Pearson dévisse en Bourse après un nouveau profit warning

par Kate Holton
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LONDRES (Reuters) - Pearson a réduit ses objectifs de bénéfice des deux prochaines années, ainsi que le dividende prévu sur les résultats de 2017, et a fait savoir qu'il pourrait vendre sa participation dans l'éditeur Penguin Random House en raison d'une situation "sans précédent" affectant ses grands marchés, en Amérique du Nord notamment.

Le titre de l'éditeur britannique d'ouvrages pédagogiques plonge de 27% à 589,5 pence à la Bourse de Londres vers 10h15 GMT, du jamais vu pour le groupe qui accuse de loin la plus forte perte des indices paneuropéens Stoxx 600 et FTSEurofirst 300.

Pearson, qui a émis une série d'avertissements sur ses résultats ces dernières années en raison de mauvaises performances aux Etats-Unis et de marchés émergents instables, a précisé mercredi qu'il avait dû prendre des initiatives radicales pour amortir les conséquences du passage du papier au numérique.

La société créée il y a 173 ans, qui a vendu en 2015 le Financial Times ainsi que sa participation dans le magazine The Economist pour se recentrer sur l'édition pédagogique, pâtit paradoxalement de la reprise économique aux Etats-Unis, qui grossit la masse des personnes employées au détriment des inscriptions universitaires.

En outre, les étudiants achètent de plus en plus des livres d'occasion et louent - au lieu d'acheter - des logiciels éducatifs ("coursewares"), ce qui a abouti à une chute de 30% du chiffre d'affaires net tiré du marché des coursewares de l'enseignement supérieur en Amérique du Nord au dernier trimestre 2016.

"Le secteur de l'éducation subit une période de changement et d'instabilité sans précédent", reconnaît le directeur général John Fallon dans un communiqué. "Notre segment éducation supérieure s'est encore contracté et plus vite que prévu en 2016".

Pearson a ajouté qu'il pensait avoir dégagé en 2016 un bénéfice d'exploitation conforme à son objectif grâce à un programme de réduction des coûts mais il anticipe pour cette année un bénéfice inférieur de quelque 180 millions de livres (208 millions d'euros) à ce qu'il projetait début 2016.

Il projette en 2017 un bénéfice d'exploitation compris entre 570 et 630 millions de livres, soit un bénéfice par action ajusté de 48,5 à 55,5 pence. Les analystes tablaient sur 704 millions et 64 pence respectivement.

Pearson a renoncé à son objectif de bénéfice d'exploitation de 2018 et a dit qu'il reformulerait son dividende à compter de cette année. Il versera un dividende de 52 pence sur les résultats de 2016, comme en 2015.

"La crédibilité de la direction risque de subir de graves répercussions après les annonces de ce jour", disent les analystes de Liberum.

Pour Morgan Stanley, la décision prise sur le dividende constitue un "changement majeur". "Le dividende était auparavant intouchable; c'était le principal moteur du cours de l'action", écrivent ses analystes dans une note à la clientèle.

L'éditeur britannique, propriétaire de 47% de Penguin Random House, une coentreprise avec le groupe de médias allemand Bertelsmann, a également déclaré qu'il pourrait revendre sa participation ou recapitaliser l'entreprise et extraire un dividende pour préserver son bilan.

Bertelsmann a dit de son côté qu'il pourrait augmenter sa participation dans Penguin Random House "pour autant que les conditions financières soient justes".

"Stratégiquement, cela renforcerait non seulement l'une de nos plus importantes entreprises de contenus mais également notre présence aux Etats-Unis, notre deuxième marché", observe dans un communiqué Thomas Rabe, président du directoire du groupe allemand.

Dans un entretien publié sur l'intranet du groupe allemand, Rabe, qui avait dit en 2016 qu'il ne voulait pas racheter la totalité de la part de Pearson et qu'il avait été contacté par plusieurs investisseurs intéressés par une transaction, déclare: "Nous sommes prêts".

Bertelsmann et Pearson avaient regroupé leurs activités d'édition en 2013, Bertelsmann obtenant 53% de la coentreprise qui édite des auteurs tels que Dan Brown ou John Grisham.

Avec une valorisation représentant 10 fois le bénéfice avant interêts, impôt et amortissements, Pearson pourrait retirer autour de 1,2 milliard de livres d'une transaction, estime l'analyste Ian Whittaker de Liberum.

(Kate Holton, avec Georgina Prodhan à Francfort, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison)

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