PAYS DE LA LOIRELA BASSE-LOIRE PREPARE L'AVENIR DE SES CHANTIERS NAVALSLes Chantiers de l'Atlantique, Leroux et Lotz et la DCN d'Indret joueront un rôle clé dans le futur paysage de la construction navale française. Sur le terrain, les trois chantiers accélèrent déjà leur coopération.

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PAYS DE LA LOIRE

LA BASSE-LOIRE PREPARE L'AVENIR DE SES CHANTIERS NAVALS

Les Chantiers de l'Atlantique, Leroux et Lotz et la DCN d'Indret joueront un rôle clé dans le futur paysage de la construction navale française. Sur le terrain, les trois chantiers accélèrent déjà leur coopération.

La Loire-Atlantique scrute avec une attention toute particulière l'horizon de la construction navale française. Trois entreprises déploient en effet leurs ateliers et bureaux d'études sur les 70 kilomètres de fleuve séparant Nantes de Saint-Nazaire : Leroux et Lotz, le plus performant sur le plan technique des petits chantiers civils français ; l'établissement d'Indret de la Direction des constructions navales, qui fabrique les appareils propulseurs de la marine nationale ; les Chantiers de l'Atlantique, spécialiste mondial des navires complexes. Evoquant récemment sa recherche de partenaires industriels, le groupe Leroux et Lotz a confirmé implicitement les contacts noués, tant avec les Chantiers de l'Atlantique qu'avec la DCN. Leroux et Lotz et les Chantiers de l'Atlantique ont tous deux des savoir-faire rares. Le premier sur les navires d'une centaine de mètres, le second sur les grandes unités. Leroux et Lotz a décentralisé son organisation, concentré ses moyens sur l'ingénierie et sous-traite toutes les opérations possibles. Un système qui permet des coûts réduits, même si le groupe nantais manque encore de la maîtrise nécessaire pour tenir les délais sur des navires innovants. A Saint-Nazaire, la maîtrise de la complexité est justement l'essence même d'une entreprise qui vient de construire le paquebot " Legend of the seas " en vingt-six mois à peine. Mais les Chantiers de l'Atlantique doivent réduire leurs coûts face aux Italiens ou aux Finlandais. Jean-Noël d'Acremont, le P-DG, a fixé la barre à 30 %, dans un délai " aussi court que possible ". Et leur nouvelle organisation s'inspire d'une philosophie proche de celle de Leroux et Lotz : création d'unités à taille humaine devant étalonner leurs coûts avec les meilleurs spécialistes extérieurs. Le chantier nazairien se recentre lui aussi sur l'architecture navale, la construction des coques et la " coordination d'ensembles complexes " et accroît parallèlement la sous-traitance. Son champ d'investigation commercial est international, et son appartenance au groupe GEC-Alsthom lui donne la surface financière nécessaire à la livraison d'unités valant plusieurs milliards de francs pièce. Deux dimensions qui font défaut à Leroux et Lotz. La complémentarité entre les Chantiers de l'Atlantique et la DCN semble elle aussi aller de soi, sur le papier. Des commandes militaires régulières donneraient aux Chantiers de l'Atlantique les moyens qu'ont l'italien Ficantieri, l'anglais GEC ou l'allemand Bremer Vulkan d'aborder le marché civil. " Si les Arsenaux disposent d'un savoir-faire inégalable en matière de système d'armes, nous avons, nous, une culture forte dans le domaine de la maîtrise des coques métalliques. De même, nous avons une expérience forte à l'exportation, où nous réalisons plus de 90 % de notre chiffre d'affaires. Un rapprochement pourrait donc être favorable aux deux parties ", plaidait en janvier 1996 Guy Sallenave, directeur du chantier nazairien. La compétitivité et la puissance commerciale que pourraient apporter les Chantiers de l'Atlantique à la DCN et, en retour, l'appoint technologique que celle-ci donnerait au chantier nazairien rendraient sans doute leur alliance redoutable sur les marchés militaires étrangers. Et il est tentant de voir dans ce tandem le moyen, pour l'Etat, de réduire à la fois le coût de construction des navires militaires et le montant des aides à la prise de commandes civiles.

Le statut de la DCN en question

Issue d'un groupe de mécanique et de chaudronnerie sous-traitant des Arsenaux, la division de Leroux et Lotz bénéficie de liens noués avec la DCN. Pour construire plus rapidement les deux " Corsaire 11000 " vendus à la SNCM, le groupe nantais a dernièrement confié la réalisation d'un tiers de coque à l'établissement de Lorient. Leroux et Lotz a également fait des incursions dans l'univers militaire en construisant des petits patrouilleurs côtiers pour les marines française, mauritanienne et marocaine. Pour que de telles coopérations s'institutionnalisent, les questions à résoudre restent nombreuses. En ce qui concerne la DCN, rien de tangible ne pourra être décidé tant que le statut juridique n'aura pas évolué. La scission entre la DCN étatique et la DCN industrielle, dont fait partie l'établissement d'Indret, préfigure une évolution en ce sens. Certains, enfin, envisagent un rapprochement des Chantiers de l'Atlantique avec la division construction navale du cousin anglais GEC, division présente, quant à elle, sur les marchés civils et militaires. Dominique LUNEAU



Les trois poids lourds

Les Chantiers de l'Atlantique


· Siège : Saint-Nazaire.

· Filiale de GEC-Alsthom.

· Chiffre d'affaires : en 1994-1995 : 4,7 milliards de francs.

· Effectif : 4 200 salariés.

Leroux et Lotz

· Siège : Nantes ; sites à Lorient, Saint-Malo, Dieppe, La Rochelle.

· Groupe indépendant, contrôlé par Florence Rougier, son P-DG.

· Chiffre d'affaires : 600 millions de francs en 1995.

· Effectif : 1 200 salariés.

DCN d'Indret

· Site : à l'ouest de Nantes.

· Etablissement de la Direction des constructions navales de la DGA (ministère de la Défense).

· Production 1995 : 1,7 milliard de francs.

· Effectif : 1 600 salariés.

USINE NOUVELLE N°2552

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