Performance industrielle : l’automobile française peut mieux faire

L’étude annuelle de la "Plateforme automobile" sur la performance industrielle du secteur montre que les sites industriels ont progressé par rapport à l’an dernier mais restent encore loin des meilleurs standards mondiaux.

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Performance industrielle : l’automobile française peut mieux faire

La Plateforme Automobile (PFA) a publié, ce jeudi 3 juillet, son étude annuelle sur la performance industrielle des usines françaises du secteur. Et ses résultats sont au diapason de la santé du secteur : à la peine. La majorité des 250 sites qui ont répondu à l’étude (sur environ 5000 sites industriels automobiles dans l’Hexagone) a amélioré sa performance industrielle. Mais au regard des standards internationaux qui servent de benchmarks à l’étude, les industriels français sont encore loin du compte. Ils en ont pleinement conscience.

"L’industrie française est médiocre quand on parle de performance industrielle" explique le patron d’une ETI du secteur. "La France c’est la préhistoire !" tacle même un autre patron. Et le constat est sans appel. "Avec la crise tous nos concurrents se sont réveillés et ont travaillé sur leur système, pas nous, s’alarme le PDG d’une PME. Dans cinq ans, si on continue comme ça, la France aura complètement décroché".

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Benchmarks mondiaux

Edouard Armalet, responsable du comité performance industrielle de la PFA, pointe dans l’étude quelques points clé qui doivent en particulier être améliorés. Les retours usines clients (ou ppm), c’est-à-dire le nombre de pièces qui reviennent chez le fournisseur car elles présentent un défaut, en sont un. "C’est un indicateur essentiel de la relation client" précise Edouard Armalet. Si 50% des sites réalisent moins de 19 ppm de retours des usines clients (moins de 19 pièces renvoyées par million de pièces produites), 10% des usines affichent des taux de 1000 ppm et plus, ce qui amène le secteur à une moyenne de 353 ppm, loin des standards internationaux.

"20% des sites sont des benchmarks mondiaux de l’industrie automobile. Mais une minorité d’usines, très en retard, fait drastiquement chuter les moyennes" détaille Edouard Armalet. Autre indicateur clé, la rotation des stocks s’est dégradée entre 2012 et 2013. "L’évolution de cet indicateur donne même l’impression que les industriels n’ont pas travaillé sur ce point" souligne le responsable du comité performance industrielle.

Programme national d’excellence

Si elle est certes menée sur un échantillon disparate (PME, ETI ou grands groupes), avec des spécificités sectorielles entre la fonderie, le décolletage, le caoutchouc ou encore l’assemblage, l’étude de la PFA ne donne peut-être pas suffisamment les causes des faibles performances industrielles de l’automobile française. En revanche, une fois le diagnostic posé, la PFA cherche comment appuyer les industriels, notamment les PME.

"La progression des sites est surtout trop lente, pointe Edouard Armalet. Le but de cette étude est aussi d’identifier des leviers d’action et d’offrir aux participants des éléments de mesure". Les membres de la Plateforme Automobile réfléchissent ainsi à un programme d’excellence nationale. "Les industriels pourraient ainsi avoir accès à des consultants habilités pour améliorer leur performance industrielle, analyser leurs lignes de production et les étapes à améliorer avec des solutions propres à chaque métier" détaille Edouard Armalet. Dans les plusieurs ARIA (Agence Régionale de l’Industrie Automobile), 56 consultants sont déjà habilités. Le programme fédérerait toutes les forces au niveau national.

Pauline Ducamp

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