Pékin a pris une participation dans la branche chinoise de ByteDance

par Yingzhi Yang et Brenda Goh

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Pékin a pris une participation dans la branche chinoise de ByteDance
L'Etat chinois a pris cette année une participation dans la branche chinoise de ByteDance et a obtenu un siège à son conseil d'administration. /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic

PÉKIN/SHANGHAI (Reuters) - L'Etat chinois a pris cette année une participation dans la branche chinoise de ByteDance et a obtenu un siège à son conseil d'administration, ce qui soulève des interrogations quant à l'influence que Pékin envisage d'exercer sur le secteur des hautes technologies, dont Pékin a renforcé ces derniers l'encadrement réglementaire.

La participation de 1% prise dans Beijing ByteDance Technology, qui détient des licences de Douyin, la version chinoise de TikTok, et de Toutiao, son agrégateur d'articles de presse, a été enregistrée le 30 avril, selon le site d'information sur les entreprises Tianyancha.

Elle est détenue par WangTouZhongWen (Beijing) Technology, qui appartient à trois entreprises publiques, dont un fonds soutenu par le principal organisme de surveillance chinois du cyberespace, l'Administration chinoise du cyberespace (CAC), d'après des données officielles publiques.

Cette prise de participation ne concerne ni TikTok ni sa société mère, ByteDance, qui est immatriculée aux îles Caïmans, a-t-on précisé de source proche du dossier.

Un représentant de ByteDance a déclaré que Beijing ByteDance Technology "ne concerne que certaines des plates-formes vidéo et d'information de ByteDance sur le marché chinois, et détient certaines des licences nécessaires à leur fonctionnement en vertu de la législation locale".

L'Etat chinois détient également une participation de 1% dans une filiale du réseau social Weibo, Beijing Weimeng Technology, selon les données publiques et documents déposés auprès du régulateur américain.

"Je pense que tout cela découle de l'inquiétude du pouvoir chinois, qui craint que les entreprises technologiques privées n'obtiennent trop de données et trop de pouvoir, et cela doit donc être interprété comme une démarche du gouvernement chinois pour les contenir et prendre le contrôle", a commenté Paul Haswell, associé du cabinet d'avocats Pinsent Masons, basé à Hong Kong.

"Cette pratique est susceptible de se poursuivre, le gouvernement prenant des parts plus importantes et exerçant un contrôle accru, transformant ainsi nombre de ces entreprises technologiques en entités de type SOE (entreprise d'État)", a-t-il ajouté, soulignant que cette évolution pourrait ajoutant que les actions du gouvernement pourraient handicaper les activités internationales des entreprises concernées.

(Reportage Yingzhi Yang à Pékin et Brenda Goh à Shanghai, avec Echo Wang à New York; version française Anait Miridzhanian, édité par Marc Angrand)

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