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PAPIERVente forcée à Orléans pour Kimberly-ClarkEn surcapacité de production depuis sa fusion avec Scott, le géant texan doit supprimer 18 usines dans le monde. A Orléans, il est contraint de vendre son site ultramoderne à son principal concurrent, Procter&Gamble.

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Vente forcée à Orléans pour Kimberly-Clark

En surcapacité de production depuis sa fusion avec Scott, le géant texan doit supprimer 18 usines dans le monde. A Orléans, il est contraint de vendre son site ultramoderne à son principal concurrent, Procter&Gamble.



C'est l'un des plus gros rachats dans le secteur des biens de consommation de ce printemps. D'ici peu, Kimberly-Clark va céder l'une de ses plus modernes usines à son principal concurrent. " Une lettre d'intention de cession de notre site d'Orléans a été signé début avril avec Procter & Gamble, " confirme Jean-Marie Kerzak, patron de Kimberly-Clark France. Wayne Sanders, le grand patron du groupe texan, a tenu à superviser lui-même les pourparlers avec son rival de Cincinnati. Preuve que le dossier est épineux pour la multinationale américaine. Et pour cause. Il y a deux ans, Kimberly-Clark héritait de cette usine à la faveur de la fusion avec Scott. Mais le groupe a tardé à intégrer son concurrent. " Plusieurs usines de Scott n'étaient pas rentables ", estiment plusieurs grossistes de papier américains.

L'usine tourne en sous-capacité

Dans le même temps, en Europe, la féroce compétition avec les marques de distributeurs a fait chuter les prix. Tandis que le marché de la ouate de cellulose n'a grimpé que de 2 % par an. Les profits de Kimberly-Clark Europe se sont alors effondrés de 49 %, à 84 millions de dollars l'année dernière. En France, il affiche un déficit d'exploitation depuis 1990, avec un pic en 1996 après le rachat de Peaudouce et le lancement des couches Huggies. Seule solution : saturer la capacité de production des sites pour réduire les coûts. Justement, en France, Kimberly-Clark possède deux usines de papier-toilette. Toutes les deux seraient en sous-activité chronique selon des sources internes. Ainsi, la production de l'usine historique du groupe à Villey-Saint-Etienne (Meurthe-et-Moselle) ne s'élèverait en 1996 qu'à 33 000 tonnes, soit la moitié de ses capacités. Même problème à Saint-Cyr-en-Val, qui n'atteint que 68 % de ses capacités. Mais Kimberly-Clark a été coincé. " Les clauses de la fusion étaient très précises, explique Jean-Marie Kerzak. Nous n'avions pas le droit de céder des actifs de Scott avant deux ans. " Cinq jours après la date fatidique, le 6 janvier dernier, le groupe a annoncé, à Londres, la fermeture de Saint-Cyr-en-Val. Il s'est aussitôt heurté à une forte résistance locale. " En partenariat avec les collectivités locales, nous nous sommes alors mobilisés pour trouver un repreneur plus soucieux de nos préoccupations ", explique Pierre Vaca, délégué syndical CFDT. Après quelques semaines d'affrontement, Kimberly-Clark n'a pas eu d'autre choix que d'accepter la proposition de Procter & Gamble.

Des salariés motivés

Grand absent des marchés européens de papier hygiénique et de l'essuie-tout, le géant américain s'arroge " une usine moderne clés en main avec du personnel qualifié et la possibilité d'accroître les capacités de production. En effet, sur 48 hectares de terrain, on peut installer quatre machines à papier au lieu d'une aujourd'hui ", souligne-t-on à Orléans. Or, sur ces marchés, la production locale est essentielle car les produits sont volumineux, donc très chers à transporter. P & G ne perd pas de temps. Avant même la signature définitive, il a déjà nommé les deux futurs dirigeants du site. " Les machines sont disponibles, les salariés sont extrêmement motivés. Et, comme P & G sait vendre, les concurrents n'ont plus que leurs yeux pour pleurer ", lance avec défi Pierre Vaca. Reste à savoir ce que Saint-Cyr-en-Val fabriquera. Le groupe va-t-il mondialiser ses marques américaines Bounty (essuie-tout) et Charmin (papier- toilette) en les lançant en Europe ?



Les stratégies des groupes en France

Procter & Gamble

Avec Saint-Cyr-en-Val, spécialisée dans le papier-toilette et l'essuie-tout, le spécialiste des biens de consommation pourrait débarquer en force sur ces marchés.

Kimberly-Clark

Le groupe se désengage de 18 usines, dont celle de Saint-Cyr-en-Val, en France, et va supprimer 5 000 emplois.

SCA

Le groupe suédois, principalement fabricant de marques de distributeurs, va arrêter ses usines de Pontchâteau et de Croisset. La production de couches-culottes sera concentrée à Linselles, tandis que le site de Theil devrait passer à une capacité de 100 000 tonnes.

Les italiens

Spécialistes des marques de distributeurs, les italiens débarquent en France : Sofidel s'implante à Frouard, en Meurthe-et-Moselle, et Cartiera Lucchese s'installe à Troyes.

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