Pas de taxe carbone pour les compagnies aériennes chinoises

par Alison Leung et Harry Suhartono

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HONG KONG/SINGAPOUR (Reuters) - Les compagnies aériennes chinoises ne participeront pas au système ETS (Emission Trading Scheme) qui permet l'échange et l'achat de droits à polluer dans l'Union européenne, tandis que d'autres compagnies de la région devraient en répercuter le coût sur leurs clients.

Lancé en 2005 dans le cadre des efforts déployés par l'UE pour réduire les émissions de CO2, le système ETS concerne l'ensemble des compagnies aériennes qui utilisent des aéroports européens.

Depuis le 1er janvier 2012, toutes les compagnies desservant l'Europe doivent acheter des permis de polluer dans le cadre d'un système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre conçu pour lutter contre le réchauffement climatique.

"La Chine ne coopérera pas avec l'Union européenne sur les ETS, si bien que les compagnies aériennes n'imposeront pas de surcoûts liés à la taxe sur les émissions à leurs clients", a déclaré à Reuters Cai Haibo, secrétaire général adjoint de l'Association du transport aérien chinois (CATA).

Cette fédération regroupe les quatre principales compagnies aériennes chinoises, Air China, China Southern Airlines, China Eastern Airlines et Hainan Airlines.

Les compagnies aériennes chinoises pourrait songer à porter ce dossier sur le terrain judiciaire, même si elles gardent à l'esprit que leurs homologues américaines ont déjà perdu une bataille juridique semblable.

Qantas Airways a également indiqué vouloir entreprendre une procédure contre le système ETS.

"D'une part, nous n'écartons pas l'idée d'entreprendre des actions judiciaires, d'autre part de solliciter le gouvernement afin qu'il prenne des mesures de rétorsion. Plusieurs agences s'intéressent à cette question", a déclaré Cai Haibo.

La CATA estime à 800 millions de yuans (98 millions d'euros) le coût annuel du système ETS pour les compagnies chinoises lors de la première année. Ce coût devrait plus que tripler d'ici 2020.

BILLETS PLUS CHERS

Lufthansa, deuxième compagnie aérienne mondiale dans le secteur du long courrier après Emirates, a prévenu ses passagers que le coût de leurs billets devrait augmenter car elle refuse de supporter seule le coût de l'ETS.

L'Union européenne estime que l'ETS, qui s'applique déjà à d'autres industries, est le système le plus juste pour faire contribuer le secteur aérien à la lutte contre le réchauffement climatique.

Delta Airlines, numéro deux américain du secteur aérien, a décidé de relever de trois dollars le prix de chaque billet pour un trajet entre l'Europe et les Etats-Unis.

"Il est inévitable que ces hausses de coûts soient répercutées sur les passagers. Nous détaillerons nos mesures en temps utile", a déclaré Carolyn Leung, porte-parole de Cathay Pacific.

Singapore Airlines a de son côté indiqué qu'elle tenterait de compenser l'impact des ETS grâce à des économies de carburant et en réduisant ses émissions de carbone, ce qui se traduira par des taxes moins lourdes.

"Nous n'écartons toutefois aucune option pour récupérer les coûts supplémentaires", a déclaré Nicholas Ionides dans un courriel adressé à Reuters.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Danielle Rouquié

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