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L'Usine Maroc

Ouverture de la MedCop à Tanger sur les enjeux méditerranéens du changement climatique

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Publié le , mis à jour le 18/07/2016 À 11H51

La cité du détroit accueille pour deux jours des rencontres de responsables publics et de la société civile autour du climat et de l'environnement. Sur fond de réussites mais aussi de dysfonctionnements des politiques publiques en la matière. Et en préfiguration de la COP22 qui se tiendra au Maroc à Marrakech en novembre.

Ouverture de la MedCop à Tanger sur les enjeux méditerranéens du changement climatique

[MAJ : le ministre des affaires étrangères Salaheddine Mezouar n'est finalement pas présent à la Medcop. Il est à Kigali au sommet de l'UA pour préparer le retour surprise du Maroc au sein de l'organisation panafricaine].

C’est un peu comme une répétition générale avant la COP22 en novembre à Marrakech. Sous un soleil éclatant mais avec un vent à déraciner les palmiers et affoler les éoliennes des hauteurs de la cité du détroit, ce lundi 18 juillet s’ouvre pour deux jours à Tanger au Maroc, la MedCop Climat. Cet évènement rassemble plus de 2000 délégués : ministres, élus, experts, représentants de la société civile et d’ONG venus du Maroc et d'une vingtaine de pays bordés par la Méditerranée.

Centré sur l’hôtel Movenpick, sur le front de mer totalement renové de Tanger, il est organisé par le Conseil régional de Tanger-Tétouan-Al Houceima, dont le président est Ilyas El Omari (photo), une des principales figures de l’opposition au gouvernement marocain d’Abdelilah Benkirane. Mais la politique intérieure sera mise entre parenthèse pour l’occasion et la manifestation se déroule sous le "haut patronage" du roi Mohammed VI.

La MedCop Climat est le deuxième exercice du genre après la MedCOP 21 qui s’était tenue à Marseille début juin 2015. Elle se déroule cette fois en association avec l’Union pour la Méditerranée (UPM), dirigée par le marocain Fathallah Sijilmassi qui a signé un accord de partenariat avec la région de Tanger. Le président François Hollande un temps pressenti pour participer à l’ouverture de cette réunion internationale ne sera finalement pas présent.

Présence ministérielle  réduite 

Ségolène Royal, ministre française de l’Environnement et présidente de la COP21 figurait sur le programme de la matinée d’ouverture mais devrait être remplacée par Philippe Lacoste, ambassadeur des “relations internationales pour le climat”, chef de l'équipe COP au sein du cabinet de la ministre. Par contre Sahaleddine Mezouar, ministre marocain des Affaires étrangères et président du comité d’organisation de la COP22 devrait être à Tanger tout comme une demi-douzaine de membres du gouvernement du Maroc. Mais la représentation ministérielle des autres pays méditerranéens reste très réduite au regard des ambitieuses prévisions initiales des organisateurs.

A noter aussi en ouverture, la présence de Miriem Bensalah-Chaqroun, présidente de la CGEM, le patronat marocain. Parmi les autres invités annoncés, on relève le patron de Veolia Antoine Frérot ou celui de Suez, Jean-Louis Chaussade, dont une filiale, Lydec, gère l'eau et l'électricité de Casablanca

Comme à Marseille l’an dernier, l’objectif de cette MedCop Climat est de partager les expériences et tracer des perspectives de politiques publiques. Au programme des dizaines de forums de haut niveau, débats ou présentations sur les implications du changement climatique pour la région Méditerranée et des outils et politiques à mettre en œuvre en matière d’atténuations ou d’adaptation.

Valorisation des savoir-faire méditerranéens

Les sujet ne manquent pas : gestion de l’eau ou des déchets, lutte contre la dégradation des écosystèmes côtiers, durabilité des systèmes agricoles ou du tourisme ou encore valorisation des savoir-faire méditerranéens en matière d’habitat. Sans oublier la finance climat et le développement des énergies renouvelables dans un pays qui affiche de grandes ambitions en la matière. Pour rappel, le Maroc lors de la COP21 s’est fixé l’objectif d’atteindre, en 2030, 52% de sa capacité électrique en renouvelables via notamment de grands programmes comme le complexe solaire Noor à Ouarzazate ou un plan éolien intégré de 800 MW.

Le patron de la puissante agence marocaine des énergies renouvelables, Masen, et par ailleurs président de la région de Casablanca Mustapha Bakkoury interviendra à plusieurs reprises au cours de ces deux jours. 

Mais au Maroc comme dans de nombreux pays de la région, confrontés au manque de moyens, les dyfonctionnements ne manquent pas comme le faible niveau de l'assainissement urbain, les déficiences dans la gestion des déchets urbains ou industriels ou encore la vétusté du parc automobile et la médiocre qualité de l'air.

Polémique sur l'importation de déchets

La MedCop survient d'ailleurs en pleine polémique au Maroc sur l'importation de 2 500 tonnes déchets italiens normalisés destinés à être brulés en cimenterie qui a vu la ministre de l'Environnement Hakima El Haite être prise à partie par une partie de la presse et de l'opinion, en dépit, en l'espèce, du caractère légal de l'opération. Tanger avait été aussi le théâtre l'an dernier de la "révolte des bougies", des manifestations populaires de masse contre la hausse des prix de l'électricité et la gestion privée de la distribution, assurée par une filiale de Veolia.

En marge des conférences, un espace "Medina des solutions", construit en matériaux recyclés comme il se doit, sera là pour esquisser des pistes d'avenir. Elle accueillera les initiatives et interventions de nombreuses associations, start-ups ou même d'établissements d'enseignement comme l'Ecole des métiers de l'environnement de Rennes.

Enfin, cette MedCop a été précédée dimanche en début d'après midi par une marche citoyenne dans la ville de Tanger et par un Forum des Jeunes méditerranéens pour le climat.

Pierre-Olivier Rouaud, à Tanger

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