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L'Usine de l'Energie

Paquet climat-énergie : les industriels ont-ils été entendus par la Commission européenne ?

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Quatorze entreprises fortement consommatrices d’énergie ont écrit au président de la Commission européenne pour peser sur la discussion sur le paquet climat-énergie 2030, adopté ce mercredi 22 janvier. Leur lobbying a partiellement fonctionné…

Paquet climat-énergie : les industriels ont-ils été entendus par la Commission européenne ? © D.R.

Ce mercredi 22 janvier, la Commission européenne a rendu ses recommandations sur le Paquet climat-énergie 2030. Pour les industriels concernés, pas question d’être exclus du débat. Se disant "inquiets de leur futur immédiat et de long terme en Europe", quatorze dirigeants d’entreprises fortement consommatrices d'énergie (les français Air Liquide, Total, Lafarge, le belge Solvay, mais aussi BASF, Arcelor Mittal ou Dow) avaient envoyé en amont une lettre commune au président de la Commission, Jose Manuel Barroso. Objectif : préserver la compétitivité et la croissance de l’industrie européenne.

"Ce n'est pas courant que, hors de toute organisation, les patrons de quatorze très grands groupes industriels, représentant plus de 300 milliards d’euros de chiffre d’affaires et plus de 200 000 emplois en Europe, prennent la parole de cette manière", confie Jean-Pierre Clamadieu, PDG de Solvay. Car l’heure est grave, selon lui. Dénonçant "l'absence de véritable politique européenne de l'énergie, le développement déraisonnable des énergies renouvelable et une politique européenne de lutte contre le changement climatique qui ne tient pas compte de ce qui se passe hors de nos frontières (USA, Chine)".

Des objectifs toujours ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre

José Manuel Barroso dit avoir entendu l’appel de l’industrie. "Il est dans l'intérêt de l'Union européenne de créer une économie génératrice d'emplois qui soit moins dépendante de l'énergie importée, en améliorant l'efficacité énergétique et en ayant davantage recours à l'énergie propre produite dans l'UE." Reste que, dans leur lettre, les industriels avaient émis quatre recommandations. Dont la fixation d’un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) "réaliste", couplé à un objectif de croissance industrielle.

Pas sûr qu’ils soient convaincus par Bruxelles, qui prône une baisse de 40 % des émissions de GES par rapport au niveau de 1990, et de porter à au moins 27 % la part des énergies renouvelables. "Cela garantit la stabilité aux investisseurs, stimule les emplois verts et soutient notre sécurité d'approvisionnement", affirme José Manuel Barroso.

Des progrès sur le gaz de schiste

Autre demande : ne pas faire peser le coût de la transition énergétique sur les industriels. La Commission européenne promet "d'importants avantages en ce qui concerne la balance commerciale pour les produits énergétiques, le recours à des sources d'énergie autochtones, l’emploi et la croissance". Mais estime "qu’il faudra peut-être que les efforts de l'industrie européenne en matière d'efficacité énergétique aillent encore plus loin, compte tenu des limites physiques, étant donné que les concurrents font la même chose et que l’industrie européenne décide d’investir à l’étranger pour se rapprocher des marchés en expansion".

Pour les quatorze signataires, il ne faut négliger aucune source d'énergie dans le mix énergétique, y compris le gaz de schiste. Ils ont été entendus : la Commission a adopté une recommandation laissant la voie libre à l'exploitation du gaz de schiste en Europe, à condition de respecter des "principes communs" minimaux, notamment sanitaires et environnementaux.

Leur dernière revendication ? Ne pas toucher à l’ETS (le système d’échange de quotas d’émissions de CO2) d’ici à 2020, et allouer à l’industrie une compensation complète de ses émissions directes et indirectes jusqu'à 2030. Réponse de Bruxelles : une proposition législative concernant une réserve de stabilité du marché pour l’ETS, qui devrait être opérationnelle à partir de 2021. Prochaine étape, l’examen du texte par le Conseil européen, les 20 et 21 mars.

Gaëlle Fleitour

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