Quotidien des Usines

Pas de repreneur pour Prevent Glass

Frédéric Parisot , , , ,

Publié le

Le Tribunal de Commerce de Melun (Seine-et-Marne) a rendu son verdict hier, ,mercredi 9 mai. L’usine Prevent Glass est placée dès à présent en liquidation judiciaire. Les salariés se disent prêts à s'adapter à une nouvelle activité.

Pas de repreneur pour Prevent Glass © Andy Ciordia - Flickr - C.C.

Ils avaient beau s’y être préparés, les 214 salariés de l’usine Prevent Glass de Bagneaux-sur-Loing sont sous le choc. Toutes les actions menées ces derniers mois, notamment auprès des pouvoirs publics, n’auront pas permis de sauver leur entreprise, spécialisée dans le vitrage automobile.

Placée en redressement judiciaire depuis novembre 2011, Prevent Glass avait pourtant bénéficié d’un délai du Tribunal en avril 2011, grâce à l’intervention du ministère de l’industrie qui a demandé au fonds de retournement Alandia d’étudier de nouvelles pistes de reprise. Mais les deux repreneurs potentiels identifiés par Alandia (l’un en Espagne, l’autre en Hongrie) se sont désengagés. Le juge du tribunal de commerce n’a eu  d’autre choix que de prononcer la liquidation de Prevent Glass, avec un maintien d’activité jusqu’au 18 mai.

Volkswagen montré du doigt

Principal client de l’usine avec 75 % du chiffre d’affaires, Volkswagen est montré du doigt. "Le constructeur allemand nous a abandonné du jour au lendemain, explique Eric Boucheron, représentant des salariés et délégué CGT. Quand on représente un poids si important dans l’activité d’un de ses fournisseurs, on se doit de se désengager en respectant des délais raisonnables."

Ce n’est pas le seul reproche que les salariés de Prevent Glass adressent à Volkswagen. Le groupe allemand conduirait depuis plusieurs années une politique de prix extrêmement agressive. "Les baisses de prix à répétition ont précipité notre chute, et elles ont aussi réduit à néant notre capacité d’investissement, s’insurge Pascal Geoffroy, délégué CFDT. Les vitres latérales de la Golf, par exemple, Volkswagen nous les achète environ 6 €. Comment voulez-vous qu’on paye la matière première et les opérations de transformation sur un produit technique à 6 € ?"

Les employés prêts pour une reconversion

De par son activité de transformateur verrier, Prevent Glass est enserré d’un côté par les tarifs des producteurs de verre qui augmentent, et de l’autre par les prix de vente dans l’automobile qui diminuent. Du coup, l’entreprise n’a jamais été rentable (elle perdait même 5 millions d’euros par an depuis trois ans), et les repreneurs successifs ont tous essuyé des échecs (Rio Glass entre 2006 et 2009, Prevent de 2009 à 2011 puis I.C.I. depuis octobre 2011).

Est-ce le modèle économique qui n’était pas viable dès le départ ? Les ouvriers, en tout cas, sont tout à fait prêts à fermer la page du vitrage automobile si un industriel se manifeste avec un projet différent. "Nous avons déjà connu une reconversion en 2006, lorsque nous sommes passés des tubes cathodiques aux vitres automobiles, et nous sommes prêts à nous reconvertir à nouveau, du moment que nous ne perdons pas nos emploi", assure Eric Boucheron.

Avis aux industriels intéressés : il y a à Bagneaux-sur-Loing un site industriel flambant neuf et des salariés motivés…
 

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