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L'Usine Energie

Pas de ministère pour Anne Lauvergeon... mais une poursuite judiciaire

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

Le rachat à grands frais d’Uramin par Areva n’est pas qu’une mauvaise affaire selon la Cour des comptes. Pour les sages de la rue Cambon, il pourrait s’agir d’un délit. La brigade financière a été saisie. Dans son viseur : l’ex-dirigeante d’Areva, Anne Lauvergeon.

Pas de ministère pour Anne Lauvergeon... mais une poursuite judiciaire © tangi_bertin - Flickr - c.c.

Sur demande de la Cour des comptes le 20 février dernier, la brigade financière a ouvert une enquête préliminaire au sujet d’Areva. Révélée par le Monde, l’information a été confirmée par la justice. Il s’agit d’éclaircir les conditions d’achat de la société minière canadienne Uramin pour 1,8 milliard d’euros en 2007. Dans les quatre années qui ont suivi, la société a vu sa valeur divisée par cinq, en raison de réserves d’uranium bien moindres qu’annoncé dans ses mines africaines. Cela avait forcé Areva à enregistrer, début 2012, le premier déficit de son histoire avec une perte de 1,9 milliard d’euros, dont 1,5 milliard de dépréciations d’actifs.

L’enquête portera sur les années 2007 à 2011. En particulier, la Cour des comptes, qui devrait publier en mai un rapport cinglant sur Areva, note, d’une part, que l’Agence des participations de l’Etat a donné son accord à l’achat d’Uramin sur la base d’un dossier tronqué. D’autre part, elle s’étonne que le rachat soit apparu tardivement dans les comptes de la société. Les faits visés sont lourds : "présentation ou publication de comptes inexacts ou infidèles", "diffusion d'informations fausses ou trompeuses" et "faux et usage de faux".

Une escroquerie à la défaveur d’Areva

La première visée par cette enquête est l’ancienne patronne d’Areva, Anne Lauvergeon, qui en a été présidente de 2001 à 2011. La tenue de cette enquête explique d’ailleurs l’absence d’"Atomic Anne" au gouvernement Valls, alors qu’elle y était fortement pressentie et désirée. En 2012, Areva a mené sa propre enquête sur Uramin (dans le même temps, la société était confrontée à une sombre affaire d’espionnage à l’encontre d’Anne Lauvergeon par l’un de ses collaborateurs... au sujet d’Uramin). Les experts mandatés avaient conclu à une escroquerie à la défaveur d’Areva. Le rachat de cette entreprise de droit canadien au prix fort avait été néanmoins pointé comme une erreur de gouvernance. En 2012, la presse sud-africaine évoquait, quant à elle, une forme indirecte de corruption pour favoriser la vente d’EPR dans le pays... même si rien n’a prouvé ces affirmations.

Retour d’heures sombres

C’est un coup dur pour la société leader du nucléaire. La période récente, 2007-2012, a été difficile pour Areva, qui a pâti de menaces récurrentes sur le maintien de sa patronne, des ratés sur l’EPR finlandais, de guerres avec EDF, d’augmentation de capital à moitié menée... En 2013, l’entreprise semblait retrouver des couleurs avec la vente de réacteurs nucléaires au Royaume-Uni, en Turquie, des grands projets dans le traitement des déchets en Chine, mais aussi de belles perspectives dans l’éolien offshore. Alors que les salariés semblaient retrouver de la visibilité malgré la tenue d’un important plan de rigueur, ce sont à nouveau des heures sombres qui s’annoncent pour "le fleuron français" de l’atome.

Ludovic Dupin

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