Partie de poker autour de l’Airbus A400M

Négociations de plus en plus crispées sur l’A400M. Alors qu’Airbus met la pression sur les pays clients, Hervé Morin indique que la France est prête à payer une partie des surcoûts, mais pas seule.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Partie de poker autour de l’Airbus A400M

Ce matin, le quotidien Financial Times Deutschland (FTD) rapportait des propos qui auraient été tenus fin décembre lors d’un repas de Noël de la direction par Thomas Enders. Le patron d’Airbus aurait déclaré qu’il ne « croyait plus à une poursuite » de ce programme à 20 milliards d’euros pour 180 exemplaires. Et aurait commencé à préparer son abandon, avec notamment une liste d’ingénieurs qui seraient réaffecté de l’appareil de transport militaire vers l’A380 et l’A350. D’après le FTD, il estimerait les chances de succès des négociations à seulement 50 % et ne serait « pas prêt à mettre en danger le segment aviation civile, qui se comporte bien ». Une façon de mettre la pression sur les pays clients afin qu’ils acceptent de mettre la main à la poche pour couvrir une partie des surcoûts, alors qu’EADS a déjà provisionné 2,4 milliards d’euros.

« Nous avons besoin d'une décision aussi vite que possible », a déclaré dans la matinée un porte-parole de l’avionneur européen interrogé par l’AFP, ajoutant qu’il espérait la conclusion positive des discussions d’ici à fin janvier. Refusant de commenter l’hypothèse d’un abandon de l’A400M, il a rappelé une déclaration dans Der Spiegel (fin mars 2009) de Tom Enders qui préférait « une fin qui provoque des cris d'orfraie, que des cris d'orfraie sans fin ».

Pas de pénalités de retard, mais un accord à trouver sur les surcoûts

De son côté, le ministre français de la Défense a répété sur la radio BFM « ne pas envisager » l’arrêt du programme, pas plus qu’il n’envisage que les contribuables européens paient la totalité de la nouvelle facture, évaluée à environ 5 milliards d’euros. « La France est prête à en payer une partie, mais la France n'est pas toute seule », a affirmé Hervé Morin, précisant que le principal blocage provenait de Berlin. Le ministre a d’ailleurs estimé que les propos d’Enders étaient destinés au gouvernement allemand – le ministère allemand de la Défense a réaffirmé dans la journée son souhait de poursuivre le programme et d’arriver à un accord avant du mois. En ce qui concerne les pénalités de retard, « les Etats ont indiqué qu'ils étaient prêts à effacer tout cela […] Il nous reste maintenant à trouver une clé de répartition entre ce que les Etats pourraient faire comme effort supplémentaire et ce qu'EADS doit prendre à leur charge », à propos des surcoûts.

Alors qu’après le succès du premier vol (le 11 décembre), un accord était attendu avant le nouvel an, une énième réunion des ministres de la Défense concernés par l’A400M devrait se tenir mi-janvier, dans l’espoir de conclure cette négociation marathon avant fin janvier.

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
NEWSLETTER Aéro et Défense
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS