Livres blancs

Accédez gratuitement à des contenus spécialisés

Pour recevoir votre livre blanc, compléter notre formulaire

Outre-Rhin, le sur-mesure se vend en ligne

Dans l’industrie, c’est désormais l’acheteur qui configure et commande ses produits en ligne. Un gain de temps pour le fabricant et un meilleur service, voire une évolution du business model.

Lindustrie 4.0 ne modifie pas seulement la configuration de la production. Elle bouleverse également la chaîne de valeur entre les producteurs et leurs clients. L’enjeu pour les fabricants ne consiste plus seulement à maîtriser leur savoir-faire de production. Il s’agit aussi de repenser leur rôle et d’offrir aux consommateurs un meilleur service, plus individualisé. Preuve en est la guerre que se livrent, outre-Rhin, les fabricants autour des plates-formes online de commande, qui permettent aux clients de réaliser eux-mêmes leurs achats et de les suivre en temps réel.

Réduire les erreurs

À l’image du secteur de l’automobile de luxe, qui propose à ses acheteurs de configurer entièrement leur véhicule, de la motorisation à la carrosserie, l’industrie s’ouvre à ce type de services. « Le client prend ainsi en charge une partie du travail que nous effectuions auparavant, à savoir la configuration de son produit, indique Philipp Schüll, le responsable du déploiement Industrie 4.0 chez Trumpf, qui a développé la plate-forme Axoom. Via un portail online, il peut choisir toutes les caractéristiques de ses outils de poinçonnage, parmi des millions de possibilités et sa commande est automatiquement envoyée à la production. » Jusque-là, un des opérateurs de l’entreprise devait la saisir manuellement en passant par un logiciel de dessin assisté par ordinateur, puis la transformer en programme NC pour qu’elle soit utilisable par la machine. Le risque d’erreurs de saisie a donc été significativement diminué et le nombre de réclamations (mauvaise configuration, mauvais produit, mauvaise adresse…) tourne autour des 130 par an aujourd’hui, contre 450 autrefois. Simultanément, le délai de livraison est passé de quatre jours à quatre heures, pour un achat fait avant 14 heures. « Cela nous permet de ne plus nous battre sur le terrain du prix, où nous serions en difficulté face à des concurrents asiatiques, mais sur le terrain du service », résume Philipp Schüll.

Délester le service commercial

C’est également ce gain de temps qui a séduit GLA-WEL, spécialisé dans le travail du métal et de l’acier. Il a confié à sa filiale Octoflex, fabricant de solutions ERP, la réalisation d’un site de vente. « À l’origine, le client envoyait sa requête par mail ou par fax avec un dessin en PDF ou DXF. Il fallait qu’un employé l’introduise dans le système ERP, estime le prix de la pièce puis renvoie un devis avant un accord final. Tout cela pouvait prendre au minimum 45 minutes, pour une demande qui n’était pas sûre d’aboutir », souligne Stephan Glahs, le responsable d’Octoflex Software. Comme ce travail de chiffrage s’effectue désormais en ligne, c’est autant de temps économisé pour le service commercial. De plus, le nombre de prises de contact sans commande ferme a fortement diminué. « Il est aussi important de donner de la valeur ajoutée au consommateur, afin qu’il adhère plus facilement à ce nouveau système », poursuit Stephan Glahs qui fait valoir que la plate-forme est accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Satisfait de ce premier pas, GLA-WEL souhaite maintenant élargir les fonctionnalités de sa plate-forme pour des pièces plus complexes. Reste à faire preuve d’un peu de pédagogie pour ne pas laisser les clients seuls face à leur ordinateur. Les industriels mettent tous en place des tchats pour répondre aux questions en instantané et souvent des vidéos d’explication de l’utilisation des sites.

Favoriser toutes les tailles de lots

Manuel Pistner, le patron de Bright Solutions qui développe des sites web et des applications mobiles, voit ainsi de plus en plus d’entreprises le contacter pour déployer ces solutions en ligne. Tous les domaines d’activité sont concernés : automobile, chimie, services… L’une des dernières applications réalisées par son équipe concerne la plate-forme MyFoam.net, développée pour le fabricant d’emballages sur mesure Wetropa. « Au début, ils nous ont demandé de trouver une solution pour que leurs clients puissent dimensionner directement leurs objets à emballer, explique Manuel Pistner. Nous avons donc créé une application mobile permettant de scanner un objet simplement avec l’appareil photo d’un smartphone. » Mais Wetropa s’est vite rendu compte que d’autres entreprises de la branche avaient le même besoin. De fil en aiguille, MyFoam.net est devenu une plate-forme ouverte, qui réunit une dizaine de fabricants, de taille plus petite. « Wetropa est une grande entreprise, qui réalise de gros volumes, justifie Manuel Pistner. Mais ils ont aussi des demandes pour des petits lots, voire à l’unité, ce qui n’est pas rentable pour eux. Plutôt que de pousser leurs clients vers la concurrence, ils préfèrent les orienter, en passant par la plate-forme MyFoam.net, vers une entreprise du réseau, qui fera le travail pour un prix intéressant. » Pourtant, malgré ces potentialités, beaucoup d’entreprises se disent encore réticentes. En raison notamment de la nouveauté et du manque de retours d’expérience. Mais pas seulement. Certains craignent d’affronter directement le savoir-faire en e-commerce des pure-players de l’internet.

Prendre la main sur la « plate-formisation » du secteur

À l’inverse, certains, forts de leur expertise sur un secteur, ont décidé de prendre de vitesse ces nouveaux acteurs. C’est le cas de Klöckner, le géant de la distribution de produits métallurgiques (tôles, barres de fer…). Face au leader de l’e-commerce Amazon, qui propose déjà des produits et des matériaux de construction pour les artisans, l’allemand a lui aussi lancé un portail, Kloeckner.i. Une sorte d’« Amazon de l’industrie métallurgique », selon les mots de son PDG, Gisbert Rühl. « Jusqu’à présent, la chaîne d’approvisionnement de l’industrie sidérurgique est très inefficace, ce qui entraîne des coûts de stockage et de process trop élevés pour tous les intervenants », explique-t-il dans une vidéo, sur le site de l’entreprise. Dans un premier temps, le groupe a mis en place une plate-forme d’achat en ligne. La prochaine étape sera d’y intégrer d’autres acteurs du métal, y compris ses concurrents, et des fournisseurs de matériaux, pour offrir une offre plus diversifiée et attirer une clientèle encore plus vaste, comme les artisans et les particuliers. « Notre objectif, à l’horizon 2019, est que 50 % de nos transactions s’effectuent sur le net », poursuit le PDG, véritable précurseur dans le monde encore très conservateur de la sidérurgie.

Rapide et gratuit

M Mme Mlle

En cliquant ci-dessous, j’autorise L’Usine Nouvelle de la société IPD (RCS Nanterre 490 727 633, à me communiquer des informations commerciales. L’Usine Nouvelle ou toutes sociétés du groupe Infopro Digital pourront utiliser vos données afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles ou vous intégrer dans des annuaires professionnels. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Politique de confidentialité Infopro Digital.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte