Patrons, donnez envie à vos salariés d’aimer leur boîte

La fête de l'entreprise aura lieu le jeudi 1er octobre. Une action menée par la polémique Sophie de Menthon en partenariat avec le syndicat CFE-CGC sous le thème "J’aime ma boîte". Une journée pour tenter de réconcilier les salariés avec le patronat. Mais comment faire ?

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Petit déjeuner payé par le patron, déjeuner fait maison par les salariés avant une soirée afterwork sur le rooftop de l'immeuble. Le 1er octobre, ce sera la fête de l’entreprise. Une journée lancée en 2003 par Sophie de Menthon, la fondatrice de "J’aime ma boîte" et présidente de l’association patronal Ethic. Cette chef d’entreprise a fait le pari de miser sur la réconciliation entre les hiérarchies : "il ne faut plus distinguer les méchants patrons des gentils salariés", explique-t-elle. Cette journée s’accompagne d’un baromètre OpinionWay. Un sondage où près de 70% des salariés déclarent aimer leur entreprise.

Voir au-delà des petits fours

La principale volonté de cette journée des entreprises, Sophie de Menthon la résume... simplement : "d’accord tout va mal, mais un jour on dit : stop, j’aime ma boîte". Alors, le jeudi 1er octobre, les salariés et les patrons vont s’arrêter. Ils goûteront les gâteaux maisons du coursier et participeront au concours de fléchette de la secrétaire. Certains iront même jusqu’à se déguiser !

Et après ? La vie reprendra, le patron retournera dans son bureau et les salariés sur leur ligne de production. Le véritable message de "J’aime ma boîte" n’est pas là. Il demande d’ailleurs beaucoup plus d’implication que quelques petits fours offerts par ses supérieurs.

Un vrai enjeu pour les entreprises

Le véritable objectif de la journée n’est pas de s’arrêter... mais de travailler. Seulement, les salariés et le patronat des entreprises oublieront leurs clients pour penser à eux-mêmes. Cette journée doit servir à l’échange d’idée et à l’amélioration de l’entreprise. C’est le but des nombreux murs de post-it mis en place dans les 400 000 PME, ETI et grandes sociétés qui participent à l’événement.

Sur ce mur des idées, les salariés retrouveront deux pans, le pourquoi et le comment. Cela permet d’identifier les points forts d’une entreprise et de donner la direction des changements à venir. Le résultat peut paraître anodin, mais développera un sentiment d’implication chez les salariés.

Un employé impliqué, ça sert à quoi ?

Cette année, nouveauté, pour la première fois, un syndicat participe à l'opération. La CFE-CGC est partenaire et publie une enquête qui montre le lien entre performance sociale et compétitivité des entreprises. " Les salariés sont plus épanouis lorsqu’ils sont investis dans les décisions", explique Carole Couvert, la présidente de la CFE-CGC. Cette étude révèle ainsi (étonnament), qu’une personne bien dans sa tête sera plus efficace au travail. Un facteur gagnant-gagnant. Les patrons qui impliquent leurs salariés les rendent plus efficaces.

Xavier Luquetas mène le combat du mieux vivre au boulot. Il est le président fondateur d’Eleas, une société d’expertise spécialisée dans la qualité de vie au travail. Pour lui, la clé d’une entreprise, c’est la bonne humeur. Au travers de son expérience, Xavier Luquetas a retenu trois points essentiels au bien-être en entreprise.

D’abord, mettre en valeur les compétences de chacun. Cela engendre de la reconnaissance et pointe les qualités des employés. Ensuite, l’entreprise doit développer un sentiment d’appartenance de ses salariés. L’implication est un moyen de donner confiance en soi et de lutter contre le stress et le mal être. Enfin, l’attrait d’une société permet aux partenaires de conserver l’envie et la motivation d’accompagner l’entreprise.

En 2013, Xavier Luquetas décryptait déjà la dimension managériale du bien être professionnel.

Fêter l’entreprise à bon escient

La journée "J’aime ma boîte" a la volonté d’améliorer l’entente entre patron et employé. Sophie de Menthon voudrait même en faire "un enjeu national". Pourtant, c’est la 13e édition de la fête des entreprises et le clivage entre salariat et patronat persiste... C’est donc aux cadres et aux dirigeants de donner le ton. "Ce sont eux qui font l’ambiance d’une entreprise", rappelle la fondatrice du projet. Bref, pour utiliser à bon escient cette journée, elle doit durer toute l’année. L’opération "J’aime ma boîte" doit enclencher un dialogue au long terme. Peut-être que la participation d’une organisation syndicale suffira à produire ce déclic.

Pierre Monnier

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