Patrick Buffet doit forger l'avenir d'Eramet

La mission du nouveau patron du groupe minier se situe à la confluence d'enjeux industriels, financiers et politiques.

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Patrick Buffet doit forger l'avenir d'Eramet
Un X, ingénieur du corps des Mines chez Eramet, a priori, rien de plus normal. Sauf que Patrick Buffet, le nouveau patron du groupe minier, a d'abord été un haut fonctionnaire. Il a effectué une bonne part de sa carrière dans les allées du pouvoir. Jusqu'au sommet de l'Etat : de 1991 à 1994, sous François Mitterrand, il était le conseiller industriel à la présidence de la République, où il a cotoyé sa collègue du corps des Mines... Anne Lauvergeon, alors secrétaire générale adjointe.

Aujourd'hui, à 53 ans, après être passé près de la direction de Safran, il prend la tête d'un groupe de plus de 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires, présent dans le nickel, le manganèse et les alliages pour l'aéronautique et l'énergie. «De cette période, j'ai tiré une sensibilité particulière aux contraintes politiques, et l'habitude de négocier avec la puissance publique. Mais je suis d'abord un industriel », tient-il à préciser, soulignant que sa première incursion dans l'industrie date, en fait, de 1986, au sein d'EMC (Entreprise Minière et Chimique). Le grand virage vers le secteur privé, c'est en 1994 qu'il l'effectue, appelé par Gérard Mestrallet. D'abord à la direction de la Société générale de Belgique, puis au siège de Suez. Un groupe qu'il a quitté dans la suite du projet de fusion avec GdF.

Sa nomination chez Eramet, dans la foulée d'une assemblée générale au cours de laquelle l'ex-P-DG, Jacques Bacardats, a lui-même annoncé son départ, a créé la stupéfaction, y compris du côté de l'Etat, pourtant actionnaire de référence d'Eramet, via Areva. Officiellement, c'est l'entrée dans la soixantaine de l'ex-P-DG qui a justifié son remplacement. Il est vrai qu'au moment où Patrick Buffet, décrit comme discret et prévenant, qui fonctionne par réseaux, prend la direction d'Eramet, plusieurs questions sont en suspens. Elles engagent l'avenir à long terme du groupe. Ainsi, l'équilibre de l'actionnariat, dominé par Areva (26%) et la famille Duval (37%), est posé, alors qu'Anne Lauvergeon, P-DG d'Areva, ne cache pas sa volonté soit de se renforcer, soit de sortir du groupe minier.

Dans un secteur en consolidation accélérée, le français est maintenant relégué en deuxième division, face aux géants, comme le brésilien CVRD ou le suisse Xstrata. Est-il encore de taille à rester indépendant? Les rumeurs de prise de contrôle du groupe sont récurrentes, même s'il est peu probable que l'Etat français laisse faire : fortement implanté au Gabon (manganèse), et premier employeur privé en Nouvelle-Calédonie (nickel), où la situation sociale reste tendue, Eramet est un industriel éminemment stratégique. Patrick Buffet, dont la nomination -officielle- sera tout de même plus assurée après la présidentielle, a prévu de rencontrer les principaux responsables politiques du Gabon et de Nouvelle-Calédonie «avant l'été ».

La Nouvelle-Calédonie sera un retour aux sources : au début des années 1980, le jeune ingénieur des Mines en poste au ministère de l'Industrie s'était déjà intéressé à l'avenir de la SLN (Société Le Nickel), aujourd'hui filiale d'Eramet.

Thierry Lucas

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