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Pénibilité, conférence sociale : la stratégie de pression du patronat semble payer

Solène Davesne , , ,

Publié le

Mardi 1er juillet au soir, une réunion se tenait entre le président du Medef, de la CGPME et de l’UPA pour décider de leur participation à la conférence sociale des 7 et 8 juillet. Dans un entretien aux Echos, ce mercredi 2 juillet, le Premier ministre, Manuel Valls donnait des gages de souplesse sur deux sujets qui cristallisaient la grogne des patrons. 

Pénibilité, conférence sociale : la stratégie de pression du patronat semble payer

Qui sera présent à la grande conférence sociale ? Le Medef a décidé de faire durer le suspense jusqu’au bout sur sa participation les 7 et 8 juillet. "Y aller ou pas ? Réponse vendredi après-midi, après le Conseil exécutif du Medef", assure Pierre Gattaz, dans une note publiée mardi 1er juillet sur son site internet, après avoir listé une dizaine d’arguments, autant pour que contre sa participation. Mardi soir, une réunion se tenait au siège de la CGPME avec Pierre Gattaz, le président du Medef, Jean-François Roubaud, le patron de la CGPME et le président de l’UPA pour discuter de l’attitude à adopter. Mais dans un entretien aux Echos, mercredi 2 juillet, le Premier ministre Manuel Valls semblait déjà vouloir dégonfler quelques abcès d’exaspération en proposant de reporter d’un an, à 2016, la mise en œuvre complète du compte pénibilité et de compléter la législation sur les temps partiels de moins de 24 heures pour éviter les contentieux. 

Pour comprendre la stratégie de raidissement du patronat, il fallait lire en détail la note de blog de Pierre Gattaz sur le sujet de la conférence sociale. Parmi les éléments qui plaident pour sa présence au palais d’Iéna, Pierre Gattaz liste ainsi "les  vrais sujets dont on peut discuter avec les partenaires sociaux" comme l’apprentissage, l’emploi des jeunes ou l’épargne salariale mais aussi l’importance "de montrer le soutien des entreprises à la démarche de politique de l’offre initiée par le Gouvernement et incarnée dans le Pacte de responsabilité". 

A l’inverse, le président du Medef pointe du doigt "le sentiment de n’être pas écoutés et encore moins entendu ces derniers mois, sur au moins 2 sujets clés : les dispositifs de la pénibilité et le temps partiel" pour justifier de ne pas y participer. L’adoption du compte pénibilité dès 2015, alors que le patronat souhaitait son report en 2016 était le principal catalyseur de la fronde des patrons. Autre raison avancée : "l’exercice même de la Conférence sociale doit être repensé", estime Pierre Gattaz, qui réclame "un constat économique partagé sur la situation" avant de parler de social. Enfin, "même si des gestes en faveur de la compétitivité ont été annoncés, ils ne sont pas encore traduits dans les faits", regrette-t-il.

Trop tard... ou trop tôt

 

Difficile de croire pourtant que le patron des patrons ira jusqu’au bout de sa menace. Pierre Gattaz lui-même semble ne pas la prendre au sérieux. Au-delà de la nécessité de donner des gages à sa base très remontée, la politique de la chaise vide conduirait "la presse à interpréter une absence de participation comme une remise en cause de la démarche du Pacte" reconnait le président du Medef

En faisant monter la pression, le Medef ne simplifie certes pas la tâche du gouvernement. Alors que le patronat critique la mise en œuvre "pas assez rapide" du pacte de responsabilité, l’examen des principales mesures du pacte est en cours à l’Assemblée nationale dans un climat tendu. En ce qui concerne les sujets de fiscalité et de charges, le timing de la grogne des patrons arrive soit trop tard (s’il s’agissait d’accélérer l’adoption des mesures du pacte), soit trop tôt (s’il s’agissait de protester contre des amendements). Le projet de loi de finances rectificative de la sécurité sociale prévoit notamment une baisse  de la C3S  (1 milliard d’euros en 2015) et la suppression des cotisations familiales pour les bas salaires l’an prochain. Quarante députés socialistes frondeurs ont déjà annoncé qu’ils ne voteraient pas en l’état le PLFRSS. "Le temps des dogmes, des postures et des petites phrases a vécu", estime Pierre Gattaz dans sa note. Le patronat va devoir lui aussi le démontrer.

Solène Davesne

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1 commentaire

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02/07/2014 - 21h20 -

Le MEDEF, où l'intelligence n'est pas source de pénibilité, aurait pu intégrer la pénibilité de réflexion de patron qui se torture à réfléchir à leur avenir incertain.
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