L'Usine Maroc

Pas de résultats béton pour le ciment marocain en 2012

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Si le niveau de la consommation nationale marocaine de ciment n'a fléchi que de 1,6% sur l'année 2012 par rapport à 2011, ce résultat cache des disparités importantes. L'année 2013 sera plutôt stable selon les chefs d'entreprises du secteur.

Pas de résultats béton pour le ciment marocain en 2012 © cimentsdumaroc.com

Rien ne va plus sur le marché du ciment au Maroc. Selon l'Association Professionnelle des Cimentiers (APC), la consommation nationale de ciment au cours de l'année 2012 a connu le pire au mois d'octobre (-25,47%) et le meilleur en février (+26,98%) traduisant une variation pour le moins destabilisante.

Sur les deux premiers mois de l'année 2013, la baisse cumulée est tout de même alarmante avec un plongeon de -35,62 % par rapport à la même période en 2012.

La production d'habitat a diminué de 4,9 % en 2012, passant de 275 508 unités produites au cours de l’année 2011 contre 259 115  l'année dernière.

Quant au nombre d’unités mises en chantier, il a atteint 419 362 au cours de l’année 2012, contre 473 894 en 2011 soit une diminution de 11,5 % selon le ministère de l'habitat, de l'urbanisme et de la politique de la ville.

Au 31 décembre 2012, 83 822 ménages avaient bénéficié du Fogarim, un prêt immobilier garanti par la Caisse Centrale de Garantie (CCG) en faveur des populations à revenus modestes et/ou non réguliers, pour un montant de 12,48 milliards de dirhams, selon la même source.

En décembre 2012 toujours, le nombre de dossiers garantis dans le cadre du Fogarim s’élèvait à 815 contre 871 en décembre 2011, soit une régression mois à mois de 13,32%.

Les causes de ce recul paraissent nombreuses et variées : baisse des projets immobiliers, retard des marchés publics, lourdeur des procédures, recul du nombre de permis de construire et d’habiter, pouvoir d’achat en berne, défaut de trésorerie pour les entreprises, conditions météorologiques défavorables... Autant de facteurs qui, cumulés, ont eu raison des résultats des groupes cimentiers marocains.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi Lafarge Maroc, filiale du groupe français éponyme (n° 2 mondial), a vu son chiffre d'affaires reculer de 9,4% passant de 5,56 milliards de dirhams en 2011 à 5,04 milliards de dirhams fin 2012. Pour 2013, Lafarge annonce anticiper "une légère progression de la demande nationale de ciment malgré un début d’année peu favorable". Premier cimentier marocain, Lafarge Maroc détient environ 40 % de part de marché.

Ciments du Maroc (Cimar), filiale du groupe italien Italcementi (n° 5 mondial) et second producteur de ciment du pays, a terminé l'année 2012 avec un chiffre d’affaires de 3,6 milliards de dirhams, en baisse de 9,3 %. Il possède 3 usines (Aït Baha, Safi et Marrakech), un centre de broyage (Laâyoune) et un centre d’ensachage (Jorf Lasfar).

Holcim, le cimentier suisse (n°1 mondial) a publié des résultats pour 2012 inférieurs aux prévisions au terme d'un exercice marqué par des conditions de marché variables selon les régions, et s'est dit moins optimiste pour le marché européen en 2013. Holcim Maroc exploite trois cimenteries (Oujda, Fès et Settat), un centre de broyage, d'ensachage et de distribution (Nador) et un centre d'ensachage et de distribution (Casablanca).

Sur tout le secteur, les progrès en productivité réalisés suite aux divers investissements vont très certainement booster l'offre de ciment. Malheureusement, la baisse de la demande constatée sur la plupart des marchés va contrarier cette offre qui ne va pas trouver preneur localement du moins dans les volumes espérés. 

Si ce scénario se réalise, la seule façon de limiter l'impact de cette surproduction et de ne pas provoquer une baisse des prix préjudiciable pour les comptes des entreprises est d'avoir des taux de production forcément modestes par rapport aux capacités et de multiplier les prouesses à l'export vers les pays qui ont les meilleures capacités d'absorption.

La majorité des acteurs de l'industrie manufacturière interrogés par le Haut comissariat au plan (HCP) pensent que le niveau d'activité en 2013 restera stable. Au mieux, il finira sur un très léger rebond des ventes pour les plus optimistes d'entre eux.

Nasser Djama

 

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