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L'Usine Energie

Paris chauffe une piscine municipale grâce à la chaleur des égouts

Pierre Monnier , , ,

Publié le

Depuis 10 mois, la piscine municipale Aspirant Dunand à Paris est chauffée grâce aux égoûts. A la clé, une économie énergétique de 50%. Grâce à une simple pompe à chaleur, Suez propose de récupérer la chaleur des eaux usées vers des infrastructures. Un enjeu crucial dans le défi de la transition énergétique.

Paris chauffe une piscine municipale grâce à la chaleur des égouts
130 000 personnes se baignent chaque année dans la piscine Aspirant Dunand.
© Pierre Monnier / L'Usine Nouvelle

Une vingtaine de bonnets font des longueurs dans la piscine Aspirant Dunand. Aux côtés des adultes, des bambins apprennent à nager dans une ligne d’eau dédiée. Le tout se déroule dans un joyeux brouhaha. Rien d’inhabituel pour un mercredi dans ce bassin du XIVe arrondissement de Paris. Pourtant, à la sortie des vestiaires, les nageurs se retrouvent nez-à-nez avec une demi-douzaine d’élus parisiens. Interloqués, ils le sont d’autant plus lorsque la question claque : "Saviez-vous que l’eau de la piscine est chauffée par les égouts ?"

"Personne ne s’est aperçu de rien", assure Thierry Belhout, le directeur de la piscine Aspirant Dunand. Car malgré son inauguration tardive, le 5 octobre, les baigneurs profitent du dispositif depuis décembre 2015. Créé et installé par la division Eau de Suez France, la solution « Degrés bleus » permet de capter la chaleur des eaux usées afin d’alimenter une pompe à chaleur. Le résultat est immédiat : "la facture énergétique a été divisée par deux", constate le directeur.

Une première à Paris

Cette démarche s’inscrit dans le plan climat de la ville de Paris qui prévoit une réduction de 25% de la consommation d’énergie et des gaz à effet de serre en 2020, par rapport à 2004. Pour Célia Blauel, l’adjointe à la maire de Paris en charge de l’environnement, "l’avenir se situe dans une nouvelle logique d’interactions entre les différents réseaux". Car en plus de réduire le besoin d’énergie, "cette installation permet une diminution de 30% des émissions de gaz à effet de serre", avance l’adjointe.

C’est la première fois qu’une piscine parisienne s’équipe d’un tel dispositif. Mais le système "Degrés bleus" est loin d’être une nouveauté. "C’est notre douzième projet en France", précise Bertrand Camus, le directeur général de la division Eau de Suez France. "Le premier avait été mené à Levallois-Perret entre 2009 et 2010." Il s’agissait également de chauffer une piscine dans la ville des Hauts-de-Seine, mais Bertrand Camus confirme qu’un "système de ce type peut chauffer tous types de bâtiments".

Une expérience similaire avait d’ailleurs été menée pour chauffer l’école Wattignies du XIIe arrondissement de Paris. Les résultats de performances n’ont pas été concluants à cause du manque de régularité dans la chauffe du bâtiment. "Les bassins d’une piscine doivent être chauffés en permanence et la chaleur des eaux usées est constante", détaille Anne-Gaëlle Baptiste, la chargée de mission sur la transition énergétique et l’innovation à la Mairie de Paris. "Cette fois, le rendement est optimal."

Pour s’en rendre compte, il faut descendre au sous-sol de la piscine Aspirant Dunand. Une fois sous le bassin, il est possible de suivre le cheminement des tuyaux qui relie les égouts et la piscine. Mais il n’est pas question de nager au milieu des eaux de machine à laver, de lave-vaisselle ou de baignoire. "Les deux réseaux ne sont bien évidemment pas en contact", rassure Célia Blauel.

400 000 euros investis

Pour parcourir les 350 mètres qui séparent le point de captation de chaleur et la piscine, des échangeurs ont été disposés dans le fond des égouts. Ce sont des sortes de plaques de métal au contact desquelles un liquide caloporteur capte la chaleur des eaux usées, qui stagnent toute l’année entre 13 et 20 degrés. Le liquide caloporteur fait ensuite une boucle au sein d’un circuit fermé qui l’amènera jusqu’à la pompe à chaleur dans le sous-sol de la piscine. "Le liquide perd environ 5 degrés entre son entrée et sa sortie de la pompe à chaleur", explique Bertrand Camus. "Le coefficient de performance est de 3,5 à 4, ce qui permet de ressortir une eau entre 45 et 50 degrés." Une eau qui rempliera les immenses ballons destinés aussi bien au bassin qu’aux sanitaires.


Le circuit fermé faisant la liaison entre les égouts et la piscine est fixé au mur.

Au total, le coût complet de l’installation s’élève à 400 000 euros, dont 35% seront pris en charge par l’Ademe, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. Une somme rentabilisée sur 8 à 9 ans, "un délai qui n’est pas aberrant" pour le dirigeant de Suez France.

Après dix mois d’utilisation, le système semble convaincre. Deux installations du même type sont déjà prévues dans la capitale. L’un au bassin école de la Grange-aux-belles dans le Xe arrondissement, l’autre sur la piscine des amiraux dans le XVIIIe arrondissement.

 

Chauffer les piscines autrement
Dans le cadre du plan "Nager à Paris", 104 mesures ont été adoptées pour investir 150 millions d’euros dans la modernisation et la création de nouvelles piscines. Le plan comprend une partie réservée à l’écologie et vise à réduire consommation d’énergie et émission de gaz à effet de serre. L’enceinte de la Butte-aux-cailles, dans le XIIIe arrondissement est donc chauffée grâce aux serveurs de la start-up Stimergy, installés dans les sous-sols du bâtiment. Deux nouvelles structures vont elles utiliser l’énergie solaire pour maintenir la température de leurs bassins. Au sein du centre sportif Elisabeth dans le XIVe arrondissement, 40% de l’énergie utilisée proviendra de récupération d’énergie ou de production d’énergie renouvelable (solaire + utilisation réseau de chauffage urbain). Rue Serpollet, dans le XXe arrondissement, 31% de l’énergie sera produite grâce à de la récupération d’énergie ou de la production d’énergie solaire.

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