération digitale constituent d'importants leviers.

Pernod Ricard, qui a vu ses ventes grimper de 21% en Chine sur neuf mois et de 19% en Inde, s'est montré peu inquiet face aux contrôles récemment opérés par les autorités chinoises auprès des karaokés.

L'instauration, attendue en 2020, de systèmes de points accordés aux citoyens chinois en fonction de leur comportement social n'inquiète pas davantage le dirigeant.

Philippe Guettat a également indiqué en réponse à une question que si le baijiu - célèbre alcool de riz chinois - était une "catégorie très intéressante", Pernod Ricard n'avait pas de projet d'acquisition en vue.

Il a également dit miser sur la réorganisation des activités en Corée du Sud et sur le lancement des whiskies indiens au Vietnam, aux Philippines et en Birmanie pour séduire des classes moyennes en plein essor.

Grâce à la Chine et à l'Inde, la croissance organique de Pernod Ricard en Asie a atteint 15% au cours des neuf premiers mois de son exercice, contre 6,3% pour l'ensemble du groupe.

(Pascale Denis, Dominique Vidalon, avec Jean-Michel Bélot, édité par Benoît Van Overstraeten)

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