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Pechiney sous la pression d'Alcan

Publié le





Pour Jean-Pierre Rodier, le P-DG de Pechiney, cet été sera sans doute celui de tous les dangers. Il va lui falloir défendre son entreprise, devenue la cible d'une OPA, lancée le 7 juillet, par son concurrent canadien Alcan. Ce dernier veut clore son offre en octobre, après avoir obtenu l'aval des organismes financiers (CMF, COB et SEC). Il espère dans le même délai avoir le feu vert des autorités de la concurrence. Sans nier l'intérêt industriel évident d'un rapprochement avec Alcan, le patron de Pechiney estime que le caractère hostile de l'opération, lancée sans concertation, préjuge mal de sa réussite. L'offre du canadien est également incertaine, estime-t-il, puisque sa réalisation est subordonnée à l'acceptation du dossier par Bruxelles. Or, la Commission avait refusé en 2000 la fusion à trois entre Alcan, Algroup et Pechiney. Et Alcan a, depuis, absorbé Algroup. Le raider canadien se déclare prêt, toutefois, à d'importantes concessions. Mais c'est sur le niveau de l'offre - 41 euros par action, soit un prix de 3,4 milliards d'euros jugé « ridiculement bas » - que porte l'essentiel de l'argumentation : Pechiney, avec une technologie de renommée mondiale et des positions de force sur les marchés de l'aéronautique et de l'automobile, est nettement sous-estimé par Alcan, juge Jean-Pierre Rodier. Plusieurs groupes auraient manifesté leur intérêt pour une éventuelle surrenchère. Au cours de l'été, le P-DG de Pechiney va sans doute multiplier les contacts avec ceux-ci. Le tout afin de défendre ce qu'il considère comme l'intérêt de son groupe et de ses actionnaires.



Vivendi contraint



de céder ses studios



La décision devrait intervenir dans les prochaines semaines. A cette date, Vivendi Universal (VU) aura choisi le repreneur de sa filiale de divertissement, VU Entertainment (VUE), marquant la fin du rêve américain de Jean-Marie Messier. VUE regroupe les studios Universal, des parcs à thème et des chaînes câblées. Début juillet, six candidats s'étaient déclarés : Viacom, Liberty Media, MGM, General Electric, le magnat du pétrole Martin Davis et un ensemble d'investisseurs emmenés par Edgar Bronfman Jr. VU compte sur la vente de VUE, valorisée entre 12 et 15 milliards de dollars, pour réduire sa dette qui atteignait 14 milliards d'euros en mai. En cas d'échec, le groupe dirigé par Jean-René Fourtou pourrait introduire 25 % de ses actifs américains en Bourse.



ArvinMeritor



convoite Dana



ArvinMeritor a décidé de passer en force. Après avoir fait une première offre de fusion début juin, l'équipementier de l'automobile s'est décidé à lancer, le 8 juillet, une OPA sur son alter ego américain, Dana, pour un montant de 2,2 milliards de dollars. Mais si l'opération a du sens sur le plan industriel - les deux équipementiers fournissent des composants et des systèmes mécaniques -, elle devrait se heurter à une résistance acharnée de la part de Dana. Ensuite, les règles de non-concurrence risquent fort de compliquer le rapprochement de ces deux groupes, pesant respectivement 7 milliards de dollars dans le cas d'ArvinMeritor et 9,5 milliards de dollars dans celui de Dana.



Dénouement du duel



Oracle-PeopleSoft



L'OPA lancée par Oracle sur l'éditeur américain PeopleSoft devrait prendre fin le 18 juillet. Déclenchée le 6 juin, quatre jours après l'annonce du rachat de JD Edwards par PeopleSoft, cette offensive marque le retour des grandes opérations de fusions-acquisitions dans la high-tech. Elle augure aussi une accélération de la concentration dans le domaine du logiciel. Pour autant, la réussite de la manoeuvre est loin d'être acquise. Les deux parties concernées ont saisi la justice et une enquête de non-concurrence a été ouverte. Pour séduire les actionnaires de PeopleSoft, Oracle a également dû réévaluer son offre de 5,1 à 6,3 milliards de dollars et repousser de sept jours la date limite de son OPA.



Les entreprises dont le destin peut basculer



Rhodia est une cible



d'OPA idéale



Avec la reprise des opérations de fusions-acquisitions, le groupe français de spécialités chimiques fait plus que jamais figure de proie potentielle. Jean-Pierre Tirouflet a beau multiplier les déclarations rassurantes, l'action Rhodia stagne autour de 5 euros, et le groupe n'était valorisé au 10 juillet qu'à 1 milliard d'euros. Boudé par la Bourse, mis au pilori par les agences de notation qui lui reprochent sa dette trop élevée (estimée à 2,3 milliards d'euros fin mars), Rhodia poursuit son programme de cessions, à coup de « désinvestissements chirurgicaux ». Depuis le début de l'année, quatre sites ont été vendus, dont celui d'Avonmouth au Royaume-Uni, spécialisé dans les ignifugeants pour polyuréthanes. Les cessions devraient se poursuivre dans les mois à venir, pour atteindre cette année plusieurs centaines de millions d'euros.



Les négociations



s'accélèrent autour



de Beiersdorf



Quel repreneur pour le groupe de la marque Nivea ? Depuis qu'Allianz, actionnaire de Beiersdorf à hauteur de 43,6 %, a annoncé son souhait de revendre ses parts, les rumeurs vont bon train sur le nom du futur propriétaire : Procter & Gamble, Henkel, Unilever, L'Oréal... Mais cet été, c'est le holding allemand Tchibo qui passe à l'offensive. Aujourd'hui, il détient 30 % du capital de Beiersdorf. Ses actionnaires, tous membres de la famille Herz, se sont récemment mis d'accord pour reprendre leur compatriote d'Outre-Rhin. Assis sur un trésor de guerre d'environ 5 milliards d'euros, Tchibo aurait fait une offre s'élevant à 125 euros par action. Allianz demande 180 euros. L'assureur allemand devrait profiter de l'été pour faire monter les enchères.



La Snet attend



son repreneur



La filiale électrique des Charbonnages de France sera fixée sur son sort avant la fin de la période estivale. Le Conseil d'Etat ayant statué - en sa faveur - sur son différend avec EdF, la Snet, le deuxième producteur d'électricité et l'un des deux plus dangereux rivaux d'EdF sur le marché français, attend le feu vert de Bercy. Le Trésor doit donner son aval à la proposition que vient de formaliser l'espagnol Endesa, déjà propriétaire de 30 % de son capital, pour acquérir 51,25 % supplémentaires que lui céderaient les Charbonnages. Le tout pour 280 millions d'euros. Un groupe privé européen détiendrait du coup les clés d'actifs importants (quatre centrales de 2 540 MWE de puissance installée) relevant jusqu'alors du domaine de l'Etat. Si l'accord ne se faisait pas, l'italien Enel, lui aussi en chasse dans l'Hexagone, pourrait se porter candidat.



Les restructurations en cours



Fiat taille dans



ses filiales



Pour Fiat, la trêve estivale ne sera pas propice au farniente. Une nouvelle augmentation de capital de 1,8 milliard d'euros est programmée pour 2004. Mais le plan de relance, dévoilé fin juin, doit très vite se concrétiser. Au programme, 12 fermetures d'usines avant fin 2004, 12 300 suppressions d'emplois d'ici à 2006 et la mue du conglomérat vers un groupe industriel recentré sur un pôle grand public (Fiat Auto, Iveco et CNH) et un pôle B to B (Teksid, Comau et Magnetti Marelli). Objectif : générer 3,1 milliards d'euros d'économies grâce à la réduction des frais de structure et l'amélioration des synergies, notamment dans les achats et la R & D.



Certaines filiales sont déjà à l'oeuvre. Le constructeur de machines agricoles et de travaux publics CNH a validé les fermetures de quatre sites aux Etats-Unis, en Australie et en Angleterre. Le sort de l'usine française de Crépy-En-Valois (Oise) est encore en cours de négociation. Le fournisseur d'équipements de production Comau revoit quant à lui son organigramme, avec la séparation des pôles systèmes (conception et fabrication des machines) et services. Les dirigeants de Comau travaillent également sur une restructuration de l'activité services, largement surdimensionnée.



Mais l'avenir du groupe dépend surtout de l'évolution de Fiat Auto, responsable de l'essentiel des 342 millions d'euros de pertes opérationnelles au premier trimestre (pour un chiffre d'affaires de 12,3 milliards d'euros). Mesures annoncées : une nouvelle rationalisation de ses outils de production et la sortie de cinq nouveaux véhicules avant l'automne. Faute de succès, Fiat devra se résoudre à des mesures plus radicales.



La SNPE poursuit



son démantèlement



Dans les prochaines semaines, le spécialiste français des explosifs va démarrer la fusion de son pôle matériaux énergétiques avec ceux du suédois Saab et du finlandais Patria, regroupés dans le joint-venture Nexplo. Baptisée Eurenco, la société sera détenue à 60,2 % par le groupe français et réalisera plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires. Durant l'été, la SNPE devrait aussi procéder à l'ouverture du capital de son activité d'explosifs civils pour laquelle un partenaire financier a d'ores et déjà été sélectionné. En revanche, l'hypothèse d'un partenariat industriel pour relancer les activités chimiques peine à se concrétiser. Un rapprochement avec Rhodia, un temps étudié, a été écarté.



Clariant contraint



de revoir sa copie



Le chimiste de spécialité suisse va devoir accélérer ses restructurations. Le groupe vient d'abandonner la construction d'une unité américaine d'activateurs de blanchiment pour la détergence formulés pour Procter & Gamble. Les objectifs n'ont pas été atteints, ni sur les spécifications du produit final, ni sur les délais de la construction de l'unité, démarrée en 2001. Le chimiste doit provisionner 77,43 millions d'euros et Procter & Gamble devra trouver un autre fournisseur. Clariant accuse un endettement de 1,6 milliard d'euros (pour un chiffre d'affaires de 6 milliards) et des pertes de 418 millions. La société a déjà prévu de supprimer 1 700 emplois en 2003 et 2004. Et elle cherche des partenaires pour ses divisions masterbatches, synthèse à façon et électronique.







Les entreprises publiques sous pression



EdF et GdF vont



changer de statut



Le gouvernement devrait probablement se décider à présenter pendant la première quinzaine d'août, le projet de loi transformant EdF et GdF, deux Epic (établissement public industriel et commercial), en banales sociétés anonymes. Les textes sont prêts. Il reste à trouver la fenêtre de tir. Et, dans la foulée, choisir les futurs présidents. Pierre Gadonneix devrait être, sauf surprise, renommé à la tête d'un Gaz de France dont la stratégie n'est guère contestée. Il n'en va pas de même pour François Roussely. Les candidats sont nombreux pour succéder à ce proche du Parti socialiste, qui n'a pas bouclé, selon le calendrier attendu, la réforme des retraites des industries électriques et gazières, ni encore donné à EdF l'appétit de la concurrence, pas plus qu'il n'a assaini ses finances.



Air France pare au



retrait de l'Etat



Plus rien ne s'oppose désormais à la privatisation d'Air France. L'assemblée générale, qui a eu lieu le 10 juillet, a voté le changement de statut nécessaire à l'opération. Dans ce contexte, le gouvernement devrait réfléchir, dans les prochaines semaines, à l'élaboration du calendrier le plus adéquat. Désireux de réduire sa participation dans le capital d'Air France à moins de 20 % au lieu de 54 %, l'Etat espère retirer de l'opération de 700 à 900 millions d'euros. Cette privatisation pourrait ensuite permettre à Air France de renforcer ses liens capitalistiques avec ses partenaires, notamment les membres de Skyteam.



La SNCF réorganise



son fret



Cet été, la SNCF va travailler d'arrache-pied sur le plan de sauvetage de son activité de transport de marchandises. Présenté à la mi-septembre, ce dernier devrait se traduire par une réorganisation du pôle fret par secteurs industriels afin de coller au plus près aux besoins des entreprises. La SNCF va ainsi chercher dans les prochaines semaines à déterminer les liaisons ferroviaires et les clients les plus rentables, sur lesquels porter ses efforts. Reste à savoir si l'exercice suffira à convaincre. Pour l'instant, quelques grands utilisateurs du rail, l'automobile, la sidérurgie, la chimie ou l'industrie de la boisson, s'apprêtent à demander réparation pour le préjudice créé par les grèves des mois de mai et juin, et évalué, par l'Association des utilisateurs de transport de fret, à 40 millions d'euros.



France Télécom



devient privatisable



Début août, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin va plancher sur un avant-projet de loi permettant de modifier le statut de France Télécom. Le but est de supprimer la contrainte législative actuelle qui oblige l'Etat à conserver plus de 50 % du capital, contre 58,8% actuellement. Le gouvernement profite ainsi de la nécessaire transposition dans le droit français d'une directive européenne mettant un terme au monopole de l'opérateur public sur les missions de service universel. Pour rassurer les syndicats, qui redoutent une privatisation totale, Bercy a précisé, début juillet, qu'un second projet de loi garantira le maintien du statut des 106 000 fonctionnaires au sein de l'opérateur, quelles que soient les évolutions du capital.















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