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L'Usine Energie

"Oui à la transition énergétique, mais attention aux PME quand on change les règles"

Manuel Moragues , , ,

Publié le

Loïc Heuzé, directeur des Relations extérieures de Delta Dore, a participé à la table ronde Transition énergétique de la Conférence environnementale. Mandaté par la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEEC) pour représenter la CGPME, il a mis en avant les moyens d’améliorer l’efficacité énergétique du bâtiment.

Oui à la transition énergétique, mais attention aux PME quand on change les règles © JMB Energie

Sommaire du dossier

L'Usine Nouvelle - Que retenez-vous de la table ronde sur la transition énergétique ?
Loïc Heuzé - J’ai apprécié la bonne tenue des débats. L’ambiance était bonne, voire très bonne, avec des ministres, Arnaud Montebourg pour le redressement productif,  et Delphine Batho pour l'écologie, attentifs et à l’écoute. On craignait que les gaz de schiste ou le nucléaire ne polluent les échanges, mais le président de la République a déminé les débats en clarifiant la position du gouvernement sur ces sujets dès l’ouverture de la Conférence.

Seul point un peu polémique, que le Medef a soulevé et auquel la CGPME s’associe : l’absence surprenante des industriels de l’énergie pour discuter de la transition énergétique. Enfin, je ne peux  pas m’empêcher d’éprouver une certaine frustration : cette conférence, c’était beaucoup de travail pour quatre fois cinq minutes de parole !

Quel était le message que vous avez délivré au nom des PME ?
Les PME sont au cœur du quotidien de la transition énergétique. Mais elles ont besoin de cadres juridiques et réglementaires pérennes. Les modifications des règles, comme la baisse des tarifs de rachat de l’électricité photovoltaïque, conduisent directement à des licenciements. Les PME ne peuvent pas se permettre de recycler leurs employés comme les grands groupes.

Oui à la transition énergétique, oui à la conférence gouvernementale, mais attention aux dégâts collatéraux sur les PME quand on change les règles. Les PME ont besoin de visibilité. Elles ont aussi besoin d’un Crédit impôt recherche adapté à leur taille et préfèrent les politiques incitatives aux obligations réglementaires.

L’efficacité énergétique est un sujet cher à la FIEEC. A-t-elle eu la place qu’elle méritait dans les débats ?
L’efficacité énergétique, c’était deux heures samedi matin… Difficile d’être satisfait ! Mais les débats dans leur ensemble n’ont duré que deux demi-journées. Et deux heures, c’est aussi le temps consacré aux énergies renouvelables. L’essentiel est que l’efficacité énergétique ait été reconnue comme prioritaire avec le développement des énergies renouvelables. Comme l’a résumé Delphine Batho, il s’agit de moins consommer, et de "verdir" ce que l’on consomme.

A la FIEEC, on défend les solutions d’efficacité énergétique "actives", qui reposent sur le pilotage des consommations. Mais pour la plupart des personnes, à la table ronde comme dans le grand public, j’ai l’impression qu’efficacité énergétique rime encore avec isolation et changement de fenêtres. A nous de faire valoir le grand avantage de nos solutions : leur temps de retour sur investissement plus court.

Que pensez-vous de la volonté du gouvernement d’améliorer la performance énergétique de 1 million de logements par an ?
C’est une louable ambition… qu’il faut réaliser ! La volonté est là, les outils sont là. Ce qui bloque, c’est le financement. Notamment parce que les foyers qui ont le plus besoin de moderniser leur logement sont souvent en situation de précarité. Les petits commerces n’ont, eux aussi, pas forcément les moyens de rénover leurs locaux. Il faut qu’on investisse à la place du client.

D’où notre proposition, avec le Medef, de développer un système de tiers-investisseurs.C’est-à-dire quelqu’un, banque ou énergéticien par exemple, qui finance les travaux d’amélioration de la performance énergétique du bâtiment et qui se rémunère sur les économies d’énergie réalisées. A cet égard, le Contrat de performance énergétique est un outil qu’il faut développer et alléger pour qu’il puisse concerner toutes sortes de bâtiments. Les artisans et entrepreneurs du bâtiment doivent aussi monter en gamme : on a besoin d’une filière qui puisse s’engager sur des économies d’énergie effectives.

Propos recueillis par Manuel Moragues

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