Paris Berlin, les raisons d'une divergence

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Paris Berlin, les raisons d'une divergence

Décidément, la conjoncture est contradictoire des deux côtés du Rhin. Les explications psychologiques qui voient dans les caractères comparés du président et de la chancelière les raisons de désaccord, ont sûrement une part de vérité. Reste que plus fondamentalement il existe des raisons pour lesquelles on ne raisonne pas de la même façon selon que l’on se trouve au bord de la Spree ou de la Seine.

La preuve par le marché de l’emploi allemand. Fin juin, le nombre de chômeurs avait reculé de près de 90 000 par rapport au mois précédent, le taux de chômage n’étant que de 7,5 %. Le mouvement est général : l’intérim a augmenté de plus de 20 % à la fin du premier trimestre.

Un tel dynamisme est proportionnel à l’ampleur de la récession connue par l’Allemagne en 2009, où la production a reculé de 5 % ! Le rebond est donc plus ample. Véritable machine à exporter, l’Allemagne a aussi davantage profité du changement de conjoncture mondiale.

A titre de comparaison, rappelons que l’emploi intérimaire n’a cru que de 10 % entre janvier et mai 2010 en France, selon les données du syndicat professionnel du secteur, le Prisme.

Changer les anticipations

Dans un tel contexte, Angela Merckel peut annoncer un plan de rigueur de 80 milliards d’euros sur 4 ans, elle peut s’appuyer sur des consommateurs qui retrouvent le sourire, rassurés qu’ils sont sur les perspectives d’emplois.

A l’inverse, les réductions de dépenses publiques prévues en France sont source d’angoisse pour des consommateurs, déjà inquiets avant la crise pour leur pouvoir d’achat. A cet égard, le joli néologisme inventé par Christine Lagarde, la « rilance », pour désigner une politique qui conjuguerait à la fois rigueur et relance, pourrait être davantage qu’une formule. Si le gouvernement français réussit ce pari, il aura trouvé une sorte de martingale. Pour cela, il faudrait que la baisse des dépenses publiques et la hausse prévisible de certains impôts (le coup de rabot sur les niches fiscales, répétons-le, constitue une hausse d’impôt qui ne dit pas son nom) n’entrave pas le comportement dépensier du secteur privé. Que rassurés par la perspective d’un Etat moins endetté et moins dépensier, les Français retrouvent le chemin des centres commerciaux et préfèrent sortir leur carte de paiement, plutôt que de regarder sur Internet le montant d’épargne accumulée au cas où... Un redressement du marché du travail serait sûrement davantage de nature à inciter les consommateurs à dépenser et les entreprises à investir. En attendant, Christine Lagarde, la ministre de l’Economie n’exclut pas de revoir à la baisse la prévision de croissance pour 2011...

Et l’Europe ?

A Aix-en Provence, où ils se réunissent chaque année, les experts du Cercle des Economistes se sont prononcés en faveur d’un grand emprunt européen. Les sommes ainsi mobilisées pourraient servir à investir dans l’innovation ou les technologies vertes. Car s’il convient de réduire les dépenses de fonctionnement de l’Etat à court terme, il importe aussi de préparer l’avenir, pour augmenter ce que les économistes appellent la croissance potentielle, c’est-à-dire la progression de l’activité que peut espérer une zone donnée étant donnée ses dotations en capital et en main d’œuvre.

Les gouvernements européens semblent d’accord sur la partie « réduction des dépenses », au risque, selon de plus en plus d’experts, de provoquer une récession. Il serait souhaitable qu’ils se mobilisent au plus vite pour un ambitieux plan d’investissement pour l’avenir. Une telle mesure pourrait redonner aux citoyens européens confiance dans leur modèle économique et social. Ce pourrait être le fameux moyen de créer la fameuse « rilance » : demander des efforts aujourd’hui, mais en indiquant l’objectif à poursuivre. Tout autant que dans la réduction des déficits abyssaux, l’urgence est là.

Christophe Bys

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