Partage des profits : J-2 mois ?

Le directeur général de l'Insee, Jean-Philippe Cotis, a remis son rapport sur le partage des profits au président de la République. Ce dernier souhaite attendre les propositions des syndicats pour le 15 juillet. Pour le rapporteur, la situation est délica

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Partage des profits : J-2 mois ?
Le rapport sur le partage de la valeur ajoutée, le partage des profits et les écarts de rémunération du directeur général de l'Insee a été remis mercredi 13 mai au président de la République Nicolas Sarkozy. Ce dernier a demandé aux partenaires sociaux qui ont participé à la rédaction du document de lui faire des propositions sur le partage des profits d'ici au 15 juillet.

Le président de la République avait un temps évoqué une répartition en trois parts égales des profits entre salaires, investissement et dividendes. Si l'idée de trois tiers identiques semble abandonnée, la volonté d'intervenir semble rester d'actualité. Pour l'exécutif, il n'est pas question de rester inerte sur la question du pouvoir d'achat, un des thèmes majeurs de la campagne électorale de 2007. En tout cas, qu'il ne compte pas sur le directeur général de l'Insee pour lui faire des propositions. Présentant son rapport à la presse, Jean-Philippe Cotis est resté d'une totale neutralité, refusant d'indiquer un début de commencement d'hypothèse en matière de répartition des revenus, un commentaire qui sortirait sans nul doute du cadre de sa fonction.

De moins en moins de grain à moudre

Toutefois, le directeur général de l'Insee a rappelé que la masse salariale (le produit des salaires par le nombre de salariés) avait augmenté sensiblement. Toutefois, la croissance du salaire moyen marque le pas : les fortes créations d'emplois sont avant tout des postes à faible qualification, et, ou, avec faible durée du travail annuelle.

De manière plus globale, il a insisté sur le déficit de gains de productivité, « L'économie français n'innove pas assez. Elle n'est pas assez dynamique, a-t-il indiqué en substance. L'assiette est tellement contrainte que les conflits de répartition sont inévitables ».
Autrement dit, le surplus distribuable une fois tous les salariés et investisseurs(ndr : les actionnaires) payés - le fameux grain à moudre - est passé de 2,3 % du PIB dans les années 80 à 0,7 % du PIB depuis les années 90. Une division par 3 ! Sachant que dans le même temps, le rapport constate la hausse des revenus salariaux les plus élevés sans parler des stock options, les marges de manœuvre pour augmenter les revenus moyens se sont réduites... comme une peau de chagrin.

Christophe Bys

Lire aussi :

https://www.usinenouvelle.com/emploi/salaires-7/partage-des-revenus-la-portion-congrue-pour-les-salaries.2511.html

Premières réactions syndicales

Pour la CFE CGC, la nécessité est d'agir contre la précarisation de l'emploi et de développer l'épargne salariale dans les PME. Le syndicat des cadres préconise même « l'interdiction de distribution de dividende s'il n'y a pas simultanément distribution de participation aux bénéfices ou de distribution d'intéressement ».

Pour sa part, la CGPME insiste : le coût de la protection sociale a « confisqué » une partie de la richesse créée. En conséquence, l'organisation propose un élargissement de la base de la protection sociale (qui aujourd'hui, hors CSG et CRDS, repose surtout sur les salaires et la maîtrise des dépenses en ce domaine).

Laurence Parisot, la présidente du Medef, a pour sa part surtout noté la stabilité de la part de la valeur ajoutée qui échoit aux salariés. Elle a aussi proposé de fusionner l'intéressement et la participation dans les entreprises de moins de 250 salariés, une mesure qui permettrait, à l'en croire, de dynamiser les salaires. Concernant la hausse des très hauts salaires, elle a précisé : « cela concerne 13 000 personnes, et seulement 15 % sont des dirigeants d'entreprises ».

CB

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