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L'Usine Santé

Pénurie de vaccins, pourquoi l’industrie pharma ne peut pas agir vite

Marine Protais , ,

Publié le

Face à la pénurie de BCG et de vaccins anti-coqueluche, les parents s’inquiètent de ne pas pouvoir protéger leurs enfants d’ici la rentrée. GlaxoSmithKline et Sanofi-Pasteur assurent ne pas être en mesure de produire plus vite.

Les pharmaciens parisiens ont encore tiré la sonnette d’alarme le mardi 28 juillet : les vaccins combinés anticoqueluche, diphtérie, polio et le BCG sont en rupture de stock. Ces vaccins sont soit obligatoires soit recommandés par le ministère de la Santé. La pénurie dure depuis le premier semestre 2015. "Et cela ne touche pas seulement la France, c’est une crise mondiale", souligne Soizic Courcier, directeur médical de GSK France. Le laboratoire produit l’Infanrix Tetra et l’Infanrix Quinta, deux vaccins combinés indisponibles depuis plusieurs mois.

Hausse de la demande mondiale

"Les tensions sur l’approvisionnement sont dues aux changements dans le calendrier vaccinal de dix-sept pays, suite à l’épidémie de coqueluche de 2012-2013 en Amérique du Nord et en Europe", développe Soizic Courcier. Ainsi certains recommandent désormais des rappels plus réguliers ou la vaccination chez la femme enceinte. "Il est très difficile d’anticiper cette hausse de la demande, ce sont des décisions étatiques sur lesquelles les industries pharmaceutiques n'ont pas de prise", argumente-t-elle. Sanofi-Pasteur, qui fabrique le BCG et deux vaccins combinés (Pentavac et Tetravac), explique aussi la pénurie par une augmentation de la demande mondiale. Celle-ci aurait augmenté de 50% entre 2014 et 2015 selon Philippe Juvin, pharmacien responsable de Sanofi interrogé par Slate.

"Nous ne pouvons pas produire plus vite"

"Il faut compter 18 mois pour fabriquer un vaccin, précise Soizic Courcier. Ce temps est incompressible. La fabrication est complexe, car le rendement des souches est variable." Les vaccins sont soumis à une série de tests, environ 160 pour les vaccins combinés anticoqueluche, diphtérie, tétanos et polio. "Nous essayons de produire en plus grande quantité, mais nous ne pouvons pas produire plus vite", prévient Soizic Courcier.

Notons que Sanofi-Pasteur et GlaxoSmithKline sont les seuls fournisseurs de ce type de vaccins. Contrairement aux médicaments, les vaccins sont des produits biologiques, il est donc plus difficile d'en faire des copies. La technologie pour les fabriquer est très coûteuse et protégée par des brevets.

L’Infanrix Hexa, disponible mais controversé

Pour pallier les ruptures de stock, les autorités de santé préconisent pour les rappels le Repavax de Sanofi-Pasteur et le Bosstrix Tetra de GSK. Ils contiennent des doses de vaccin atténuées contre la diphtérie et la coqueluche. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) précise que l'Infanrix Hexa, le vaccin combiné de GSK, est disponible et peut être utilisé en première injection et pour les premiers rappels. Les parents sont toutefois réticents à l’utiliser: il est plus cher (39 euros contre 14 et 26 euros pour ceux en rupture de stock), et surtout il protège aussi contre l’hépatite B. La vaccination contre l’hépatite B suscite la méfiance de beaucoup de français à cause de son lien supposé avec l’apparition de sclérose en plaques. Cet effet secondaire n’a toutefois pas été prouvé scientifiquement, et 9 médecins sur 10 sont confiants vis-à-vis de sa sécurité, selon l’Institut de veille sanitaire.

L’agence nationale de sécurité du médicament prévoit un retour à la normale courant 2016, mais les laboratoires ne se sont pas encore prononcés sur une date de réapprovisionnement.

Marine Protais
 

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3 commentaires

Nom profil

01/05/2017 - 15h27 -

Après un long temps d’attente la production d’Immucyst (BCG intravésical) put reprendre peu à peu et le produit fut distribué de nouveau en octobre 2015. Cependant les consignes de contingentement étaient maintenues. Un an plus tard, en novembre 2016, contrairement à ce que l’on espérait, Sanofi Pasteur annonçait qu’il allait arrêter, définitivement, au milieu de 2017, la production d’Immucyst. Un porte-parole de Sanofi indiquait que le groupe avait essayé de résoudre les problèmes de l'usine de Toronto, mais que ses efforts ne peuvent garantir une continuité et un approvisionnement fiable du produit. On peut penser que ce puissant laboratoire a renoncé parce qu’il ne considérait pas suffisamment rentable d’investir davantage dans cette spécialité de fabrication délicate pourtant indispensable. Les urologues parlent d'une catastrophe sanitaire. Un collectif cancer.vessie s'est créé (cancer.vessie@orange.fr ).
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12/08/2015 - 16h26 -

Il y a les ruptures de stock passagères et il y a des pénuries chroniques qui amènent les autorités politiques et médicales à adapter les traitements à la pénurie pendant plusieurs années. C’est le cas par exemple du BCG intravésical, médicament de référence pour traiter les tumeurs de la vessie non infiltrant le muscle (80% des cas) qui est produit en quantité insuffisante depuis la fermeture en 2012 de l’usine de Sanofi-Pasteur à Toronto. Le ministère de la santé et l’association française des urologues ont restreint l’emploi du BCG à certaines tumeurs, ont limité le nombre d’instillations et supprimé le traitement d’entretien pourtant recommandé. Cela n’est plus de la médecine mais de la gestion de la pénurie. Depuis 2012, Sanofi annonce la reprise de de l’activité de son usine de Toronto, la ministre se fait l’écho de ces annonces trompeuses, mais rien ne vient. On peut se demander si l‘espoir de commercialiser, dans un an ou deux, de nouvelles molécules, n’incite pas les laboratoires à traîner les pieds. Un collectif cancer vessie s’est créé pour demander que soit rétabli l’approvisionnement régulier du BCG intravésical.
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30/07/2015 - 16h29 -

L'institut de veille sanitaire ferme les yeux, ce n'est pas la première fois d'ailleurs. On nous demande de faire des économies et on met sur le marché un vaccin contreversé et deux fois plus chère.... cherchons l'erreur....
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