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Patronnepublic-privé

Olivier Cognasse ,

Publié le

Après une carrière jalonnée par les cabinets ministériels, l’administration et les entreprises privées, Élisabeth Borne a été nommée à la tête de l’entreprise publique, où l’attendent notamment les dossiers du dialogue social, de la compétitivité et du Grand Paris.

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Le dialogue social est essentiel. Toutes les entreprises ont besoin de bouger, mais l’humain est fondamental dans nos métiers.
© pascal guittet

Quand les femmes sont très compétentes, elles sont décrites comme autoritaires. C’est un procès d’intention », fustige Guillaume Pepy, le président de la SNCF. Élisabeth Borne, avec qui il a travaillé pendant cinq ans, n’échappe pas cette réputation. Pourtant, lorsque nous l’avons rencontrée dans son nouveau bureau, quai de la Rapée, offrant une magnifique vue sur la capitale, la PDG de la RATP était tout sauf glaciale. Elle s’est montrée plutôt chaleureuse, se prêtant volontiers au jeu des questions-réponses. Sa nomination, en remplacement de Pierre Mongin parti chez Engie (ex-GDF Suez), a été entérinée par le conseil des ministres, le 20 mai.

Cette ingénieur X-Ponts aime à raconter qu’elle court dans Paris : « Le jogging est un très bon moyen de découvrir les villes. Quand j’étais à la direction de l’urbanisme, j’en profitais pour aller voir les opérations d’aménagement. Je rentrais le lundi et je pouvais dire : “Tiens cela n’avance pas. Qu’est-ce qu’il se passe ?” »

Ceux qui l’ont fréquentée sont tombés sous le charme. Guillaume Pepy est dithyrambique. « Elle incarne les qualités des ingénieurs français. Sa très grande compétence ne l’empêche pas de manier l’humour et l’autodérision. » Anne-Marie Idrac, qui l’a côtoyée lorsqu’elle présidait la SNCF – où Élisabeth Borne a été directrice de la stratégie de 2002 à 2007 –, loue « sa liberté d’esprit au service de convictions bien affirmées. Elle plaidait toujours pour la compétitivité et l’adaptation. Elle se désolait des conservatismes qui, selon elle, risquaient de mettre le mode ferroviaire hors-jeu de la concurrence. »

Mêmes éloges de la part de Bruno Angles, le patron de Macquarie France, qui a négocié avec elle pour les sociétés d’autoroute. « Elle possède une force de travail étonnante et sait gérer des situations complexes où s’expriment des avis contradictoires. Elle a une très grande capacité d’écoute. » Des compétences qui ne seront pas de trop pour la nouvelle patronne de la RATP. Elle va notamment devoir négocier avec le Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif), répondre aux défis du Grand Paris et accompagner la transformation électrique du parc de bus.

Sa très grande compétence ne l’empêche pas de manier l’humour et l’autodérision.

Guillaume Pepy, président de la SNCF

L’ingénieur qui conseille les ministres

Élisabeth Borne aurait pu suivre la carrière d’un grand commis de l’État, mais a préféré faire des pas de côté. « Je ne me suis jamais ennuyée. Ce qui est important, c’est d’alterner les expériences professionnelles. Passer d’un cabinet ministériel à de l’opérationnel », précise la patronne de la RATP. L’ancienne polytechnicienne a ainsi été à la direction régionale de l’Équipement d’Île-de-France, où elle s’est occupée, de 1989 à 1991, du schéma directeur de la région (projets Éole et Météor). Elle a passé trois ans dans le privé, chez Adoma (ex-Sonacotra), de 1993 à 1996. « J’étais directrice technique quand l’entreprise a pris un virage important. Elle s’est mise à loger toutes les populations défavorisées et non plus seulement les travailleurs immigrés. »

Elle a ensuite rejoint le cabinet du Premier ministre Lionel Jospin, pendant un quinquennat, comme conseillère aux transports puis à l’urbanisme, au logement et à la ville, avant de revenir dans le monde de l’entreprise, à la direction de la stratégie de la SNCF. « Mon principal objectif était de réaliser le projet industriel de l’entreprise et de réfléchir à la politique à mettre en place avec l’ouverture à la concurrence », raconte-t-elle. Prenant goût au secteur privé, elle entre chez Eiffage en 2007. « Je répondais à des PPP [partenariats public-privé, ndlr] partout dans le monde, notamment en Europe de l’Est. J’avais repris une partie des concessions autoroutières. » Un an plus tard, elle devient la directrice générale de l’urbanisme à la Mairie de Paris, poste qu’elle occupera jusqu’en 2013.

« La capitale a une politique de partage de la voirie moins favorable à la voiture. Quand vous y habitez, vous pouvez vous en passer. Quand vous venez de banlieue et de province, c’est différent. Il faut faire attention à la manière dont cette politique est perçue par les non Parisiens. » On retrouve chez Élisabeth Borne quelques accents de Ségolène Royal à propos de la récente polémique sur la circulation alternée. Avant de rejoindre la RATP, elle a été, pendant un an, la directrice de cabinet de la ministre de l’Écologie. Si elle s’attache « à ce que les dossiers avancent », elle tempère aussitôt ses propos pour les futures négociations en interne. « Le dialogue social est essentiel. » En bonne politique…

En quelques mots

  • Jogging Elle aime courir dans Paris. Idéal pour appréhender l’évolution de l’urbanisme.
  • Culture Elle assiste régulièrement à des spectacles et pièces de théâtre, et a une prédilection pour les opéras.
  • Carrière Elle a une bonne connaissance du secteur ferroviaire.
  • Conviction Femme de tête, elle ne renie jamais ses idées.

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