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L'Usine Matières premières

Paprec et LSDH s’allient pour recycler les bouteilles de lait en PET opaque

Laurent Rousselle , ,

Publié le , mis à jour le 07/07/2017 À 11H48

Grâce à une co-entreprise entre l'embouteilleur LSDH et le recycleur Paprec, une filière voit le jour pour fabriquer en boucle de nouvelles bouteilles de lait en PET opaque à partir de bouteilles recyclées.

Paprec et LSDH s’allient pour recycler les bouteilles de lait en PET opaque
Paprec et LSDH s'allient pour fabriquer des bouteilles de lait en PET opaque à partir de bouteilles post-consommation.
© http://maxpixel.freegreatpicture.com/CC

Le recycleur Paprec et l’embouteilleur la Laiterie de Saint-Denis de l’Hôtel (LSDH) ont annoncé, jeudi 6 juillet, la création d'une joint-venture qui pose les jalons d’une filière dédiée au recyclage et à la valorisation du PET opaque. Objectif : rendre possible le bottle to bottle, c’est-à-dire la fabrication de bouteilles de lait en PET opaque à partir de bouteilles post-consommation. Une première, dont l’ambition passe d’abord par la mise en place d’un process et ensuite par l’acceptation de ce produit par le consommateur. Le distributeur Carrefour, qui a pris part au projet, s’est engagé à lui offrir de la visibilité dès que l’ensemble des contrôles sanitaires auront été validés. "Nous allons assumer face au consommateur, prévient Emmanuel Vasseneix, président du groupe LSDH. Nous allons afficher l’économie circulaire, expliquer les tenants et les aboutissants de ces nouvelles bouteilles qui mélangent matières vierge et recyclée. Ce sera à lui de nous dire si notre démarche a du sens." Ces futures bouteilles grises doivent intégrer 50% de matière recyclée.

Monter en puissance

Actuellement en phase de validation du process industriel, la joint-venture vise, jusqu’à la fin l’année, à améliorer l’étape de sur-tri qui se déroule dans l’usine de Paprec Trivalo en Bretagne. Opérationnelle depuis juin 2016, elle a représenté un investissement de 22 millions d’euros et permet de trier 60 000 tonnes par an. C’est là qu’est séparé le PET foncé de l’opaque. Ce dernier est ensuite livré au site de regénération France Plasturgie Recyclage, dont Paprec a la gestion. Régénéré sous forme de granules, le plastique est ensuite transformé en préforme avant d’être soufflé pour devenir une bouteille de lait. La boucle est bouclée. Si seulement quelques tonnes ont été produites à ce jour, le process doit devenir pleinement opérationnel début 2018. Une bonne nouvelle pour les industriels et pour l’environnement. Mais également dans la droite ligne des annonces du Premier ministre, Edouard Philippe, qui a annoncé il y a quelques jours un objectif de 100% des plastiques recyclés en 2025.

Un pour tous, tous pour le PET opaque

La co-entreprise voulue par Paprec, troisième groupe de recyclage en France, et LSDH, qui embouteille 4000 des 6000 tonnes de bouteilles de lait en PET opaque que représente le marché français, doit avoir valeur d’exemple, envoyer des signes positifs et surtout rassurer. "La filière en boucle fermée que nous ambitionnons de développer garantit une capacité pérenne à utiliser le matériau dans une application valorisante, a indiqué Sébastien Petithuguenin, directeur général de Paprec recyclage. Le développement de cette nouvelle filière repose sur une technique de pointe que nous maîtrisons dans nos usines et sur la confiance de l’ensemble des acteurs de la chaîne, de la conception à la distribution."

Outre Carrefour, la nouvelle société a noué des partenariats avec la laiterie Saint-Père, et avec des fabricants de préformes (les mini-bouteilles en forme d'éprouvette à partir desquelles les bouteilles sont soufflées) tels que PDG plastiques et SGT. Elle a également répondu à un appel à projet lancé par Eco-Emballages pour la création d’un pilote permettant de valider la viabilité technique et économique de ce projet à l’échelle nationale.

Un matériau qui divise

Apparu en France en 2009, ce polyethylène téréphtalate (PET) auquel est ajoutée une - ou plusieurs - couche d’opacifiant pour protéger le contenant de la lumière, est rapidement apprécié des industriels pour sa légèreté, son esthétisme, et aussi parce qu'il dispense d'ajouter un opercule en aluminium pour fermer la bouteille de façon étanche. Cerise sur le gâteau, il requiert moins d’eau, d’énergie et coûte 20 à 30% moins cher que les emballages habituels en PEHD.

Mais derrière les performances techniques et ce coût plus abordable, il y a une contrepartie : l’emballage est difficile à trier et donc à recycler, alors qu'il existe des filières de recyclage performantes pour le PEHD utilisé jusque-là, ainsi que pour le PET cristal et, dans une moindre mesure, coloré (comme celui des bouteilles d’eaux gazeuses). "La nouvelle matière première obtenue est utilisée suivant le matériau et sa couleur pour fabriquer textiles, bouteilles et tubes ou être réinjectée dans de nouvelles pièces en  plastique", selon Paprec. "Le recyclage était dans l'impasse avec la montée en puissance du PET opaque dans le flux des emballages. Les opacifiants utilisés dans le PET opaque ne permettent pas de l'intégrer dans les filières de transformation de plasturgie existantes pour le PET coloré. En effet, ils ne répondent pas au besoin de transparence pour les applications emballages et rendent inutilisable la fibre textile, car elle devient cassante. " explique Sébastien Petithuguenin.

Or les emballages en PET opaque sont de plus en plus nombreux. Selon l'éco-organisme Eco-emballages, 10 000 tonnes sont actuellement utilisées, notamment par les secteurs laitiers mais aussi ceux des jus de fruits ou encore de l’hygiène et du bricolage. Dans les centres de tri, leur présence inquiète. Les associations environnementales tirent depuis plus d’un an la sonnette d’alarme, dénonçant un produit qui perturbe le recyclage des autres bouteilles. Depuis le 22 avril, un décret paru au Journal officiel annonce qu’un malus sera supporté par les industriels qui utilisent ce matériau sans le recycler de manière adéquate.

Un malus auquel devrait échapper LSDH. '"Après réalisation de préformes par un de nos fournisseurs, nous allons refaire de nouvelles bouteilles à partir de celles récupérées dans la collecte sélective. Nos bouteilles de lait auront ainsi une seconde vie : il s'agit là d'un réel cercle vertueux, emblématique de l'économie circulaire complète que nous avons l'ambition de construire », précise Emmanuel Vasseneix, président du groupe LSDH.

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