Pénibilité : vers un échec des négociations ?

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Toujours pas d'accord national en vue. La rencontre hier des partenaires sociaux sur la prise en compte de la pénibilité au travail s'est achevée sur un blocage. Premier point de butée : les critères permettant de considérer un travail comme pénible. Les organisations syndicales ont de nouveau rejeté les propositions du Medef, jugées inaccessibles : être âgé de 58 ans, avoir travaillé quarante ans dont trente soumis à un facteur de pénibilité et au moins dix années à trois facteurs en même temps. « Il n'y a aucun moyen d'entrer dans ce dispositif », a dénoncé Force ouvrière.

Autre point d'achoppement : le financement. Le Medef a réaffirmé hier que c'était à la « collectivité nationale » de prendre en charge la pénibilité et non pas aux entreprises elles-mêmes. « A ce jour, les employeurs ne peuvent pas supporter de charges supplémentaires », a déclaré à l'AFP François-Xavier Clédat, chef de file des négociations pour le patronat. Autrement dit, l'entreprise pourra reconnaître des cas de pénibilité mais ce sera l'Etat qui paiera le départ anticipé du salarié.

"Traces durables"

De son côté, le Medef s'est targué de deux avancées : l'intégration dans les critères des risques psychosociaux , que demandait la CDE-CGC et l'ouverture du dispositif à l'ensemble des salariés, réservé à l'origine aux seuls « ouvriers et employés d'exécution ». Par ailleurs, le patronat reproche aux syndicats de n'avoir pas mis en place une commission médicale, composée de médecins, qui serait chargée d'estimer les « traces durables » de pénibilité. « Inadmissible », a soutenu la CFDT estimant qu'un dispositif ne peut pas reposer sur un état de santé.

Reste que ce dialogue de sourd qui a duré 4 heures pourrait aboutir à un échec pur et simple des négociations. La CGT appelle désormais le gouvernement à intervenir. Une réunion de la dernière chance est prévue le 21 avril. Deux syndicats doutent de leur participation, d'autres attendent pour se prononcer le début de la concertation sur les retraites, jeudi prochain. Car la pénibilité joue un rôle majeur dans le débat sur l'égalité des salariés face à la retraite. L'espérance de vie d'un ouvrier est en moyenne inférieure de sept ans à celle d'un cadre.

Carmela Riposa

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