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L'Usine de l'Energie

Pays de la Loire : Saint-Nazaire à plein régime

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Alstom et STX France ont investi dans les énergies marines. L’industrie, portée par les activités aéronautique et navale, atteint des sommets.

(Valéry Joncheray)

A Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), on parie sur les énergies marines renouvelables (EMR). En attendant les commandes, la filière a d’ores et déjà modifié le paysage estuarien, au bas du pont de Saint-Nazaire. D’un côté, Alstom a créé un pôle industriel de 19 000 m2 composé de deux ateliers : l’un fabriquant des nacelles de l’Haliade 150, une éolienne marine de 6 mégawatts (MW), l’autre les alternateurs de cette même machine qui équipera les champs éoliens français du consortium EDF. Un contrat américain a permis de lancer, mi-mars, une première série de six machines avec une quarantaine de salariés. "L’usine est dimensionnée pour fabriquer 100 machines par an en deux-huit avec 300 salariés", précise Pascal Girault, le directeur du site. Elle pourrait, en outre, produire l’hydrolienne Oceade, autre innovation d’Alstom dans les EMR.

Ces autres écosystèmes

Laval (Mayenne) Le Centre de la réalité virtuelle mobilise plus de 10?millions d’euros. Il doit ouvrir fin 2015 dans les anciens locaux industriels d’Europlastiques.

Angers (Maine-et-Loire) Sous l’égide de l’industriel Éolane, la Cité des objets connectés souhaite lancer une quarantaine de projets issus de start-up dès cette année.

Nantes (Loire-Atlantique) La réhabilitation d’anciennes halles d’Alstom est engagée pour 50?millions d’euros. Chercheurs, écoles, entreprises, cantine numérique et fablab y cohabiteront.

Ancenis et Angers (Maine-et-Loire) Une plate-forme régionale d’innovation, baptisée Primabor, réunira en 2017 les acteurs du machinisme agricole. Sitia, Manitou, Kverneland, Serta, SAH Leduc, Caruelle et Claas sont de la partie.

Sables-d’Olonne (Vendée) Le département veut créer un pôle numérique, baptisé Numerimer, afin de canaliser des projets de start-up autour d’un centre de données.

La Mothe-Achard (Vendée) Le spécialiste du revêtement mural PRB investit 18?millions d’euros dans son complexe où s’est constituée une petite cité industrielle. D’autres industriels, dont Bodard et La Fournée Dorée, font prospérer cette zone.

À quelques encablures, en aval de la Loire, STX France achève la construction, pour 20 millions d’euros, d’un site de 12 000 m2 destiné à produire des fondations métalliques "jacket", avec une capacité annuelle de 50 à 70 unités, mais aussi des sous-stations et des pièces de transition de mâts. Là encore, les équipes commerciales s’activent partout en Europe afin de remplir cette unité sans commandes majeures.

Pour les sous-traitants aussi, le défi est de se placer sur ce marché émergent. À Saint-Nazaire, plusieurs entreprises du groupement Neopolia EMR viennent de signer un premier contrat avec Alstom pour la réalisation de cinq berceaux de transport de nacelles d’éoliennes. Mais Neopolia veut aller plus loin dans la production de grands ensembles métalliques complexes, de tubes et de raccords. "Ce sont des métiers proches de l’industrie navale mais avec l’exigence offshore, explique Gwenaël Maubert, délégué général de Neopolia. Nous ne sommes pas encore aux niveaux de prix demandés, il faut donc travailler sur la productivité, l’automatisation, la robotisation de la soudure…" Avec STX et Alstom, Neopolia a mis en place une entité, nommée Neolab, pour travailler sur ces enjeux et définir des investissements collectifs.

Les ouvertures d’usine fleurissent

En attendant la lente émergence des EMR, les industriels de Saint-Nazaire ont de quoi s’occuper. "Habituellement, à Saint-Nazaire, l’aéronautique et la construction navale évoluent selon des cycles différents, un secteur relaie l’autre, observe David Samzun, le maire (PS) de la ville. Aujourd’hui, les deux secteurs sont au plus haut simultanément." STX France a huit paquebots à construire, en comptant les options, ce qui lui confère une visibilité au-delà de 2020. Côté aéronautique, la montée en puissance de l’A 350 dynamise la filière. Airbus investira 85 millions d’euros dans son site de Saint-Nazaire qui assure l’assemblage des tronçons de fuselage avant et centraux. "Nous allons créer une chaîne d’assemblage automatisée pour la pointe avant de l’A 350, similaire à celle dont nous disposons pour l’A 320", précise Gérald Lignon, le directeur de l’usine.

Dans le sillage d’Airbus, les usines fleurissent. Figeac Aero vient d’inaugurer une unité de fabrication de planchers d’A 350. En novembre, c’est Simra, filiale de Segula Technologies, qui a ouvert une usine de tôlerie et chaudronnerie. L’usineur Espace s’agrandit également avec le projet d’un nouveau site, dont le coût s’élève à 17 millions d’euros, avec 110 emplois à la clé d’ici à 2018. L’estuaire de la Loire peut aussi compter sur la "vieille" énergie fossile, porteuse d’investissements par centaines de millions. Total a levé le doute sur l’avenir de sa raffinerie de Donges, promettant 400 millions d’euros d’investissements pour la production de carburants conformes aux normes européennes et internationales. Cette annonce a soulagé les administrateurs du port de Nantes – Saint-Nazaire, où les hydrocarbures représentent les deux tiers de ses tonnages. Un peu plus en amont, à Cordemais, EDF investira 350 millions d’euros en 2015 et 2016 dans sa centrale thermique. L’opération vise à prolonger jusqu’à 2035, voire au-delà, la durée de vie des deux unités charbon de 600 MW mises en service dans les années 1980. "Désormais, notre souci est que toute cette activité génère le maximum de retombées sur le territoire en termes d’emplois", souligne David Samzun. Le taux de chômage sur le bassin de Saint-Nazaire (9,5 %) reste au-dessus de la moyenne départementale.

Un campus et une maison pour Jules Verne

Nul n’imaginait, lors du lancement des pôles de compétitivité, l’ampleur que prendrait la Jules Verne manufacturing valley, concept regroupant le pôle de compétitivité EMC2, l’Institut de recherche technologique (IRT) Jules Verne et les technocampus de Bouguenais, près de l’aéroport Nantes Atlantique (Loire-Atlantique). Dans ce quartier industriel, les nouveaux projets abondent dont une usine-école, pour 30?millions d’euros, une plate-forme de fabrication additive à destination des PME et les futurs locaux du CEA Tech. À l’automne sera inauguré le technocampus Océan. Un troisième suivra pour accueillir les?pôles GE-Alstom et EDF. Un immeuble de 100?logements est programmé ainsi qu’une maison Jules Verne de 4 000 mètres carrés, épicentre du quartier. Il faut aussi compter sur les projets privés comme ceux de l’usine Daher, qui va multiplier par dix la production de clips de jonction de fuselage d’avions et, évidemment, Airbus, qui a programmé 70?millions d’euros d’investissements cette?année dans son usine.

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