Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Pénurie : la galère continue pour les entreprises de logistique

,

Publié le

Pénurie essence Alors que les premiers signes d’essoufflement de mobilisation apparaissent dans le mouvement de contestation de la réforme des retraites, la situation reste difficile pour les acteurs de la logistique et du transport, qui doivent gérer la désorganisation et les coûts induits par la pénurie.

Pénurie : la galère continue pour les entreprises de logistique © Cedric Pasquini / REA

Les raffineries ont commencé à redémarrer le 26 octobre. Premier signe de ralentissement dans le mouvement de blocage depuis deux semaines. Pour autant,  le retour à un niveau normal d’activité économique dans le pays devrait prendre du temps.

Dans le secteur du transport et de la logistique par exemple, les difficultés sont encore bel et bien là. « Certains groupes ont encore une bonne partie de leur parc de camions immobilisé, dans les régions Bretagne, Centre ou Ile-de-France », explique Nicolas Paulissen, délégué général adjoint de la fédération nationale du transport routier (FNTR). Par exemple, la société de transport de Gilles Collyer située près de Rennes est dans une situation délicate : « nous sommes livrés au compte-goutte et nous vivons au jour le jour », explique-t-il, remarquant tout de même une amélioration sur la journée du 26 octobre. Pascal Barré, à la tête de Transport Barré à Meaux, s’indigne à devoir « passer plus de temps à chercher du carburant qu’à trouver des contrats nouveaux ». Le tout avec une crainte sur le chiffre d’affaires du mois d’octobre. « Nous ne sommes pas à l’arrêt total, car nous mettons tout en œuvre pour avoir du carburant, mais on dépense deux fois plus de sueur que d’habitude, en étant sûr que le résultat à la fin du mois sera négatif », précise-t-il.

Multiplication de surcoûts

Car le surcoût du mouvement reste la préoccupation première des entreprises du secteur. Une facture qui se décline sous trois formes : une perte du chiffre d’affaires du fait d’annulation de livraison faute de carburant, la perturbation du fonctionnement de l’entreprise, le patron étant plus à chercher du carburant qu’à faire de nouvelles affaires et la hausse des coûts.

Pour Michel Mattar, secrétaire général de la fédération des entreprises de transport et de logistique (TLF) dans la région Méditerranée, les coûts masqués s’ajoutent à la hausse des prix du carburant, devenu espèce rare. « Actuellement, les transporteurs de citerne de Marseille doivent faire 400 km pour aller remplir leurs camions à Port-la-Nouvelle au lieu de Fos-sur-Mer, détaille-t-il. Sur place, ils doivent attendre entre 5 et 7 heures pour pouvoir faire le plein à des tarifs augmentés par rapport à d’habitude, puis ils doivent repartir faire une livraison au lieu des trois habituelles. Ce qui fait autant de coûts supplémentaires et de perte pour l’entreprise ».

Facturation aux clients

D’autres entreprises du secteur ont aussi perdu de la marchandise ou des contrats. En effet, « le transport ne se stocke pas », comme le reconnaît Michel Mattar. Denrées alimentaires et produits périssables ont souvent été détruits faute d’être livrés à temps. L’exemple le plus flagrant est celui des chrysanthèmes, à  l’approche du 1er novembre.

Des factures que certains entendent faire répercuter sur leurs clients à la fin du mois. « Je vais envoyer la facture aux clients en fin de mois, en leur disant qu’on les a dépannés mais qu’ils peuvent aussi donner un coup de main, explique Gilles Collières. Si la réponse est non, le jour où je suis en pénurie, je sais chez qui j’envoie mes camions désormais ».

Prêts à redémarrer

Pour autant, la reprise de l’activité du secteur à la fin de la crise des raffineries ne devrait pas poser de problème, selon Nicolas Paulissen de la FNTR. Une conséquence positive de la souplesse et la réactivité du secteur. « Ce qui va prendre du temps, c’est le redémarrage des raffineries. Mais très rapidement, nous pourrons reprendre notre rôle », assure-t-il. En effet, si les problèmes posés par la grève sont incontestables, il n’y a pas eu de rupture à proprement parler dans l’approvisionnement des magasins ou des sites, créant la panique dans le pays. Un avis partagé par la fédération des entreprises de commerce et de distribution, qui reconnaît avoir trouvé des solutions pour éviter la rupture, en travaillant en collaboration avec les transporteurs.



 

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle