Pénibilité au travail : les négociations se soldent par un échec

Patronat et syndicats ont mis fin à leurs tentatives de compromis concernant la prise en compte de la pénibilité dans l'âge de départ à la retraite. C'est à Xavier Bertrand qu'il reviendra de trancher.

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Pénibilité au travail : les négociations se soldent par un échec
Trois ans pour rien. Mercredi 16 juillet, syndicats et patronat ont acté l'échec des négociations sur la prise en compte de la pénibilité au travail dans les aménagements de fin de carrière, démarrées en 2005. François-Xavier Clédat, chef de file de la délégation du Medef, a levé prématurément la séance en déclarant : « Nous avons pris acte des propos des organisations syndicales qui conduisent à la fin de cette négociation. »

Aucun compromis n'aura donc été trouvé entre les syndicats, qui demandaient un départ en retraite anticipé pour les salariés ayant occupé des postes pénibles (travail de nuit, répétitif, exposé au bruit intense ou aux vibrations, port de charges lourdes, manipulation de produits toxiques), et le Medef qui proposait un aménagement à mi-temps payé 60 % de l'ancien salaire durant les deux ou trois dernières années d'activité. Toute entorse à ce principe est assimilée par l'organisation patronale à la création de « nouveaux régimes spéciaux ». Ce dispositif aurait été limité à 10 000 salariés par an, sélectionnés selon des critères drastiques (être âgé d'au moins 58 ans, avoir travaillé 40 ans dont la majeure partie soumis à un facteur de pénibilité, avoir été soumis à trois facteurs de pénibilité pendant au mois dix ans).

La question du financement des départs anticipés aura constitué le point d'achoppement des négociations, le patronat refusant de prendre une partie de cette charge à son compte, contre la volonté du gouvernement qui souhaitait une participation financière supérieure des entreprises. Dans sa proposition de temps partiel, le Medef posait ainsi comme condition que l'Etat paye les 40 % complémentaires.

Ces négociations entraient dans le cadre de la réforme des retraites de 2003, introduite par François Fillon, qui allonge la durée de cotisations nécessaire pour obtenir une pension pleine. Au point mort depuis trois ans, la rencontre d'hier, réclamée par le ministre du Travail Xavier Bertrand, constituait l'ultime tentative d'accord entre les partenaires sociaux.

La balle est désormais dans le camp du gouvernement, qui ne disposera même pas d'un relevé de conclusions malgré certains points d'accord en matière de prévention, ce qu'ont regretté la CFDT et la CFE-CGC. Il pourra en revanche s'appuyer sur un rapport du député UMP des Yvelines Jean-Frédéric Poisson, favorable aux prises de position du Medef, comme s'en est félicité François-Xavier Clédat. De quoi inquiéter les syndicats, dans un contexte de restrictions budgétaires et de durcissement général des conditions de travail.

R.K.

En savoir plus :
Pénibilité : la dernière séance (25/03/2008)

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