Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

PAUL BOYEUNE TENUE CONTRE LE FEU ET LES AGRESSIONS CHIMIQUESLe numéro 1 français de l'uniforme, Paul Boyé, met au point une tenue protégeant à la fois des flammes et des produits chimiques.

Publié le

PAUL BOYE

UNE TENUE CONTRE LE FEU ET LES AGRESSIONS CHIMIQUES

Le numéro 1 français de l'uniforme, Paul Boyé, met au point une tenue protégeant à la fois des flammes et des produits chimiques.



Fournisseur officiel de l'armée française, Paul Boyé est depuis longtemps un spécialiste des vêtements de protection NBC (nucléaire, bactériologique et chimique). Avec son nouveau produit, Profac, une tenue protégeant à la fois contre le feu et les produits chimiques, le groupe met son savoir-faire au service du civil. Pourtant, la nouvelle tenue a bien failli ne jamais exister. Elle est née d'une rencontre. Quand il se rend au salon Interschutz, à Hanovre, il y a trois ans, Jacky Mathis, responsable du service incendie de la Société chimique Roche, ne connaît pas la société Paul Boyé. " Nous devions renouveler nos équipements de protection individuelle. J'ai profité de ce rendez-vous mondial des pompiers pour faire le tour de l'offre ", raconte-t-il. Depuis vingt ans qu'il s'occupe de la sécurité du site de Village-Neuf (Haut-Rhin), spécialisé dans le " vrac chimique ", Jacky Mathis a eu le temps de se faire une idée bien précise de ce qu'il veut : une veste trois quarts, protégeant moins que les tenues classiques des pompiers contre la chaleur, mais davantage contre les agressions chimiques. Jusqu'ici, les pompiers confrontés à des risques chimiques utilisaient soit des scaphandres - efficaces contre les liquides et les gaz toxiques, mais peu contre les flammes et les chaleurs radiantes et convectives - , soit des tenues dites d'" approche-feu ", assurant une totale barrière contre le feu, mais protégeant mal des produits chimiques. Dans les deux cas, des équipements difficiles à enfiler, à nettoyer et réduisant la mobilité. " Les fabricants que j'ai rencontrés se sont contentés de me transmettre des échantillons de produits existants, que je connaissais déjà. Seul Paul Boyé a étudié véritablement ma demande ", se souvient Jacky Mathis. Trois mois après leur rencontre, le numéro 1 français de l'uniforme lui expédiait un prototype pour essai. " C'était notre huitième prototype. Il n'était pas parfait, mais nous voulions savoir si nous étions sur la bonne voie ", explique Jean-Christophe Détis, directeur de Paul Boyé. La Société chimique Roche a mené sans délai l'expérimentation. " Nous n'avons lésiné sur rien. Nous avons même testé les performances de la veste après cent heures d'usage intensif en milieu hostile ! ", commente Jacky Mathis. Au vu des résultats, la filiale de Roche France a passé commande pour ses 65 pompiers. A partir de là, Paul Boyé a travaillé douze mois pour la mise au point industrielle du produit. Intégralement lavable en machine, la tenue Profac comporte une couche extérieure en tissu de méta-aramide assurant la protection contre la chaleur, enduite d'un caoutchouc synthétique (Hypalon) aluminisé pour la tenue aux agressions chimiques. Pour renforcer l'isolation thermique, l'intérieur comprend un non-tissé en fibres para-aramides, matelassé entre une couche en tricot en fibres préoxydées et de Nomex et une couche en tissu moitié méta-aramide (Kermel)-moitié viscose pour la doublure. Testée par l'Institut textile de France, la tenue a obtenu la norme européenne 469 de protection contre le feu en juillet dernier. La Société chimique Roche, de son côté, n'a pas voulu que ses tests internes soient exploités par Paul Boyé, ni participer industriellement au développement du produit. En revanche, l'entreprise alsacienne contribue, en tant qu'utilisateur, à l'amélioration constante du produit.

Des débouchés vers l'exportation

A ce jour, la tenue Profac est à l'essai chez l'industriel Givaudan- Roure à Genève et dans une division de l'aviation civile. " Nous ne disposons pas encore de la force commerciale nécessaire au lancement d'un nouveau produit. Mais les choses devraient s'accélérer dans les prochains mois. Nous avons des demandes de l'Allemagne, de la Roumanie, de la Grande-Bretagne et de la Belgique ", précise Jean-Christophe Détis. Paul Boyé vise les 3 000 à 4 000 pompiers, civils ou militaires, confrontés à des risques chimiques en Europe. A près de 3 000 francs la veste et 2 000 francs le surpantalon (contre 10 000 à 15 000 francs pour un scaphandre de protection chimique et 1 500 à 2 500 francs une veste d'approche-feu), la tenue Profac pourrait générer pour le groupe sétois jusqu'à 20 millions de francs de chiffre d'affaires.



L'enjeu

· Un marché de 3 000 à 4 000 pompiers soumis à des risques chimiques.

Le défi

· Une tenue protégeant à la fois du feu et des agressions chimiques, confortable et facile d'entretien.

Les moyens

· Une équipe de trois personnes durant quinze mois.



L'avis de l'expert

Noëlle Valentin
, responsable du laboratoire " feu protection " de l'Institut textile de France.

" Nous avons homologué Profac selon la norme européenne 469 en vigueur pour les sapeurs-pompiers. Nous n'avons pas effectué les tests chimiques. Néanmoins, une tenue ayant reçu une enduction Hypalon, procédé utilisé dans le domaine de la protection chimique, présente sans conteste une plus grande imperméabilité, et donc une plus grande protection contre les risques chimiques qu'un textile n'ayant subi qu'un traitement de surface déperlant. Profac constitue en ce sens une innovation."

USINE NOUVELLE N°2572

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle