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Parrot, la PME qui voulait tout débrancher

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Numéro un mondial des kits mains libres pour l'automobile, Parrot commence à déployer sa technologie vers d’autres produits grand public.

Parrot, la PME qui voulait tout débrancher © Mohamed Khalfi

Tous les automobilistes accrocs du téléphone au volant connaissent les produits Parrot, le leader mondial des kits mains libres. Mais c’est son dernier-né, pas encore commercialisé, qui l’aura propulsé sur le devant de la scène médiatique: l’AR.Drone. Cet hélicoptère, radiocommandé depuis un iPhone, fut la vedette du salon de l’électronique grand public, le CES de Las Vegas en janvier dernier.

Cette innovation n’est pas un accident de parcours ou une lubie d’Henri Seydoux, le PDG de cette PME francilienne. Bien au contraire! Le drone, qui devrait être commercialisé à la fin de l’année, utilise des technologies mises au point par Parrot dans le cadre de son activité historique. « Une société high-tech comme la nôtre doit être innovante, explique le fondateur de Parrot. Nous devons prendre des risques et persévérer. Mais aussi développer nos propres idées pour mettre au point des produits originaux. »

Fiche d'identité

> Date de création 1994 à Paris
> Actionnariat Henri Seydoux, Seventure, MMA Finance, Mn Services
> Activité Electronique grand public
> Chiffre d’affaires 2009 168,5 millions d’euros
> Résultat net9,6 millions d'euros
> Effectif450,dont 150 ingénieurs

Persévérer,mais ne pas s’entêter. Pour se diversifier, tout en s’appuyant sur le savoir-faire de l’entreprise dans les domaines de la mobilité et des connexions sans fil, Henri Seydoux avait d’abord mis au point une voiture radiocommandée par liaison Bluetooth. Le projet n’a pas dépassé le stade du prototype, faute de perspectives commerciales.

Favoriser les ambitions commerciales

Serial entrepreneur, le fils de Jérôme Seydoux a appris à lâcher prise avant de trouver la bonne idée. Elle s’imposera en 1994 avec le développement de la téléphonie cellulaire. Après avoir lancé un agenda électronique à reconnaissance vocale, le jeune PDG met au point un kit mains libres pour l’automobile en 1998, qui demeure filaire jusqu’au développement du système Bluetooth. En pariant, en 2001, sur cette technologie de liaison sans fil, Parrot décolle enfin et devient bénéficiaire dès 2002.

Aujourd’hui, malgré la banalisation des technologies et la présence de nombreux concurrents, les kits mains libres de la marque au perroquet continuent de faire la différence par leur simplicité et leur qualité sonore. Parrot emploie de nombreux ingénieurs, « mais le fait que je n’en sois pas un me protège aussi, précise Henri Seydoux. J’ai des objectifs d’entreprise, avec des ambitions commerciales. »

Ces ambitions, il les a d’ailleurs portées dès le départ sur les marchés étrangers. « C’est une chance de ce métier, souligne-t-il simplement. Le secteur du high-tech connaît une concurrence forte. Un bon produit peut être défini par des critères objectifs, avec des qualités qui peuvent se mesurer. Mais il faut d’emblée être international et très ouvert. » Pour s’imposer rapidement, le nom de l’entreprise est anglo-saxon et des filiales sont ouvertes assez tôt. En Espagne d’abord, puis en Italie, au Royaume- Uni, en Allemagne, aux Etats-Unis et en Chine, avec un bureau à Hongkong et une implantation à Shenzhen pour les achats et le suivi de la fabrication, qui est sous-traitée.

Henri Seydoux a l'expérience de plusieurs lancements de start-up. En sachant prendre des risques sur l'innovation, et non sur la gestion, il a assuré la réussite de l'entreprise Parrot, reconnue internationalement.



Intensifier encore la R&D

Pour le reste, Parrot repose sur une intégration verticale, afin de maîtriser l’ensemble des éléments. Le design des processeurs est réalisé en interne, à partir d’un coeur ARM. Cette intégration permet aussi de jouer sur les synergies entre l’activité d’équipementier pour les industriels de l’automobile et celle de fabricant de produits grand public. Si la première ne représente que 16% du chiffre d’affaires, elle permet de réaliser de gros volumes (3 millions de solutions vendues), qui aident à faire baisser les coûts. Quant aux produits grand public (2 millions d’exemplaires), ils servent de démonstrateurs au moment de la négociation avec un acheteur de l’industrie automobile. L’avenir de l’entreprise est déjà largement esquissé. Des diversifications, toujours sur des produits à base de technologies sans fil, sont en cours. Parrot a lancé des cadres photo haut de gamme (sur lesquels on peut envoyer des photos à distance) et des enceintes audio à amplificateur intégré dessinées par Philippe Starck. Et les efforts en R&Dne faiblissent pas. Ce budget a encore augmenté en 2009, pour représenter 14,1%du chiffre d’affaires, malgré la baisse des ventes qu’a connu le secteur automobile. Environ 15% de ces 23,8 millions d’euros sont consacrés à l’élaboration de produits « complètement innovants ».

Bénéficiaire depuis 2002, entrée en Bourse en 2006, Parrot a la caractéristique de n'avoir aucune dette et d’autofinancer son développement. « Il faut prendre des risques dans le domaine de l’investissement, mais être conservateur dans sa gestion », justifie Henri Seydoux. A 51 ans, il n’envisage pas encore sa succession. Le dynamique patron s’amuse trop avec ses dernières créations. Le maniement de l’AR. drone à partir d’un iPhone n’a aucun secret pour lui...

Patrice Desmedt

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