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Paris entre dans l’âge du Faire

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La première édition parisienne du Maker Faire a accueilli 120 exposants et attiré 7 500 visiteurs. Les "makers", comme on les appelle outre-Atlantique, prouvent que faire, c’est possible.

Paris entre dans l’âge du Faire

Ils sont une cinquantaine, plutôt jeunes, à attendre l’ouverture des portes du Centquatre, ce samedi 21 juin. L’espace culturel branché du XIXe arrondissement de Paris accueille, à l’occasion de Futur en Seine, le premier Maker Faire organisé dans la capitale. Le concept est né il y a huit ans en Californie, où utopie communautaire et sens du business sont inextricablement liés. Le principe : réunir les "makers", ceux qui, comme leur nom l’indique, font. Sans sectarisme : le Maker Faire accueille un large éventail d’exposants allant du professionnel de l’origami à Drawn, un fabricant de meubles grâce à une super-imprimante 3 D [lire page 18]. On trouve même une entreprise commercialisant des stylos 3 D pour dessiner dans l’espace, le robot InMoov, des projets artistiques (comme l’installation interactive "Wall of rain" de Charles Bail) ou encore un concours de robots programmés… Le tout forme un grand bazar éphémère gonflé à l’optimisme. Et rassemble de "l’artisan au spécialiste de la high-tech", résume Jason Medal-Katz, conservateur à la galerie d’Autodesk, l’éditeur de logiciels.

L’événement a attiré 7 500 visiteurs, la secrétaire d’État Fleur Pellerin et le designer Philippe Starck compris. On est loin du million et demi de visiteurs des autres foires dans le monde en 2013. Mais pour Bertier Luyt, le fondateur de FabShop (fournisseur d’imprimantes 3 D) et organisateur du Maker Faire parisien, l’essentiel est ailleurs. "Les 120 exposants peuvent partager leurs expériences avec des industriels venus à titre personnel, mais aussi avec le grand public", insiste-t-il.

Une prothèse de main open source

Au-delà des étudiants geeks et des experts en découpe laser, imprimantes 3 D ou robots, beaucoup de familles sont présentes au Centquatre. Sur le stand de Leroy Merlin, seule entreprise française à avoir soutenu financièrement l’événement, parents et enfants s’initient ainsi au maniement du fer à souder à l’étain, pour réaliser un pin’s de la mascotte du Maker Faire, un petit robot rouge avec des LED à la place des yeux. Tous repartent fiers d’avoir fait quelque chose de leurs mains. "C’est rare une manifestation intéressante à la fois pour les petits et les grands", s’emballe une visiteuse. Elle accompagne son filleul Joseph, 5 ans, un blondinet fasciné par une imprimante qui fonctionne avec un stylo et qui réalise le dessin d’un dinosaure à partir d’un fichier vectoriel. "Mon projet est modeste, explique son inventeur, Benjamin Poilvé, étudiant à l’Ensci. Je voulais montrer quelque chose de facile à fabriquer, mais qui repense la manière de tracer."

Tandis que les enfants testent les technologies qui s’offrent à eux, les plus âgés vont de stand en stand pour imaginer et comprendre ce que sera peut-être le monde de demain. Sur une scène dressée pour l’occasion au fond du Centquatre, les présentations de projets se succèdent. MyHumanKit, porté par Nicolas Huchet, rencontre un joli succès. Outre son évident charisme, le jeune homme amputé d’une main prouve que faire, c’est possible. Avec les makers, il a réussi à mettre au point une prothèse de main open source. Et il ne compte pas s’arrêter là. Il voudrait créer, à terme, des prothèses de main à un prix abordable pour les pays du Sud. Un peu plus tôt, sur son stand, il expliquait avoir reçu la veille au soir des plans d’une main développée par des étudiants guatémaltèques proposant une solution intéressante pour le mouvement du pouce. Déjà, les imprimantes 3 D chauffent et produisent les pièces nécessaires. Car, entre deux manifestations, la communauté des makers continue de travailler, forte des liens tissés lors de ces rassemblements. Comme le dit Nicolas Huchet : "Ce ne sont pas les muscles qui font la force, mais l’union."

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