Pas de retour à l'ancienne formule… mais une solution alternative au Lévothyrox ?

L’ANSM a demandé au laboratoire français Serb d’augmenter sa production de L-Thyroxine, une solution buvable contenant la même hormone que le Lévothyrox. Une manière de répondre aux demandes des patients mécontents... et aux 200 000 signataires de la pétition réclamant le retour à l'ancienne formule.

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Pas de retour à l'ancienne formule… mais une solution alternative au Lévothyrox ?

Pas question de revenir à l’ancienne formule. La déclaration de la ministre de la Santé est tombée comme un couperet, anéantissant les espoirs des 200 000 patients réclamant dans une pétition le retour à l’ancien Lévothyrox. Lors d’une conférence de presse le 6 septembre, Agnès Buzyn a toutefois concédé que cette crise était liée à "un défaut d’information".

S’il n’y a pas de retour en arrière prévu du côté des autorités françaises, ni du laboratoire Merck Serono (fabricant le Lévothyrox)… une porte de sortie est toutefois envisagée pour "répondre aux demandes des patients mécontents", indique-t-on du côté de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Et c’est le laboratoire Serb qui pourrait servir d’échappatoire.

La PME familiale française produit en effet la L-Thyroxine, une solution buvable en gouttes, destinée aux enfants de moins de 8 ans et aux les personnes présentant des troubles de la déglutition. "Suite aux premières informations reçues fin août, nous avons pris les mesures nécessaires pour préserver nos stocks afin d’éviter toute pénurie et en parallèle augmenter nos capacités de production. Les prochaines productions seront ainsi disponibles mi-octobre ", raconte Jeremie Urbain, le président de Serb. Les salariés de la PME se livrent d’ailleurs à un travail acharné depuis une semaine pour trouver une réponse adaptée rapidement. Le produit concentre plusieurs complexités (le flacon compte-gouttes, le fait qu’il s’agisse d’une hormone) qui, accumulées, le rende difficile à manier d’un point de vue industriel. "Nous travaillons étroitement avec l’ANSM", ajoute le dirigeant de l’entreprise.

Des importations de médicaments commercialisés au sein d’autres pays de l’UE sont également à l’étude pour permettre la mise à disposition la plus rapide possible sur le territoire français d’autres médicaments à base d’hormones thyroïdiennes.

"Nous sommes désemparés devant ce cortège de symptômes"

Le gendarme du médicament a publié, le 31 août dernier sur son site, un point d’information rappelant que la délivrance de la L-Thyroxine Serb était réservée aux patients pour lesquels il n’y a pas d’alternative à la solution buvable. Informée du report d’utilisation du Levothyrox vers cette forme en solution buvable, l’ANSM craignait une pénurie. En demandant à Serb de monter en cadence dans la production de cette spécialité, l’ANSM espère être en mesure de lever cette restriction spéciale une fois que les stocks adaptés seront constitués.

Les effets secondaires inquiétants observés avec la nouvelle formule du Lévothyrox n’ont pas été observés avec la L-Thyroxine Serb. Et "elle a strictement le même effet puisqu’il s’agit de la même molécule, admet le Dr. Valérie Foussier, endocrinologue et auteur de 'La thyroïde nous en fait voir de toutes les couleurs'. Mais je n’encouragerai pas mes patients à se tourner vers la L-Thyroxine car, pour le moment, cela ne se justifie pas. Nous sommes désemparés devant ce cortège de symptômes - décrits avec le Lévothyrox - que nous n’expliquons pas". Selon la spécialiste, "la molécule ne vient pas d’être découverte, l’excipient non plus… une nouvelle formule pourrait provoquer quelques changements d’équilibre mais ne justifie pas tous les effets secondaires décrits".

L'enquête de pharmacovigilance est actuellement en cours pour la nouvelle formule du Lévothyrox de Merck Serono. Pour le moment, elle n'a pas révélé de problème de sécurité d'emploi, indique l'ANSM qui attend toutefois d'analyser les données consolidées.

Suite à une demande de l’ANSM, le laboratoire Merck a changé la formule de son Lévothyrox, un traitement des maladies thyroïdiennes, prescrit à près de 3 millions de personnes en France. Depuis mi-août, les déclarations d’effets secondaires se sont multipliées. Une pétition signée par plus de 200 000 personnes réclame le retour à l’ancienne formule du Lévothyrox. Une possibilité écartée par la ministre de la Santé et par le laboratoire Merck puisque la nouvelle formule a été développée pour garantir une teneur en substance active plus constante.

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