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L'Usine de l'Energie

Panorama des grands dossiers énergétiques de 2012

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

Le 17 janvier prochain a lieu, à Paris, le 9e colloque Energie et développement sur le mix énegétique. Le député François-Michel Gonnot en est l'organisateur. En préambule de ce rendez-vous, il passe en revue avec L'Usine Nouvelle tous les sujets énergétiques qui feront l’année 2012.

Panorama des grands dossiers énergétiques de 2012 © b_barbet - Flickr - C.C

"Après l’accident de Fukushima et les décisions de sortie de l’atome de l’Allemagne et de la Suisse, la question du bouquet énergétique se pose avec force", assure François-Michel Gonnot, député (UMP) de l’Oise. Celui qui est également président de l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) passe en revue les grands dossiers énergétiques.

Gaz de schiste, une réouverture du débat ?
Il y a six mois la France interdisait la technologie de la fracturation hydraulique dans le cadre de l’exploration et de l’exploitation des gaz de schiste. Dans la foulée, le gouvernement abrogeait les permis détenus par Total autour de Montélimar.

Pour autant, environ 80 demandes d’explorations sont aujourd’hui en cours d’instruction. "Lors du débat passé, nous avons regardé avec attention les exploitations en Amérique du nord, mais il faut maintenant observer ce qui se fait chez nos voisins européens", lance François-Michel Gonnot.

En Pologne, le premier potentiel européen, quatre forages ont été réalisés. Deux se sont révélés prometteurs, les deux autres décevants. En Grande-Bretagne, la fracturation hydraulique, réalisée fin 2011, a entraîné des légères vibrations sismiques en surface. Les autorités britanniques n’ont, toutefois, pas stoppé leur programme de recherche.

La France semble aujourd’hui avoir une position isolée en étant le seul pays au monde à tourner le dos à cette ressource fossile. Pourtant, elle posséderait le plus grand potentiel en Europe de l’ouest.

François-Michel Gonnot modère : "La France a eu une vraie influence dans le monde. En se posant des questions de manière très dure, elle a poussé les Américains et les Québécois à rechercher des solutions alternatives à la fracturation hydraulique. La France a posé les bonnes questions, mais n’a pas apporté les bonnes réponses. L’interdiction d’une technique industrielle est un monstre législatif, c’est comme faire une loi contre le mauvais temps." Le député invite à sortir de ce cadre législatif au plus vite dès que des réponses auront été apportées sur l’économie, le social, l’environnement…

Quel avenir pour le nucléaire tricolore ?
L’Allemagne a entraîné une vaste remise en cause en Europe en décidant d’arrêter ses installations nucléaires. Est-ce que la France doit suivre l’exemple allemand et réduire la part du nucléaire de 80 à 50 % comme le propose le candidat socialiste à l’élection présidentielle ? "Le mix énergétique va évoluer… Rien qu’avec un objectif de 23 % d’énergie renouvelable en 2020, la part du nucléaire va mécaniquement baisser, constate François-Michel Gonnot. Mais surtout, il ne faut pas oublier que les politiques énergétiques sont de long terme. Ce sont des mastodontes à qui on ne fait pas faire demi-tour en un instant."

Pour le député, la question de l’emploi n’est pas si centrale que ça. Si on ferme des centrales, juge-il, il faudra quand même accroître la production d’électricité en France, pour compenser par exemple le manque allemand. Cela entraînera des créations d’emplois pour les énergies renouvelables mais aussi pour les installations thermiques.

Enfin, François-Michel Gonnot estime que pour avancer sur ces questions, il est impératif de connaît le coût réel du nucléaire. La Cour des comptes publiera à la fin du mois son rapport sur la question. François-Michel Gonnot, qui a été audité, a reçu une version provisoire du rapport dans le cadre de la procédure contradictoire. Il juge qu’il n’y aura pas de grande surprise sur le prix, quand bien même la Cour des comptes s’est heurtée à quelques zones d’incertitudes en matière de traitement et de stockage des déchets et pour le démantèlement à venir des installations nucléaires.

Concessions hydrauliques, enfin des appels d’offres ?
En 2010, le gouvernement a annoncé le lancement prochain d’un appel d’offres pour le renouvellement des concessions de plusieurs barrages hydroélectriques, aujourd’hui détenues par EDF et GDF Suez. Mais depuis, c’est le calme plat et les autorités ne donnent plus d’information.

Pourtant, régulièrement, des entrants potentiels se font connaître : E.on, Fortum, Alpiq, Statkraft… Récemment, c’est une importante alliance qui a vu le jour. Elle réunit le suédois Vattenfall, la SNCF, ArcelorMittal et Rhodia. Une union qui prouve les enjeux industriels d’un tel dossier car à l’heure du flou sur l’énergie atomique, l’hydraulique apparaît comme l’énergie la plus adaptée pour sécuriser à bas coût des approvisionnements à long terme.

Reste-t-il une place pour le photovoltaïque en France ?
Les nouvelles réglementations mises en place en France suite au moratoire de début 2011 et la conjoncture mondiale du secteur "plombent le moral des acteurs" lance François-Michel Gonnot. Pour autant, le député reste convaincu qu’il reste une place à trouver pour le solaire en France.

L’éolien offshore ira-t-il au-delà de la France ?
L’éolien offshore a, quant à lui, le vent en poupe. La remise des offres, ce mercredi 11 janvier, pour une première tranche de 3 000 MW, est le préalable au lancement d’une véritable filière industrielle tricolore. "Mais maintenant, il faudra surtout voir quelles portes le petit appel d’offres français va ouvrir aux industriels hexagonaux sur les marchés géants en Grande-Bretagne et en Allemagne, souligne François-Michel Gonnot. L’important est d’exister après la France !"
 

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2 commentaires

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15/01/2012 - 16h05 -

A noter également, une semaine après, les 13èmes Assises de l'Energie, les 24 25 & 26 Janvier à Dunkerque http://www.assises-energie.net/ Ainsi que le lancement d'un Pôle d'excellence Régional Energie 2020, le 24 Janvier http://www.energie2020.fr/ Cdlt
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14/01/2012 - 17h03 -

je me permets trois précisions : - la première, générale : la gestion de la production énergétique doit se diriger vers une appropriation locale par nos concitoyens pour être maîtrisable, efficiente et sociale - les deux suivantes concernant le gaz de schiste et sont plutôt des informations "complémentaires" = - l'Ohio suspend un projet de fracturation hydraulique après des séismes = dépêche AFP du 4 janvier 2012; donc il existe un risque non clairement défini peut-être actuellement, mais qu'il est inutile de minimiser - en Bulgarie, des milliers de manifestants contre le gaz de schiste = dépêche AFP du 14 janvier 2012
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